Economie

Les énergies renouvelables, la révolution de l’Afrique!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4891 Le 04/11/2016 | Partager
Le continent s’ouvrirait des opportunités et ferait d’une pierre deux coups
Réduire les émissions de gaz à effet de serre et favoriser les énergies locales
Les recommandations du 1er forum des énergies renouvelables à la veille de la COP22

C'est parti pour les réunions parallèles à la COP22. Et le premier à ouvrir le bal est le Forum international sur les énergies renouvelables, labellisé COP22 et organisé par la société «EnergyNet» en partenariat avec «Global Nexus», un fonds d’investissement dédié à l’énergie propre et au développement durable, et l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen). Ce forum s’est voulu un plaidoyer pour le développement des énergies renouvelables en Afrique.
Les énergies renouvelables sont une carte à jouer pour les pays en développement étant d’adopter une approche d’approvisionnement énergétique plus décentralisée et plus verte que celle des pays industrialisés. D’autant plus que les territoires insulaires et africains sont déjà vulnérables face au changement climatique. L’Afrique dispose d’un potentiel considérable pour le développement des énergies renouvelables. Pour des raisons climatiques assez évidentes, les pays d’Afrique du nord et du Sahel ont un fort potentiel d’énergie solaire, tandis que l’Afrique centrale dispose de grandes capacités hydroélectriques. Par ailleurs, avec les capacités de géothermie et de biomasse, l’Afrique dispose d’un bouquet énergétique très complet. En choisissant les énergies renouvelables de manière massive, le continent s’ouvrirait des opportunités et ferait ainsi d’une pierre deux coups: il participerait à la réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre et favoriserait des énergies locales, créatrices d’activités et de facilités pour les tâches de la vie quotidienne. A condition d’adopter des politiques cohérentes et à même de surmonter les obstacles. Parmi ces derniers, les législations pour asseoir un cadre propice au développement accéléré des énergies renouvelables, le transfert des technologies avec des partenariats énergétiques régionaux et les ressources financières. D’ailleurs les débats du forum se sont justement focalisés sur les futures négociations. Le Maroc accorde un intérêt particulier au développement durable à travers sa transition énergétique qui concilie développement économique et lutte contre le changement climatique. Le Royaume est en mesure de jouer un rôle central dans la coopération énergétique régionale à travers, entre autres, le développement et le renforcement des infrastructures d’interconnexions électriques et gazières en vue de connecter les deux rives de la Méditerranée, rappelle Zohra Ettaik, directrice du département des Énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique au ministère de l’Energie, des mines et de l’environnement.
Le Maroc affiche ses ambitions, s’imposant pour tout le continent comme un pays d’expérience. De 42% en 2020, la part des énergies renouvelables est aujourd’hui fixée à 52% à l’horizon 2030. L’aventure audacieuse Noor a bien sûr été présentée comme l’exemple à suivre. Car, comme l’a souligné le président du directoire de Moroccan agency for sustainable energy (Masen), Mustapha Bakkoury, il n’y a pas de fatalité. Les sources de génération qui permettent d’éviter les énergies fossiles existent d’autant plus que les technologies évoluent et que l’Afrique dispose de ressources abondantes pour satisfaire les besoins pas seulement d’éclairage mais pour son développement industriel. L’avenir des énergies renouvelables se jouera à plusieurs ou ne se jouera pas car la réussite ne pourra pas se faire dans un seul pays, insiste Bakkoury. «Plus on est nombreux à jouer la carte des ER, moins est chère l’électricité».

Négociations

La COP22 qui démarre le 7 novembre prochain sera celle de l’action et de la mise en application des accords de Paris. Les négociateurs devront identifier des mécanismes concrets de financement notamment pour aider les états vulnérables à faire face aux changements climatiques. Les énergies renouvelables sont des solutions. Pour rappel, à la COP21, 10 milliards de dollars ont été mobilisés pour soutenir l’essor des énergies vertes. 10 pays dont le Canada, la France, l’Allemagne, le Japon, les Etats-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni, se sont engagés à fournir des financements publics d’ici 2020 –prêts et dons– à l’Union africaine sur les énergies renouvelables (AREI) afin de fournir 10 GW supplémentaires d’énergies renouvelables d’ici 2020 (10 millions de KW) et 300 GW d’ici 2030.

 

 

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