Culture

Mawazine: Des concerts d’exception malgré un public timide

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5024 Le 16/05/2017 | Partager
Chic et Nile Rodgers ont enflammé la scène de l’OLM Souissi
La diva Nawal Al Zoghbi a encore séduit les festivaliers
Beaucoup de rythme aussi du côté de la scène africaine du Bouregreg
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L’artiste sexagénaire, qui croque la vie à pleines dents, a souligné durant son show: «We stand for disco, for funk, dancing and soul», (Nous défendons le disco, le funk, la danse et la soul». Pour la petite histoire, Nile Rodgers a été classé parmi les 50 personnalités les plus importantes de la musique par le magazine Rolling Stone (Ph. Bziouat)

Après deux journées qui ont drainé un large public, la fréquentation du festival dimanche a été beaucoup plus timide, notamment du côté de la scène de l’OLM Souissi qui, à quelques minutes du concert, était assez désertes. Au grand dam des organisateurs…

Au vu de la qualité de la prestation, l’adage se vérifie: les absents ont vraiment eu tort! Car c’est un grand moment musical qu’ont offert les membres de Chic et Nile Rodgers. Il a fallu attendre les 30 premières minutes avant de voir l’espace Black se remplir au compte-gouttes à l’instar de l’espace Gold.

Le légendaire Nile Rodgers a donné un concert à la hauteur de son talent et des attentes du public de qualité, composé de connaisseurs cette fois-ci, qui ont fait le déplacement pour venir l’applaudir. En effet, Nile Rodgers, cofondateur et leader du groupe Chic, a partagé avec les festivaliers les grands classiques du disco notamment «Le Freak», «We are family» (titre de Sister Sledge écrit et produit par Nile Rodgers) ou encore «Good times» sans oublier «I’mcoming out» (chanté par Diana Ross).

Le compositeur, producteur, arrangeur et guitariste aux plus de 200 millions d’albums vendus a traversé les décennies avec sa musique.  Il a joué des morceaux comme «Like a Virgin» de Madonna, «Let’s dance» de David Bowie ou encore «Spacer» de Sheila, dont le point commun est la production signée Nile Rodgers. Grand moment d’émotion lorsque la légende vivante annonçait qu’il n’était plus atteint du cancer.

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La diva libanaise, qui avait pour habitude de déplacer les foules, a connu une présence plus faible que les fois précédentes où elle s’est produite à Mawazine, ce qui ne l’a pas empêché de «briller» sur scène (Ph. Bziouat)

L’artiste dont les musiques samplées sont innombrables, coécrit «Getlucky», tube planétaire de Pharell Williams et Daft Punk, alors que les médecins le condamnait, une belle leçon de courage… La diva libanaise Nawal Al Zoghbi s’est, quant à elle, produite sur la scène orientale. La chanteuse fashionista, vêtue d’une sublime robe pailletée, a comme à son habitude illuminé l’espace Nahda.

Dans une ambiance bien plus calme que les années précédentes où elle s’est produite, la star aux 14 albums a interprété ses plus belles chansons que le public, de toutes les générations, n’a pas manqué de chanter en chœur avec elle. Du côté de la scène africaine du Bouregreg, le duo Amadou et Mariam qui s’est déjà produit au festival, a défendu des valeurs qui leur sont chères, notamment la solidarité, l’amour et la tolérance sur des sonorités ensoleillées et pleines de couleurs.

Le couple de musiciens et chanteurs maliens qui foulait la scène de Mawazine pour la 3e fois a même réservé quelques surprises à ses fans marocains en jouant pour la première fois un titre extrait de leur futur album dont la sortie est prévue en septembre prochain.
La fête était au rendez-vous du côté de la scène de Salé qui réunissait trois grands artistes marocains dont Hamid Bouchnak, Chebba Maria (Disque d’or en 2013 avec Raï’n’bfever) et Cheb Kader, un des artistes qui a contribué à populariser le raï en France et ailleurs. Autre temps du dimanche, le concert de Eleftheria Arvanitaki, icône de la scène musicale grecque qui s’est produite au Théâtre Mohammed V.

Le voyage d’île en île s’est poursuivi au Chellah avec une escale à Madagascar invitant Justin Vali, spécialiste du valiha, une variété de cithare tubulaire en bambou, qui a fasciné les festivaliers venus découvrir cette musique au sein du site historique.

 

 

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