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Al Omrane: Le casse-tête du foncier

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5057 Le 04/07/2017 | Partager
Une nouvelle assiette est nécessaire pour la réalisation des programmes du groupe
La dernière mobilisation du foncier public remonte à 2009
Les logements à 140.000 DH suscitent peu d’engouement
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Badre Kanouni, président du directoire du groupe Al Omrane, a insisté sur l’importance de la mobilisation du foncier, dont l’emplacement reste décisif pour l’attractivité des programmes lancés par l’Etat (Ph. Bziouat)

Bras armé de l’Etat dans le secteur immobilier, le groupe Al Omrane est en première ligne dans plusieurs programmes de développement signés devant le Roi. Au moment où le chef de gouvernement a mis en place une commission pour le recensement de ce type de projets, le groupe a rassuré quant au respect du calendrier fixé.

Sur les 365 projets présentés au Souverain, 335 ont été achevés à fin 2016 et 30 sont en cours d’exécution. Al Omrane s’est aussi impliqué dans le chantier de mise en œuvre de la régionalisation, à travers la signature de conventions de partenariat avec 10 régions.

Ceci est d’autant plus important que le groupe est l’acteur principal en matière d’exécution des politiques de l’Etat dans les domaines de lutte contre les bidonvilles, la prise en charge des habitats menaçant ruine ou encore la réalisation de projets de logements à faible valeur.

Aujourd’hui, la mobilisation du foncier constitue l’un des principaux freins qui risquent d’entraver l’atteinte des objectifs fixés. La dernière opération de mobilisation du foncier public date de 2009, a rappelé Badre Kanouni, président du directoire d’Al Omrane, lors de la conférence de présentation des réalisations de 2016 et du plan d’action pour 2017, tenue hier à Rabat. Pour lui, une nouvelle assiette foncière est décisive pour favoriser la réalisation des programmes pris en charge par le groupe.

Globalement, Al Omrane a «pu maintenir son rythme d’activité, avec une amélioration de ses performances commerciale et financière», est-il indiqué. Le chiffre d’affaires annuel du groupe a enregistré une hausse de 15% pour s’établir à 5,3 milliards de DH. Les investissements d’Al Omrane ont aussi progressé de 7%, se situant à 5,9 milliards de DH.

L’année dernière, le groupe a finalisé les travaux de réalisation de 20.026 unités, parallèlement à la mise en chantier de 17.938 logements. Le bilan d’activité met également l’accent sur la création de 37.225 titres fonciers, ayant permis notamment d’assainir le passif, avec la régularisation de plusieurs dossiers. Cela concerne 15.000 titres fonciers, concernant des dossiers remontant à plusieurs années. En 2017, le plan d’action du groupe table sur un volume d’investissement légèrement inférieur à celui de 2016, avec 5,7 milliards de DH. Al Omrane, qui va célébrer son 10e anniversaire en octobre prochain, prévoit le lancement de la construction de 22.000 nouvelles unités et l’achèvement de 24.000 autres logements.

Dans le détail, le faible engouement pour les logements à faible valeur, commercialisés à 140.000 DH, se confirme. En témoigne le nombre d’unités réalisées par Al Omrane, qui reste le groupe le plus impliqué dans ce programme. Sur les 129.138 unités prévues par le programme global, les travaux ont été lancés pour la réalisation de 53.158. A fin 2016, les projets achevés totalisent 36.726 logements. Pour cette année, les prévisions tablent sur la construction de 2.628 nouvelles unités à 140.000 DH et l’achèvement des travaux pour 3.463 logements dans cette catégorie. Ce programme fait face à une série de difficultés. D’abord, le programme global tablait sur la réalisation de 25.000 unités pour le monde rural.

Or, «la demande est inexistante pour ce type de logement dans les zones rurales», a expliqué le président du directoire d’Al Omrane. Parallèlement, les habitants des bidonvilles, qui devaient être les principaux bénéficiaires de ce programme, dans le cadre des projets de recasement, ont manifesté peu d’intérêt. Ils sont plus intéressés par les lots de terrain dédiés à l’auto-construction.

Autre entrave à la réussite des projets de logements à 140.000 DH: l’absence de terrains adéquats à l’intérieur des villes. Les constructions dans les périphéries sont peu attractives. Aujourd’hui, Al Omrane et le ministère de l’Habitat planchent sur la conception d’un nouveau produit, avec une valeur inférieure à 140.000 DH. Un comité examine actuellement les aspects technique, financier et fiscal liés à ce type de logements.

Les mêmes contraintes semblent limiter l’attractivité du logement dédié à la classe moyenne. A fin 2016, les réalisations concernent uniquement 98 unités. Les travaux ont été lancés, la même année, pour la construction de 1.576 appartements. Cette année, 222 nouvelles unités seront achevées, parallèlement au lancement des travaux au niveau de 181 autres. Pour les logements à 250.000 DH, le groupe a finalisé en 2016 près de 71.642 unités parallèlement au lancement de 92.895 autres. Cette année, les travaux sont en cours au niveau de 6.071 logements. Le groupe prévoit aussi l’achèvement de 5.675 unités.

Repères

  • +15% du chiffre d’affaires du groupe Al Omrane
  • + 7% du volume d’investissement
  • 59% le niveau d’endettement du groupe, après avoir atteint 85% en 2011
  • 10 conventions signées avec les régions
  • 8.907 unités seront finalisées en 2017 dans le cadre du programme des villes sans bidonvilles

 

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