Culture

Fatiha Zemmouri: Pour l’amour de la matière

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5120 Le 05/10/2017 | Partager
Céramique, charbon de bois et encre s’invitent dans ses œuvres
«Chant d’état transitoire» s’expose à la Galerie 38 jusqu’au 28 octobre
fatiha-zemmouri-exposition-020.jpg

A travers sa dernière exposition «Chant d’état transitoire», Fatiha Zemmouri intègre l’encre dans ses créations en plus de la céramique et du charbon (Ph. Galerie 38)

Dans le cadre de sa dernière exposition «Chant d’état transitoire», Fatiha Zemmouri fascine à nouveau avec ses œuvres, qu’elles soient en céramique, en charbon de bois ou en polystyrène. En plus de ses matières de prédilections qui font la signature de l’artiste plasticienne, pour la première fois, celle-ci propose de nouvelles créations en explorant l’encre, qu’elle utilise comme un matériau.

«J’aime cette liberté qui me permet d’explorer plusieurs médiums et matériaux. Dans le cas des œuvres bleues, j’ai envisagé l’encre comme une matière. C’est la couleur qui fait la forme», précise Fatiha Zemmouri. Et c’est à Tahanaout qu’elle a produit ces «œuvres bleues», inspirée par un ciel qu’elle qualifie de sublime.
A travers ce dernier solo show, elle a tenu à avoir une fusion entre les 4 éléments. C’est ainsi qu’elle a introduit l’élément eau, intégrant déjà dans son travail les éléments terre et feu, l’air étant présent. Des capsules vidéo qu’elle présente également pour la première fois viennent mettre en lumière ce nouvel aspect.

A chaque regard, les créations de Fatiha Zemmouri, prennent vie. Et c’est le cas notamment des œuvres en céramique où l’on retrouve ce rapport «force/fragilité». Chaque petite partie constituant l’œuvre étant minutieusement découpée et agencée pour être placée sur celle-ci, donnant ainsi un aspect de mouvement à ce travail, «comme si il continue à évoluer». «J’ai axé ce travail sur la forme dans le sens où j’ai voulu travailler des formes ouvertes et en expansion».

Cette notion de mouvement se trouve aussi dans les œuvres en charbon, dans lesquelles l’artiste voulait présenter des formes encore dans une continuité et une possibilité d’évolution. L’artiste travaille par ailleurs avec une économie de moyens. Par exemple dans le cas des œuvres en charbon, elle utilise en fond de la poudre de cette même matière.
C’est avec la céramique, matière qu’elle considère comme malléable, que l’ancienne lauréate des Beaux-Arts de Casablanca a démarré son parcours artistique. «Pour figer la céramique, cette matière doit passer par un four et donc par le feu. Le médium feu est ensuite devenu mon médium, à l’instar du pinceau pour un peintre. Sont arrivés par la suite le polystyrène et le charbon de bois également transformé par le feu», rappelle l’artiste.

Née en 1966 à Casablanca, Fatiha Zemmouri travaille aujourd’hui entre la capitale économique et Marrakech. Après avoir exposé pour la première fois à Rabat à la galerie Bab El Kébir en 1999, ses œuvres sillonneront les galeries et musées au Maroc comme à l’étranger. Ses travaux ont été vus notamment à Saint-Etienne, Toulouse, Dakar, Dubaï ou encore Paris.
L’exposition qui vaut le détour est à découvrir à la Galerie 38 jusqu’au 28 octobre.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc