Régions

Zagora met le cap sur les cultures alternatives

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4961 Le 15/02/2017 | Partager
Un changement s'impose pour lutter contre les changements climatiques
Inra, chercheurs et scientifiques réunis pour remédier à la problématique de l’eau
Des projets pilotes à introduire dans les oasis, les premiers pas
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Avec la rareté de l’eau, la multiplication des puits illicites, et la propagation anarchique des cultures consommatrices de l’eau comme la pastèque, le milieu oasien doit réagir vite et enrichir son agriculture afin de s’adapter à ces nouvelles contraintes (Ph. SB)

Il faut introduire des cultures alternatives plus adaptée aux changements climatiques dans le milieu oasien. Mais surtout trouver des solutions rapidement à la problématique de l’eau dans la région. Ce sont les deux principales recommandations du colloque scientifique sur les «alternatives agricoles adaptées aux changements climatiques dans les oasis du sud du Maroc», tenu récemment à Zagora. Organisé par l’Association des amis de l’environnement de Zagora (AAEZ), le colloque a réuni une pléiade de scientifiques et de chercheurs, ainsi que les autorités locales, la société civile et des agriculteurs pour discuter des problématiques liées à l’eau et à l’agriculture dans les oasis du Drâa.

Ont également participé à la rencontre l’Institut national de la recherche agronomique, le Centre régional de la recherche agronomique et l’Ecole nationale d’agronomie de Meknès ainsi que plusieurs doctorants. Cette rencontre rentre dans le cadre des actions concrétisant les recommandations de la 22e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22). Elle vient suite à la propagation sans précédent de cultures étrangères au milieu oasien, non durables et consommatrices d’eau, aggravant la situation de sécheresse que connaît l’ensemble des oasis du Drâa. C’est dans ce sens qu’il est nécessaire de mettre en place une réglementation plus stricte des cultures consommatrices d’eau et d’encourager des projets de cultures alternatives plus adaptées à la situation climatique actuelle, à l’image des plantes médicinale (cumin) et aromatique (safran) et quelques légumineuses.

«Les agriculteurs locaux sont ouverts à l’idée mais demandent la mise en place de projets pilotes pour les cultures alternatives dans la perspective de les généraliser dans l’ensemble des oasis de Drâa», note Jamal Akchban, président de l’AAEZ. Les participants ont également attiré l’attention sur l’emploi excessif des pesticides dans le milieu oasien durant la dernière décennie, ce qui constitue un danger pour l’être humain et les sols. Cette rencontre a été l’occasion de remettre sur la table la question de la création d’une agence hydraulique dédiée au bassin de Drâa pour une meilleure politique de l’eau adaptée à la spécificité du milieu oasien. En effet, le bassin de Drâa reste attaché à l’Agence du bassin hydraulique du Souss Massa et Drâa, basée à Agadir. Or, c’est un grand territoire à couvrir et qui nécessite davantage de suivi et d’études. Aussi, et à l’issue du colloque, plusieurs recommandations ont été retenues, parmi lesquelles l’urgence d’accélérer le projet de dessalement de l’eau pour remédier à la problématique de l’eau potable dans la région. Un projet stratégique pour la ville de Zagora, resté en stand-by depuis plus de deux ans pour des raisons administratives.
De notre correspondante,
Sabrina BELHOUARI

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