Politique

Le PJD plombé par ses tiraillements internes

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5015 Le 03/05/2017 | Partager
Une fronde qui risque de conduire à l’implosion du parti
El Othmani mise sur «la conscience de la majorité silencieuse»
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Le remplacement de Abdelilah Benkirane par Saâdeddine El Othmani à la tête du gouvernement a créé un véritable séisme au sein de cette formation. Les mécontents sont de plus en plus nombreux. Au point que la direction du PJD a exhorté ses membres à éviter les déclarations et de faire preuve de patience jusqu’à l’évaluation de cette expérience par les structures du parti (Ph. Bziouat)

«Le parti traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire». En dépit des assurances de Saâdeddine El Othmani et de plusieurs dirigeants du PJD, la déclaration de Slimane El Amrani, secrétaire général adjoint, traduit les tiraillements internes qui risquent de conduire à l’implosion de cette formation. La tension monte au sein du PJD depuis le remplacement de Abdelilah Benkirane par El Othmani.

Des voix mécontentes se sont élevées contre «les concessions» faites par le nouveau chef du gouvernement. La fronde risque de se cristalliser lors du prochain Congrès national, qui devra choisir le successeur de Benkirane, ayant dépassé les deux mandats fixés par les statuts du parti.

Certains appellent l’actuel SG à briguer un 3e mandat. Pour ce faire, une réforme des statuts est incontournable. En face, El Othmani a dit «qu’il n’est pas intéressé par ce poste», mais a laissé la porte entrouverte, faisant entendre, lors d’une émission télévisée, qu’il se présenterait s’il est «sollicité par les frères».

Aujourd’hui, la cohérence sur laquelle le PJD basait sa réputation semble se fissurer. Au point que la direction du parti, via Slimane El Amrani, a exhorté les membres du PJD à «éviter de discuter des répercussions de la formation du gouvernement». Il a appelé à la patience, «en attendant la tenue des réunions des structures internes, habilitées à évaluer cette expérience». Les dirigeants du PJD sont dans l’embarras face aux déclarations de certains membres, dont des figures influentes, «qui dépassent la libre expression des opinions.

Ce qui impose le respect des principes éthiques et réglementaires», selon El Amrani. Pour lui, «l’unité du parti est une ligne rouge». C’est dire toute la crainte grandissante au sein du PJD, qui risque de subir une scission comme c’était le cas pour d’autres formations par le passé. Interpellé sur cette question lors de sa première sortie médiatique, Saâdeddine El Othmani a refusé la comparaison avec le sort de l’USFP après le gouvernement d’alternance.

Il a tenté de se montrer rassurant en avançant qu’au sein de sa formation, «il existe une majorité silencieuse, consciente des contraintes d’une négociation. Il s’agit essentiellement des élus locaux, qui ont déjà été impliqués dans des négociations politiques». En dépit du vote massif en faveur du programme gouvernemental, des craintes existent également concernant le soutien du groupe parlementaire du PJD.

Surtout après les déclarations de son chef, Idriss El Azami, considérées comme un signe de démarcation des parlementaires du parti par rapport au gouvernement. Si pour El Othmani il s’agit uniquement «d’interprétations et de spéculations», la démission de Abdelilah Benkirane de la Chambre des représentants a été considérée comme une volonté de prendre une distance vis-à-vis de l’exécutif et d’éviter une confrontation directe avec le président du Conseil national du PJD.

 

 

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