Analyse

Cour des comptes/Sucre: Forte dépendance de l’étranger

Par Soufiane NAKRI | Edition N°:4936 Le 11/01/2017 | Partager
En 2015, les importations représentaient 66%
Les stocks dépassent les besoins
sucres_cours_036.jpg

A fin décembre 2015, le stock de sucre a atteint plus de 204.000 tonnes. Ce dernier dépasse largement les obligations réglementaires

Aucune crainte pour la réserve stratégique en stock. En 2015,  les stocks mensuels moyens ont atteint 228.889 tonnes. Ce qui représente plus que le double par rapport à ce que prévoit la  réglementation. Il s’agit d’un niveau encore jamais atteint depuis 2010. Il correspond à 68 jours de consommation nationale.

Toutefois, la cour des comptes a souligné que le marché marocain dépend fortement de l’étranger. Cette situation s’est accélérée notamment ces dernières années. Entre 2010 et 2015, la consommation intérieure a été couverte pour les 2/3 par le sucre importé en dépit d’un «come back» significatif vers les cultures sucrières enregistrées durant les deux dernières années. A cela, s’ajoute la concentration de la production mondiale entre un groupe limité de grands producteurs notamment le Brésil qui représente environ 70% des importations au Maroc en sucre. Par ailleurs, l’éloignement géographique des pays producteurs, de sucre a prolongé les délais d’importation avec une infrastructure  limitée, destinée au trafic sucrier au Port de Casablanca.

A cet effet, la cour des comptes souligne que «cette situation montre que l’obligation de stockage d’un mois est moins adaptée au souci de sécurité en sucre». Elle permet de répondre largement au besoin d’approvisionnement du marché et de prévenir les tensions sur les stocks. Cela concerne essentiellement la période de janvier à avril qui enregistre des pics de consommation qui doivent être mieux sécurisés.  

Durant 2013 et 2015,  la  production annuelle de sucre s’élevait à 435.000 tonnes. Elle couvre 34% de la consommation intérieure. Le reste (870.000 tonnes) est couvert par le recours aux importations.  Cette situation s’explique par une grande exposition aux problèmes potentiels d’approvisionnement et la fluctuation des cours sur le marché international.

Ce que dit la loi

Les stocks de sécurité du sucre sont régis par un arrêté qui prévoit que les producteurs sucriers et les importateurs sont tenus de constituer en permanence un stock de sécurité. Ce dernier est équivalent à ½ du total de leurs ventes au cours de l’année. Pour les producteurs sucriers et les importateurs, la totalité de l’obligation de stockage doit être constituée en sucre raffiné. Alors que pour les raffineurs, ce stock se situe autour de 1/3. Les quantités prises en compte pour le calcul de l’obligation de stockage sont celles importées, produites ou vendues durant l’année précédente. Cette obligation est calculée par le ministère chargé de l’industrie (Direction de la production industrielle).L’industrie compte 8 unités de production appartenant depuis 2005 au groupe Cosumar. Avant le regroupement, le secteur comptait 13 unités réparties sur le périmètre des cultures sucrières.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc