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Finances-Banques

Wafa Assurance portée par l’euphorie dans l’assurance-vie

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4997 Le 06/04/2017 | Partager
La branche contribue pour 70% à la croissance organique de la compagnie
Ali Harraj: «Les banques ne nous prennent plus pour des concurrents»
Les premières estimations de la fraude dans la branche maladie
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Ali Harraj, PDG de Wafa Assurance:  «Les ménages sont de plus en plus conscients qu’il faut épargner, non seulement pour pallier la problématique de l’insuffisance du régime de retraite obligatoire, mais aussi pour financer l’éducation de leurs enfants» (Ph. Jarfi)

Numéro un du secteur pour la 9e année consécutive avec 21% de part de marché, Wafa Assurance reste sur un exercice 2016 exceptionnel à l’instar de tout le marché de l’assurance. Les performances de la compagnie sont à l’image du dynamisme de sa branche vie. Le chiffre d’affaires est en hausse de 14,2% et le résultat net à 841 millions de DH, progresse de 5,2%. Le plan stratégique Oufouq 2018 atteint la vitesse de croisière. Décryptage du président-directeur général, Ali Harraj.   

- L’Economiste: Quels sont les objectifs de votre plan stratégique en cours?
- Ali Harraj: Tout d’abord, je dois préciser que l’exercice 2016 est la première année de mise en œuvre de notre plan stratégique Oufouq 2018. Pour la 9e année consécutive, Wafa Assurance conserve la plus haute marche du podium du secteur avec un chiffre d’affaires de 7,3 milliards de DH, en hausse de 14,2%. Cela nous confère 21% de part de marché dans un secteur dont la croissance annuelle moyenne s’établit à 6% au cours des cinq dernières années. Notre croissance est portée à 70% par la branche vie, elle-même propulsée par l’activité épargne qui enregistre une performance exceptionnelle de 21% grâce à la bancassurance. La non-vie affiche également un rythme de progression soutenu de 9,6%.  C’est 5 points au-dessus de la croissance sectorielle de la branche.
Ce qui est remarquable, c’est que ce dynamisme touche toutes nos lignes de métier. La clientèle «Particuliers et professionnels» pèse 3/4 de cette croissance pour un chiffre d’affaires de 5 milliards de DH, en progression de 15,9%.  Avec 2,3 milliards de DH, la clientèle «Entreprises» dégage un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de DH, en hausse de 10,6% dans un contexte concurrentiel tendu.
Par ailleurs, nous avons achevé l’exercice avec un résultat net de 841 millions de DH, en hausse de 5,2%. Wafa Assurance se développe et maintient un haut niveau de rentabilité. Nous sommes donc très satisfaits de ces réalisations qui sont en phase avec notre plan stratégique.

- A quoi imputez-vous la spectaculaire croissance de l'assurance-vie ces dernières années?
- Elle tient à une combinaison de plusieurs facteurs en plus d’un contexte favorable du marché. D’abord, les banques ne souffrent plus de manque de liquidités. Ensuite, les ménages sont de plus en plus conscients qu’il faut épargner, non seulement pour pallier la problématique de l’insuffisance du régime de retraite obligatoire, mais aussi pour financer l’éducation de leurs enfants. Une vraie prise de conscience s’est opérée et pousse aujourd’hui les clients à épargner de plus en plus tôt. Il faut relever par ailleurs que les compagnies d’assurances ont simplifié les produits d’épargne en proposant des taux de rendement attractifs. Enfin, le réseau de distribution bancaire est bien formé et accueille les produits d’assurance comme une valeur ajoutée et non plus comme un produit concurrent des placements bancaires.

Bancassurance: 55% de croissance entre 2010 et 2015

Tous ces éléments ont rejailli sur le développement de la bancassurance. Entre 2010 et 2015, celle-ci a connu une croissance de plus de 55%. L’assurance-vie poursuit son ascension en réalisant, en 2016, un chiffre d’affaires de 14,3 milliards DH, soit 35,4% de croissance. Pour autant, elle recèle encore un important potentiel de développement, notamment sur la clientèle des professionnels. Wafa Assurance reste numéro un sur cette activité avec une part de marché de 28,3% et un chiffre d’affaires de 4 milliards DH.
- La forte dépendance de vos résultats de la Bourse et du marché financier ne constitue-t-elle pas un risque à terme?
- L’exposition du résultat des compagnies d’assurances aux marchés financiers, notamment le marché boursier, est inhérente à l’activité d’assurance. Wafa Assurance n’échappe pas à cette règle. Elle n’est pas plus dépendante de la Bourse que les autres compagnies en général.
De fait, nous accordons une attention particulière à la gestion d’actifs  afin de  prendre en charge au mieux les risques liés à cette activité que ce soit en termes de stratégie d’investissement, en veillant à privilégier  une bonne diversification de l’allocation d’actifs dans les limites réglementaires, ou en termes de gouvernance pour encadrer le processus de décision. A ce titre, les portefeuilles vie et non-vie de Wafa Assurance, notamment sur le marché boursier et le marché des taux, ont fortement surperformé leurs indices de référence et leurs benchmark au titre de l’année 2016.

- Quelles sont les transformations attendues du changement du calcul de la solvabilité?
- Le chantier de mise en place de «Solvency II» au Maroc en est encore à ses débuts.  Il faut rappeler à ce propos que le cadre actuel «SolvencyI» ne prend en compte que les risques de souscription pour la détermination du montant minimum de fonds propres dont doit disposer la compagnie d’assurances. Le principe de la norme «Solvency II» consiste à prendre en compte les autres risques inhérents à l’activité d’assurance, tels que les risques de marché, de défaut et les risques opérationnels. Le niveau d’exigence en capital pour chacun de ces risques et le délai de convergence vers la nouvelle norme sont des enjeux majeurs dans cette transition qui devront faire l’objet de mesures d’impacts et d’une large concertation entre la profession et le régulateur pour ne pas entraver la dynamique de financement à long terme de l’économie par les compagnies d’assurances. Les compagnies devront préparer dans le temps cette transition en concertation avec l’Autorité de régulation, en fonction des paramètres qui seront retenus et prendre en compte ces nouvelles contraintes dans la gestion de leur capital et de leurs activités,  y compris la gestion de leurs actifs.

Repères 2016

Chiffre d’affaires: 7,3 milliards de DH

Résultat net: 841 millions de DH

Part de marché: 21%

(Source: Wafa Assurance)

 

Propos recueillis par
Abashi SHAMAMBA

                                                              

Le projet africain de la compagnie

Le taux de pénétration de l’assurance dans la zone CIMA est encore modeste, aux alentours de 0,7% du PIB. En se positionnant en Afrique à travers six filiales en Tunisie, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Cameroun, Wafa Assurance espère tirer profit du potentiel de développement que compte ce marché. Cela, en ciblant en priorité les pays d’implantation du groupe Attijariwafa bank afin de développer des synergies, particulièrement dans la bancassurance.
L’assureur est présent en Tunisie depuis 2013 et y réalise de bonnes performances, avec une position de leader en vie pour une part de marché de 16%. Sur le reste du continent, «les chiffres ne sont pas encore significatifs puisque nous venons à peine d’y démarrer nos activités en greenfield», précise le président.

Sur ces marchés, la compagnie exporte son modèle économique et son expertise dans la vie en y apportant des adaptations selon les spécificités locales. Dans la branche non-vie, elle développe son activité en synergie avec les filiales d’Attijariwafa bank et en partenariat avec les courtiers locaux, insiste Ali Harraj. «Nous sommes conscients  d’être  dans chaque pays où nous nous implantons un acteur local parmi d’autres. C’est pour cela qu’il nous faut trouver notre place en apportant de la valeur ajoutée aux entreprises et aux particuliers en termes de qualité de service et d’innovation».

Le durcissement de la réglementation des assurances de la zone CIMA en matière d’exigence en capital devrait favoriser une concentration du secteur qui est aujourd’hui très atomisé.  Par ailleurs, Wafa Assurance cible également certains marchés anglophones en Afrique.

                                                              

Un dossier maladie sur dix serait frauduleux

La fraude à l’assurance représente un risque croissant pour les assureurs étant entendu que le contrat d’assurance est fondé sur le principe de la bonne foi de l’assuré. Or, la fraude en est tout le contraire, relève Ali Harraj, président-directeur général de Wafa Assurance. A la base, il s’agit d’un problème d’asymétrie d’information entre les parties contractantes, l’assureur et l’assuré. Cette asymétrie d’information est à l’origine de l’apparition de différentes formes de fraude: la fraude à la souscription, le non-respect des termes du contrat, la création volontaire d’un dommage, la déclaration d’un faux sinistre ou encore le gonflement du montant du dommage pour bénéficier d’indemnités plus généreuses.

Au Maroc, l’ampleur du phénomène n’a pas été chiffrée, mais on estime qu’environ 10% des dossiers maladie seraient frauduleux, 1 dossier sur 7 en automobile…. Très peu d’études statistiques et qualitatives se sont intéressées à l’analyse du problème et de l’efficacité des moyens et des techniques appropriées pour combattre la fraude. De plus, le cadre réglementaire et les textes applicables sont le plus souvent d’ordre général et non spécifiques au problème. Par ailleurs,  ils sont dispersés dans différents chapitres du code pénal, du code civil et du code des assurances.

La compagnie traite chaque année  720.000 déclarations maladie

dans un délai moyen de 3 jours et demi

Au niveau de Wafa Assurance, nous nous sommes organisés en mettant en place des mesures internes de protection et en nouant des canaux d’échanges et des contacts informels avec les autres compagnies, confie le président. L’assureur a aussi affiné ses procédures de vérification des sinistres, en organisant ses propres dispositifs d’enquête pour essayer de canaliser au maximum la fraude et donc, son impact sur la sinistralité.

Par ailleurs, compte tenu de l’accroissement rapide  des sinistres matériels automobiles, 18% en moyenne sur les 6 dernières années, avec une part de plus en plus importante pour les petits sinistres, la profession a entamé une réflexion pour la mise  en place d’un extranet pour contrer la fraude et partager l’information sur les sinistres matériels entre compagnies.
Sur les délais d’instruction des dossiers maladie dont se plaignent constamment les assurés, le président de Wafa Assurance affirme que sa compagnie affiche l’un des meilleurs indicateurs du marché: 3 jours et demi en moyenne.

 

 

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