Analyse

Diplomatie culturelle: Ce qui reste à faire

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5027 Le 19/05/2017 | Partager
Les représentations diplomatiques appelées à s’adapter aux nouveaux enjeux stratégiques
Le soft-power pour contrer la propagande des adversaires du Maroc en Asie et en Amérique latine
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Driss Lagrini est professeur des relations internationales à l’Université Cadi Ayyad à Marrakech (Ph. L’Economiste)

- L’Economiste: Dans quelle mesure la diplomatie culturelle peut-elle être exploitée dans une stratégie d’influence internationale?
- Driss Lagrini:
En plus de la diplomatie officielle, la culture est mise à contribution dans le cadre de la diplomatie parallèle. Ceci est le résultat de la complexité des relations internationales et l’émergence de nouvelles menaces, liées notamment aux défis climatiques, à la montée du terrorisme… Plusieurs pays ont de plus en plus recours à de nouveaux acteurs, y compris culturels, pour assurer une influence à l’international. C’est la traduction d’une transformation d’une série de concepts, dont celui de la paix, qui ne se limite plus à des aspects d’ordre militaire. Aujourd’hui, le soft-power est un instrument central dans les stratégies diplomatiques des pays. Son importance est liée au fait qu’il permet d’appuyer la dynamique lancée par la diplomatie officielle et favoriser sa diffusion.

- Dans le message adressé à la 1re conférence des ambassadeurs en 2013, le Roi a appelé à redynamiser la diplomatie culturelle. Quels sont les leviers à activer pour revigorer cette action?
- Plusieurs mécanismes peuvent être opérationnalisés pour favoriser une montée en puissance de la diplomatie culturelle marocaine. C’est le cas de la réhabilitation du rôle des universités dans la recherche scientifique. Par exemple, la nouvelle politique africaine du Maroc peut être accompagnée par l’implication des universités, notamment en termes de réseautage, d’échange d’expertise, de production d’études thématiques sur les relations maroco-africaines, afin de favoriser une meilleure compréhension mutuelle. L’aspect religieux et spirituel est aussi décisif dans la stratégie de diplomatie culturelle. L’image du Maroc auprès des populations africaines est façonnée par l’influence des relations spirituelles séculaires. Les dernières visites royales en Afrique en témoignent.

- Quel rôle pour les représentations diplomatiques dans cette dynamique?
- Les responsables des ambassades et des consulats du Maroc sont appelés à prendre en considération de nouveaux paramètres. Ils ne sont plus attendus uniquement sur les dossiers classiques, mais aussi sur de nouveaux enjeux, dont l’attraction des investissements, le renforcement des mécanismes du soft-power… Beaucoup d’efforts restent à déployer. Par exemple, il est important de lancer des Maisons du Maroc dédiées à la promotion de la culture marocaine. D’un autre côté, les représentations diplomatiques sont aussi appelées à appuyer les nouvelles orientations du Royaume, notamment en Afrique. L’idée est de favoriser la consécration d’une dimension civilisationnelle à la politique africaine du Maroc.
Propos recueillis par Mohamed Ali Mrabi

 

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