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Dossier Spécial

Reconnaissance de l’Etat: Le casse-tête des écoles multi-campus

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5007 Le 20/04/2017 | Partager
L’Enseignement supérieur refuse d’accorder son label au nom d’un groupe
Mais préfère procéder établissement par établis-sement
HEM, EMSI, IGA… plusieurs sont concernés
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Pour décrocher la reconnaissance, les business-schools gérant plusieurs campus doivent déposer des dossiers pour chacun d’entre eux, chose qu’elles dénoncent (Ph. HEM)

Octroyer la reconnaissance pour tout un groupe sur la base d’un seul dossier, le ministère de l’Enseignement supérieur s’y refuse. L’ancien ministre, Lahcen Daoudi, était catégorique sur cette question. «Pour relever le niveau des écoles privées, il faut bien être intransigeant sur les critères de qualité», pensait-il. Pour lui, les écoles doivent «réinvestir l’argent qu’elles gagnent», recruter plus d’enseignants et de cadres, et se mettre à niveau afin de mériter le précieux label de l’Etat.

Les établissements relevant de groupes sont autorisés à ouvrir de manière séparée. Leurs filières sont, également, accréditées indépendamment du groupe. Pour la reconnaissance, ce sera pareil ou rien! Pour être reconnus, les groupes devront donc déposer une candidature pour chacun de leur campus.

Même si elle a été la première à soumettre son dossier au groupe, il y a de cela un an et demi, HEM s’est heurtée au niet catégorique du ministère. La business-school, qui gère six campus (à Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès, Oujda et Tanger) accueillant près de 2.000 étudiants, est aujourd’hui dans l’impasse. «Les arguments du ministère ne tiennent pas, ils sont purement quantitatifs.

Depuis quand le nombre d’étudiants fait-il qu’une école est bonne ou mauvaise», relève l’administrateur directeur général de HEM, Yasmine Benamour, faisant référence à l’effectif minimum imposé de 400 étudiants par établissement. D’autant plus que réussir à inscrire 400 étudiants dans une ville comme Oujda ou Fès s’apparente à de la science-fiction. Même en métropole le chiffre reste difficile à atteindre. «Au lieu de nous remercier d’aller dans des villes comme Oujda et Fès où personne ne va, l’on nous met des bâtons dans les roues», regrette Benamour.  

Afin d’instaurer le même modèle dans tous ses établissements, HEM a mis en place un certain nombre de «garde-fous». Le concours d’entrée, par exemple, se tient le même jour à la même heure dans toutes les villes. Pareil pour les corrections en anonyme. Les programmes dispensés sont identiques. Les examens des matières quantitatives (microéconomie, statistique,…) ainsi que les évaluations des enseignants sont organisés en même temps.

Des enseignants sont, en outre, appelés à se déplacer en permanence entre les campus afin de s’assurer du respect des valeurs et de l’esprit du groupe. Côté gouvernance, l’école est gérée par une seule société, HEM SA, dont la Société financière internationale (SFI, groupe Banque mondiale) est actionnaire.

«Nous avons sollicité une expertise juridique, sur conseil de la SFI, qui a démontré que HEM est une seule entité. Les campus ont été autorisés un à un, mais sous une marque identique, et avec les mêmes programmes et valeurs. En les autorisant ainsi, la tutelle admet indirectement qu’il s’agit d’un même établissement», souligne l’administrateur directeur général de HEM. Malgré tous ces arguments, aux yeux du ministère, seul le campus de Casablanca pourrait éventuellement faire l’objet d’une reconnaissance.

Nous la refuserons tant que les critères sont quantitatifs et non qualitatifs, et tant que le groupe n’est pas reconnu dans son intégralité. C’est une question de principe d’abord», confie Benamour. Pour l’école, qui vient d’être classée première business-school privée au Maroc par le baromètre Diorh-Campus Mag, il s’agit aussi d’une question d’image de marque et de message à envoyer aux étudiants et parents.

Quelle image aurait un campus non reconnu par rapport aux autres du même groupe qui le sont déjà? L’exemple de HEM est un cas d’école qui pourrait faire jurisprudence. Plusieurs groupes opérant dans plusieurs villes, tels que l’IGA, l’EMSI,… sont dans la même situation.

Une question d’interprétation

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Mohamed Hassad, ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Ph. L’Economiste)

Dans la loi, rien n’interdit vraiment d’accorder la reconnaissance à un groupe. Tout est, en fait, question d’interprétation des textes. Si Lahcen Daoudi a choisi de refuser le label aux groupes, sous prétexte de garantir la qualité des établissements reconnus, qu’en sera-t-il de son successeur? Mohamed Hassad fera-t-il preuve de plus de flexibilité? Les établissements privés prévoient de le rencontrer le plus rapidement possible afin de lui présenter leurs doléances.

 

 

 

 

 

 

 

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