Economie

Pouvoir d'achat: «Pas nécessairement par les salaires!»

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5104 Le 12/09/2017 | Partager
Une réunion du dialogue social pour bientôt
Aucun texte déposé au Parlement ne sera retiré
Le projet de loi de finances sera soumis à l'appréciation des syndicats
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Mohamed Yatim, ministre de l'Emploi et de l'Insertion professionnelle: «Le projet de loi sur la grève relève aujourd'hui de la responsabilité du Parlement. Il n'interdit pas la grève mais l'organise» (Ph. L'Economiste)

Négociation, conventions collectives… le gouvernement veut rétablir des relations équilibrées avec les syndicats gagnés par l'impatience. Surtout qu'il a choisi la formule des réunions sectorielles avant d'organiser le dialogue social au niveau central. Les attentes sont importantes en particulier par rapport à l'amélioration du pouvoir d'achat. Mohamed Yatim, ministre de l'Emploi et de l'Insertion professionnelle, ne s'engage pas sur ce dossier mais avance que l'amélioration des revenus ne passe pas nécessairement par la hausse des salaires ou la refonte de la grille IR.

- L'Economiste: Les syndicats s'impatientent. Aucune réunion du dialogue social n'a été organisée et les rencontres sectorielles sont boudées. Que propose le gouvernement?
- Mohamed Yatim:
Le gouvernement veut donner un nouveau souffle au dialogue social. Cet engagement est inscrit dans notre programme. Nous voulons promouvoir la négociation et encourager les conventions collectives. Nous tenons à la mise en place d'une charte sociale.
La réussite de ce chantier ne dépend pas uniquement du gouvernement. La CGEM, les syndicats et associations professionnelles sont des partenaires indispensables. Le gouvernement aspire à une relation participative, à un dialogue continu, organisé, productif et qui instaure des relations de travail stables.
Le chef du gouvernement a expliqué cette vision aux syndicats. Il a adressé une circulaire aux différentes administrations pour l'organisation de réunions sectorielles, une étape importante du dialogue organisé au niveau central. Certains dossiers sectoriels n'ont pas à attendre.
Le chef du gouvernement a  insisté sur la nécessité d'accélérer le rythme des rencontres sectorielles. Il va bientôt se réunir avec tous les partenaires sociaux. La méthodologie du travail, l'ordre du jour, les mécanismes… vont y être discutés. L'idée est de capitaliser sur les expériences antérieures. Des consultations avec les organisations syndicales sur le projet de loi de finances 2018 seront menées une fois le texte validé par les Conseils du gouvernement et des ministres. Les syndicats seront également associés à d'autres dossiers.
- Les syndicats insistent sur des mesures qui auraient un impact sur le pouvoir d'achat: hausse du Smig et des salaires, refonte de la grille IR,...
- Ces dossiers seront inscrits à l'ordre du jour du dialogue social. L'amélioration des revenus peut aussi s'effectuer selon d'autres approches et non seulement via la hausse des salaires. Les revendications des syndicats sont classiques. C'est le jeu des négociations. Les discussions se poursuivent sur les points objets de discorde.  Sans le contexte et les considérations qui y sont liés, certaines revendications auraient été acquises par les travailleurs lors de la dernière législature.  

- Plusieurs projets de loi sont toujours en instance: la loi sur les syndicats, la loi sur la grève, la réforme du code du travail.
- Ces dossiers sont sur la table des négociations depuis le gouvernement Abbas El Fassi. L'adoption des lois organiques devait s'effectuer durant la précédente législature comme cela est prévu par la Constitution. Le projet de loi sur la grève est aujourd'hui au Parlement et le gouvernement s'est engagé à ne revenir sur aucun texte déposé dans les deux Chambres du Parlement. Ce projet de texte relève aujourd'hui de la responsabilité du Parlement. Il n'interdit pas la grève mais l'organise.  Les violations des droits et libertés syndicaux doivent être également criminalisées. Cela peut faire l'objet d'un consensus au Parlement. Rien ne l'interdit et il n'existe pas de textes sacrés qui ne peuvent être amendés ou qui soient revus selon une seule vision. Cela s'applique au code du travail, sur lequel il y a un quasi-consensus sur la nécessité d'en revoir certaines mesures. Pareil pour la loi sur les syndicats puisque les dispositions qui existent sont obsolètes.

Une couverture sociale pour les travailleurs domestiques

«Nous voulons généraliser la couverture sociale et médicale. Le travail domestique s'effectuera sous contrat et ce document  sera déposé auprès de l'administration de l'Emploi», souligne Mohamed Yatim, ministre de l'Emploi et de l'Insertion professionnelle. Ces travailleurs ont le statut de salariés dont le minimum de rémunération est fixé par la loi. Ils ont le droit de porter plainte si l'employeur ne respecte pas les dispositions de la loi. La relation avec leurs employeurs est soumise au contrôle de l'inspecteur du travail. «Dans la pratique, nous risquons d'être confronté à des difficultés. Nous allons travailler avec le ministère de la Justice et celui de la Solidarité sur les mécanismes qui permettront d'éviter l'emploi des moins de 15 ans et des mineurs dans les travaux interdits», soutient Yatim. L'une des questions qui sera également examinée est la déclaration à la CNSS et le paiement des cotisations de cette catégorie. Le tout en tenant compte de la nature particulière des contrats et du travail domestique.

Propos recueillis par
Khadija MASMOUDI

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