Economie

Tourisme: Où est passé le fonds régional de promotion?

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4934 Le 09/01/2017 | Partager
Ce fonds de 400 millions de DH acté en 2014 était porté par la ville, la région et l’ONMT
Et dédié au développement de l’aérien
Les protagonistes se renvoient la responsabilité de cette promesse non tenue

La taille de toute destination touristique dépend de ses capacités aériennes. Et malgré l’évolution de ces dernières, Marrakech continue à être en déficit puisque la capacité litière (80.000) dépasse de très loin celle en sièges aériens offerts. Et c’est pour cela qu’un fonds régional de promotion du tourisme d’un montant de 400 millions de DH devait être créé dans la ville et dédié aussi bien à l’aérien qu’à la promotion. Un accord avait même été conclu entre l’ONMT, le conseil communal et la région et paraphé devant le Souverain, il y a deux ans.

Techniquement, ce fonds devait être doté d’une enveloppe annuelle de 100 millions de DH sur 4 ans. La ville devait contribuer à hauteur d’un montant de 30 millions de DH. La région s’était engagée sur 10 millions de DH et l’ONMT sur le reste, soit 60 millions de DH. Une démarche qui se voulait participative en rassemblant les autorités locales, mairie, région et un établissement public. Ce fonds devait opérer pour une durée de 4 ans. Aujourd’hui, il n’a toujours pas vu le jour. Les différents protagonistes de ce projet se renvoient la responsabilité.

Ainsi, l’ancienne mairesse de Marrakech, Fatima Zahra Mansouri précise qu’un budget de 60 millions de DH pour les deux premières années avait été dégagé durant son mandat et devait être affecté à ce fonds. Sauf que les élections communales ne lui ont pas permis de revenir à la gestion locale et de suivre ce dossier inscrit dans le cadre du programme Marrakech, le Renouveau. Les élus pjdistes qui gèrent actuellement la ville ont maintenu l’affectation du budget et renvoient la responsabilité de ce retard à l’ONMT qui n’a pas mis en place les mécanismes et les objectifs. De son côté, l’Office, lui, indique que les financements promis dans le cadre de ce fonds ont été utilisés pour la promotion de Marrakech avec des workshops, des éductours et des voyages de presse.

En attendant, c’est la première destination touristique du Royaume qui trinque et continue d’être en déficit d’aérien. Marrakech a besoin de plus de 70.000 sièges alors que l’offre actuelle ne dépasse pas les 44.000 sièges hebdomadaires. En effet, la capacité hôtelière de la ville, de près de 80.000 lits, a besoin d’un trafic aérien tout aussi conséquent. Avec les sièges actuels, et même en tablant sur un remplissage à 100% des rotations programmées (du quasi impossible), les flux aériens actuels permettront à peine d’occuper 50% de la capacité hôtelière, très loin du taux d’occupation de 65%, qui permettra une stabilité de l’activité touristique.

Cibles identifiées

Le fonds régional de promotion touristique devait justement permettre à Marrakech de s’attaquer avec plus d’outils aux marchés porteurs de potentiel. Il s’agit, entre autres, de l’Allemagne, la Grande-Bretagne ainsi que des destinations beaucoup plus loin comme les pays de l’Est, les marchés américain ou brésilien, tout en renforçant le marché français avec des liaisons directes entre Marrakech et les villes de province. De même qu’il était prévu un soutien à la RAM ou autre compagnie pour installer une base aérienne à Marrakech avec deux avions qui opéreraient différentes rotations. Le Conseil régional du tourisme de Marrakech avait identifié des aéroports prioritaires en Allemagne, en Grande-Bretagne et à New York.

 

 

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