Entreprises

Marché cimentier: La tendance baissière s’accentue

Par Nadia DREF | Edition N°:5058 Le 05/07/2017 | Partager
Repli de 6% sur les 5 premiers mois et de 7,56% en mai
L’indice de la production a reculé de 4,8% à fin mars dernier
Les ventes tirées vers le bas par le recul des mises en chantier
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La consommation au Maroc s’élève à 424 kg/hab/an, derrière la Tunisie (718 kg/hab), l’Algérie (618 kg/hab) et l’Egypte (594 kg/hab)

Sale temps pour l’industrie cimentière. Après plusieurs mois d’attentisme et de manque de visibilité, la situation devient alarmante. «La tendance baissière revient en force. Cette année, le retard cumulé sera difficile à rattraper», fait valoir Mohamed Chaibi, président de l’Association professionnelle des cimentiers (APC). «Nous nous attendons à un gros recul en 2017», prévient Chaibi.

La consommation cumulée, à fin mai dernier, enregistre un repli de 6% avec un volume atteignant à peine 6,05 millions de tonnes contre 6,42 millions un an auparavant. Les ventes enregistrées durant le mois de mai dernier se sont repliées de 7,56% se situant à 1,24 million de tonnes contre 1,34 million pendant le cinquième mois de l’année écoulée, selon les derniers chiffres de l’APC. Inévitablement, la cadence de fabrication de ce matériau de construction, qui est très utilisé dans le BTP, a également impacté les ventes. Selon le HCP, l’indice de la production du ciment a fléchi de 4,8%, au cours du premier trimestre 2017.

Le secteur est directement impacté par la baisse des mises en chantier et la crise que connaît le secteur de l’immobilier suite aux méventes dans le segment social et l’inadéquation offre/demande tous segments confondus (cf. L’Economiste du 4 juillet 2017). Cette baisse est attribuée essentiellement  à un retrait de 15% des autorisations de construire et à l’absence de relance significative de programmes de logements sociaux et surtout du moyen standing, précise-t-on auprès des opérateurs.

Le ralentissement des chantiers d’infrastructures suite au retard pris lors de la formation du nouveau gouvernement et de l’adoption de la loi de finances 2017 y est pour beaucoup. En revanche, la contribution de l’export reste faible pour le moment. L’orientation de la production vers les marchés extérieurs constitue une réelle perspective pour développer le marché.

En cette période creuse, ce retard est difficile à rattraper car le secteur reste caractérisé par une saisonnalité de l’activité. Cette dernière est favorisée essentiellement par l’effet ralentissement/reprise des chantiers de construction lors des périodes de fêtes religieuses et nationales (Ramadan, Aid El Kébir…) et des périodes de forte pluviométrie suivies de périodes de forte chaleur impactant les chantiers.

Sur le volet commercialisation, le négoce représente le canal le plus important et concentre 72% des ventes de ciment alors que les volumes de béton prêt à l’emploi (incorporant du ciment) ne représentent que 12% des ventes nationales. Le CPJ 45 reste le produit le plus utilisé polarisant 60% des ventes. Il est principalement destiné à la production de bétons armés et de bétons destinés aux travaux en grandes masses.

Sept régions absorbent en moyenne 70% des ventes. Vient en tête le Grand Casablanca, le marché le plus important qui est en déclin depuis 2012. Il est suivi de Tanger-Tétouan, Marrakech-Tensift-El Haouz, Souss-Massa-Drâa, l’Oriental, Doukkala-Abda et  Rabat-Salé-Zemmour-Zaër.

Le dispositif industriel du secteur affiche une forte condensation concurrentielle au niveau du centre du pays où l’ensemble des opérateurs sont présents. Cette situation s’explique par la prépondérance de la demande nationale en ciment au niveau de cette zone. Elle va s’accentuer davantage avec l’entrée en service, en 2018, de la cimenterie d’Anouar Invest prévue à Settat, d’une capacité additionnelle de 2,2 millions de tonnes.

A ce jour, le secteur est concentré autour de 5 groupes exploitant 12 cimenteries et 4 broyeurs pour une capacité de production estimée à 20,2 millions de tonnes. Les producteurs sont LafargeHolcim Maroc, Ciments du Maroc, Ciments de l’Atlas et Asment Temara. Le cinquième n’est autre que le nouvel entrant Atlantic Ciment, filiale d’Anouar Invest.

Dans l’expectative

Les cimentiers sont dans l’expectative et attendent des jours meilleurs. Ils misent sur les mégaprojets d’infrastructures dont les chantiers sont déjà lancés ou programmés d’ici 2030. Il y a lieu de signaler la construction de plateformes industrielles intégrées dont le budget d’investissement est estimé à 35 milliards de DH sur la période 2015-2020 ainsi que l’édification de 60 nouveaux barrages et 1.000 petits ouvrages à l’horizon 2030, de 5 nouveaux ports et de 5 extensions portuaires d’ici 2030.
Ces projets d’infrastructures englobent également la mise en place de centrales solaires de 1.500 km de lignes ferroviaires à l’horizon 2030 dans le cadre du projet LGV ainsi que d’autres investissements en infrastructures routières. Pour les opérateurs, le secteur du bâtiment devrait progressivement sortir des difficultés qu’il a connues ces dernières années et améliorer les différents dispositifs pour réduire le déficit en logement. Le déploiement de la régionalisation avancée implique de multiples chantiers structurants à l’échelle territoriale.

 

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