Analyse

Tourisme: Attention, la concurrence nous rattrape

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5089 Le 18/08/2017 | Partager
La Turquie et la Tunisie reprennent des couleurs après des mois de crise
L’Espagne refuse même des touristes
Le marché arabe connaît une sérieuse chute à Casablanca, Agadir et Marrakech
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Les deux pôles Marrakech et Agadir génèrent à eux seuls 60% des nuitées totales et restent les locomotives du tourisme.  Les conclusions de  l’étude du cabinet international Boston Consulting Group recommandent de se focaliser sur les deux villes où plus de 500.000 familles vivent du tourisme

Bien qu’elles aient connu des situations de crise, les destinations touristiques comme la Turquie ou la Tunisie sont en train de reprendre des couleurs. La péninsule Ibérique, elle, n’en finit plus d’attirer les voyageurs étrangers avec une nouvelle augmentation de 6,2% du nombre de touristes en 2017 et va dépasser les 75 millions de touristes. A telle enseigne que Barcelone souhaite réguler la fréquentation touristique.

Face donc à ces destinations touristiques concurrentes, le Maroc ne peut se pavoiser de ses quelques arrivées en plus. D’autant plus que les hausses enregistrées depuis le début de l’année compensent à peine les pertes subies depuis 2010, ne cessent de rappeler les professionnels.  Les principaux marchés émetteurs ont enregistré des résultats positifs en globalité.

En effet, les Etats-Unis ont connu une hausse importante de +20%, suivis par la France, l’Espagne, l’Italie et la Hollande avec des augmentations de +3% chacun. Tandis que le Royaume-Uni commence à connaître un tassement.  C’était pourtant un des marchés les plus prometteurs pour une ville comme Marrakech. Parallèlement, et selon les données communiquées par les professionnels de l’hébergement touristique, le volume des nuitées dans les établissements classés a connu une hausse significative, par rapport à celui de 2016. Par ville, c’est  Fès qui a connu la plus forte augmentation en termes de nuitées avec une évolution de 38%  à fin juin 2017.

Les nouvelles dessertes aériennes expliquent en partie cette embellie. Fès est suivie de Tanger qui a enregistré plus de 500.000 nuitées durant les 6 premiers mois et devrait en principe battre ses records d’affluence pour cette saison estivale. Enfin, Marrakech se place en 3e position avec une hausse de 19% portant ainsi le nombre de ses nuitées à 3,5 millions suivie d’Agadir avec 2,3 millions de nuitées. Les deux derniers pôles touristiques génèrent à eux seuls 60% des nuitées totales.

Par marché, les destinations marocaines ont reçu moins de touristes arabes que d’habitude, les pays arabes connaissent une chute drastique avec -10% des arrivées à Marrakech et -14% à Agadir et -13% à Casablanca. A Marrakech, le marché de Grande-Bretagne enregistre aussi une légère baisse depuis le début de l’année. Pour les professionnels,  «Il faudra réagir dès maintenant pour ne pas perdre nos parts sur le marché britannique».

Pour ne plus dépendre de certains marchés émetteurs, l’ONMT s’est attaqué à la diversification des cibles. L’Office a choisi de focaliser ses efforts sur le marché chinois qui depuis la facilitation des procédures de délivrance de visas aux visiteurs chinois (touristes ou hommes d’affaires) reprend du poil de la bête. Ses efforts ainsi que ceux des opérateurs marocains spécialisés commencent à porter ses fruits. Le Maroc devrait terminer l’année avec 100.000 touristes chinois. Lors des 2 premiers mois de 2017, leurs arrivées ont enregistré un bond de 22% par rapport à l’année dernière. Il s’agit là de l’un des plus grands marchés émetteurs de touristes dans le monde.

Les Chinois sont connus pour leurs grandes dépenses à l’étranger, avec près de 1.400 dollars par personne hors frais d’hébergement. Paris reste l’une des destinations préférées de cette catégorie de touristes.  Le renforcement de l’offre aérienne est une priorité. Des pourparlers pour créer une ligne charter sont en cours. En attendant et faute de liaison aérienne directe entre le Maroc et la Chine, les connexions pour les touristes chinois se font notamment à partir de Paris.

Piètre première impression...

SI arrivés en ville et dans leur hôtel, les touristes se disent satisfaits, la première image du Maroc n’est pas souvent idyllique. En effet, les longues files d’attente au contrôle douanier de l’aéroport et les prix exorbitants pratiqués par les chauffeurs de taxi, malgré l’affichage des tarifs, ne servent nullement à l’envol tant attendu de la fréquentation touristique. Car la première expérience reste souvent gravée et entache tous les efforts faits par les professionnels du secteur.
Conscients que des mesures de sécurité toutes particulières s’imposent en ce moment, les visiteurs sont pourtant nombreux à déplorer le manque de personnel tant au tamponnage de leur passeport, qu’à la fouille de leurs bagages.
Une fois sortis de l’aérogare, ils se sentent otages de notre sport national: la négociation du prix de la course, leur laissant un goût plutôt amer.

 

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