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Casablanca: Ce que prévoit le nouvel arrêté de l’hygiène

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5085 Le 11/08/2017 | Partager
Un document d’une centaine de pages sera adopté en octobre prochain
L’ancien arrêté remonte à… 1930
Des sanctions allant de 100 DH à la fermeture
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Les opérations de contrôle inopinées du service d’hygiène permettent la saisie de milliers de tonnes de denrées impropres à la consommation chaque année. Mais les effectifs de contrôleurs ne sont pas suffisants pour couvrir l’ensemble du territoire de Casablanca (Ph. L’Economiste)

Du nouveau pour l’hygiène et la salubrité à Casablanca. Un sujet préoccupant pour les habitants de la ville, qui font face chaque jour aux problèmes liés à la propreté, l’hygiène, ramassage d’ordures… Un projet d’arrêté, actuellement en cours d’élaboration et dont L’Economiste détient copie, devait être adopté lors de la session extraordinaire du 27 juillet dernier, mais il a été déprogrammé à la dernière minute à la demande des élus, afin «d’approfondir certains points». Son adoption sera finalement reportée à la session d’octobre prochain, selon un élu.

L’arrêté de plus de 100 pages et 295 articles réglemente l’hygiène dans plusieurs secteurs, allant de la restauration à l’hôtellerie, en passant par les cafés, boulangeries, boucheries, épiceries, hôtels, hammams, salon de coiffure et d’esthétique, taxis, bus… Elaboré avec le concours de l’ONSSA, le document se veut plus exhaustif que l’ancien arrêté municipal permanent, d’une vingtaine de pages, qui remonte au protectorat. «Les chapitres anciens, datant de 1930, sont loin de couvrir la variété et la complexité des activités de nos jours. Il fallait donc actualiser ce texte», explique une source auprès du Bureau d’hygiène.

En effet, l’ancien arrêté, qui ne contenait qu'une centaine d’articles, était largement consacré aux mesures relatives à la lutte contre les maladies contagieuses (typhus, peste, variole, typhoïde…), la propreté des lieux publics, l’enlèvement des ordures ménagères, le colportage de lait, l’hygiène des établissements publics (hôtels, cafés, restaurants, bars…)… On y apprend à titre d’exemple qu’il est interdit de cracher et d’uriner sur «les voies publiques ou privées, les cours, les jardins…». Une mesure qui devrait  être réactivée par le nouvel arrêté, vu l’état des rues de Casablanca.

Il va sans dire que le nouvel arrêté va plus loin dans le détail avec des spécifications relatives à l’hygiène pour chaque corps de métier, en s’inspirant largement des normes HACCP. On y apprend à titre d’exemple qu’un snack de chawarma doit être obligatoirement climatisé (sa température ne doit pas dépasser 9 degrés). L’origine des viandes et des épices utilisées doit être autorisée. De même, les viandes marinées dans le réfrigérateur ne doivent en aucun cas dépasser 4 degrés. Même le diamètre et le poids de la chawarma est réglementé. «Son diamètre ne doit pas dépasser les 40 cm et son poids 60 kg», est-il stipulé. La température de cuisson, elle, ne doit pas dépasser les 75 degrés.

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Les employés de la restauration sont eux aussi tenus d’observer une hygiène corporelle irréprochable: lavage des mains, port uniforme, interdiction de cracher ou de tousser sur les lieux de travail, pas de bijoux, ni de montres, ongles bien coupés… De même les établissements de plus de 6 employés doivent prévoir un responsable d’hygiène. Ce dernier, formé régulièrement  par le service compétent, s’assurera du respect des règles auprès de ses collègues. Il faudra également tenir un registre consacré au contrôle de l’hygiène. De même, l’arrêté instaure pour la première fois l’obligation de faire un bilan médical tous les 6 mois pour les employés de la restauration.

Pour distinguer les établissements qui observent ces règles à la lettre, un label «koul Hani Fe Casa» (manger sain à Casablanca) sera lancé. D’autres mesures sont instaurées pour la vente et le transport des viandes rouges, volailles et poisson. Une boucherie est tenue d’avoir une devanture et des portes en verre et aluminium, qui n’absorbe pas d’eau et facile d’entretien et de nettoyage. Le revêtement des murs doit être obligatoirement en carrelages (à hauteur de 2 mètres). La température du réfrigérateur, qui doit être nettoyé quotidiennement, doit être située entre 3 et 8 degrés. Les crochets, en inox, doivent être propres et assez éloignés du mur et du sol (20 cm au moins).

Le transport des viandes est également régi par une série de mesures. Sans compter les laiteries et les épiceries. Plusieurs articles sont consacrés aux conditions de stockage, l’hygiène des employés, les spécifications à respecter pour le local et le réfrigérateur… Mais est-ce suffisant pour pousser les professionnels à observer les règles les plus élémentaires d’hygiène? C’est connu,  plusieurs propriétaires de laiteries et d’épiceries coupent le courant la nuit afin d’économiser sur la facture d’électricité. Les conséquences sont bien évidemment désastreuses.

En tout cas, les sanctions sont loin d’être dissuasives. Les infractions aux règles de l’hygiène seront passibles d’une amende de 100 DH, en vertu du nouvel arrêté. Un montant dérisoire qui n’incitera pas les professionnels à respecter la loi. «Au contraire, dans un établissement qui emploie à titre d’exemple 10 personnes et cumule plusieurs infractions, les amendes peuvent vite chiffrer et atteindre des milliers de DH, signale une source auprès du Bureau d’hygiène. 

Sur papier, ces mesures semblent bien séduisantes, mais dans la pratique le contrôle est beaucoup plus difficile. Les équipes actuelles du Bureau d’hygiène (une centaine de contrôleurs sur le territoire de Casablanca) sont loin d’être suffisantes. La police administrative, qui doit leur prêter main forte, n’est pas encore opérationnelle.

Smart contrôle

C’est la SDL Casa-Prestation qui se charge du recrutement, de la formation et de la mise en service des agents. A terme, le but est de quadrupler les effectifs de contrôleurs actuels, en les équipant de matériels high-tech qui permet d’effectuer des contrôles en temps réel (smart contrôle). Les contrôleurs sont reliés directement au système, ce qui devrait en principe limiter les connivences et les risques de corruption. Pour rappel, la Commune Urbaine de Casablanca (CUC) avait annoncé en juin dernier le déploiement des agents de la police administrative sur 5 arrondissements (Anfa, Sidi Belyout, Maârif, Bernoussi et My Rchid). Mais à ce jour, ce projet pilote n’a pas encore vu le jour faute de budget. A ce rythme-là, la police administrative ne sera opérationnelle qu’à l’horizon 2020!

 

 

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