Société

Max Gallo: Un mécano à l’académie française

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5070 Le 21/07/2017 | Partager
L’historien et académicien est décédé à l’âge de 85 ans
Romans, biographies, essais, Gallo laisse derrière lui une centaine d’ouvrages
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Issu d’une famille d’immigrés italiens, Max Gallo fera de la «grandeur» de la France son cheval de bataille au point d’accuser la gauche de vouloir affaiblir le pays (Ph. AFP)

Il disait écrire pour que «les morts revivent un jour» L’historien et académicien Max Gallo, auteur à succès de plus d’une centaine de romans, et d’ouvrages historiques, est mort mardi à 85 ans. L’histoire de celui qui pouvait tout brasser sans se perdre, de l’écriture de romans et de biographies historiques, au commentaire de l’actualité comme journaliste et éditorialiste, et l’exercice de la politique, se confond avec celle de la république française. 
Né en 1932 dans une famille d’immigrés italiens, il est d’abord mécanicien ajusteur avant de poursuivre ses études avec un bac scientifique en poche. Il enseigne au lycée de Nice puis à Sciences Po Paris avant de décrocher l’agrégation en Histoire contemporaine. C’est donc l’Histoire qui le passionne.

Une passion qui le pousse à écrire de nombreuses biographies sur les grandes figures historiques: Robespierre, Garibaldi, Jules César, Jean Jaurès, Victor Hugo, Louis XIV... A Napoléon Bonaparte, il consacre une saga en quatre tomes qui se vend à près d’un million d’exemplaires (1997). Il fait de même avec le Général de Gaulle, son héros, celui, dit-il, qui l’a «le plus ému» et dont il se sent «le plus proche», jusqu’à la taille, 1,93 m. Son engagement le pousse également à écrire sur l’Italie de Mussolini, l’Espagne franquiste et la complexité du système Nazi. Sa restitution neutre, précise et surtout extrêmement documentée de la nuit meurtrière du 29 au 30 juin 1934 en Allemagne, le place parmi les spécialistes de l’Histoire contemporaine les plus pertinents. Interrogeant archives et témoins, retournant sur les lieux de l’action, restituant fidèlement ce que devait être cette atmosphère d’angoisse et de terreur, Max Gallo est arrivé à  faire revivre cette «Nuit des longs couteaux» (paru en 2013) qui vit triompher les SS et s’établir définitivement la dictature nazie qui allait bouleverser le monde.

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Mais c’est avec «La baie des Anges», en 1976, premier volet d’une série romanesque située à Nice sa ville natale, qui conte le destin d’une famille d’immigrés italiens, qui se confond avec la sienne, qu’il touche le grand public.  Sa connaissance profonde du passé politique de la France le pousse sans doute à se jeter dans l’arène, mais avec des prises de positions assez fluctuantes. Cet intellectuel brillant fut en effet plusieurs fois au cœur de polémiques, notamment pour ses écrits sur l’identité française ou pour son parcours politique transhumant: Fervent communiste jusqu’en 1956, il s’engagera plus tard auprès du socialiste François Mitterrand et occupera le poste de porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy (1981/1984) et devient député socialiste; déçu par Mitterrand, il devient grand  pourfendeur de la «repentance» et de «l’affaiblissement de la France», dont la gauche était responsable à son sens. Il prend ses distances avec la politique mais y revient en 2002 pour créer avec Jean-Pierre Chevènement «Le mouvement des citoyens», et soutient, 5 ans plus tard, la candidature de Nicolas Sarkozy. Immortalisé depuis son entrée à l’académie française en 2007, Max Gallo, souffrait de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années. Il avait annoncé lui-même être malade en mai 2015, au moment de la parution de son dernier roman «Dieu le veut»: «Nous avons toujours la liberté d’en finir avec nous-mêmes», déclarait-il alors. Au printemps dernier, sa femme Marielle Gallet avait publié un livre «Bella Ciao», dans lequel elle racontait leur combat quotidien.  
Ses obsèques auront lieu aujourd’hui à Paris, alors que  les drapeaux de sa ville de cœur, Nice, sont en berne depuis hier (jeudi). Le maire de Nice, Christian Estrosi, a également annoncé que la ville honorera sa mémoire en donnant son nom à une avenue.
 

 

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