Economie

Lutte contre le réchauffement climatique
Les pétroliers s’engagent

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4882 Le 24/10/2016 | Partager
Ils mettent en avant les mesures d’atténuation entreprises par le secteur
Et font valoir le gaz comme solution de transition

Le développement des énergies renouvelables ne signe pas l’arrêt de mort du secteur pétrolier et du gaz. D’un point de vue purement technique, le pétrole et le gaz continueront à jouer un rôle important à l’horizon 2035 puisque la part des énergies fossiles et de gaz charbon passera de 82% dans le mix énergétique à 75%. «Une part en baisse mais qui reste prépondérante, argumente Amina Benkhadra, directrice de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM).
«De ce fait, les engagements des sociétés pétrolières sont aujourd’hui extrêmement importants car dans cette dynamique».
Benkhadra intervenait devant un parterre de pétroliers internationaux réunis à Marrakech pour le «Oil & Gas Sustainability forum», organisé dans le cadre de la COP22 qui se tiendra à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016. Objectif: discuter les questions clés relatives à l’implication et l’engagement des sociétés pétrolières et gazières dans la politique de développement durable et la lutte contre le réchauffement climatique et les mesures d’atténuation mises en avant dans le cadre de l’Initiative OGCI (Oil and gas climate initiative) et d’avoir un message partagé pour la COP22. Cette initiative lancée en 2015 par une dizaine de pétroliers est un engagement du secteur pour renforcer les actions et les investissements visant à réduire l’intensité en carbone du mix énergétique mondial.
Les membres de l’OGCI reconnaissent l’importance de l’objectif des 2°C et s’engagent à réduire les émissions de gaz à effet de serre et de méthane de leurs propres opérations et productions. Les opérateurs du secteur ont déjà déployé un certain nombre de mesures d’atténuation en se dissociant graduellement du charbon pour aller vers le gaz qui va augmenter dans le mix énergétique et prendre une place importante dans la production d’électricité. Enfin, plusieurs pétroliers dont Total, Eni, Repsol se sont engagés dans le développement des énergies renouvelables et ont même créé des filiales dédiées et des objectifs de renforcement de capacité additionnelle. Le forum de Marrakech auquel ont participé plusieurs compagnies pétrolières et gazières internationales ainsi que des institutions internationales en charge des questions énergétiques et financières était une occasion pour le Maroc de présenter sa stratégie énergétique.
Le Royaume qui souhaite porter la part des énergies renouvelable à 52% à l’horizon 2030 est actuellement deuxième pays africain et 3e pays en développement à s’engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 42 pc à l’horizon 2030. Soit l’équivalent de 13 millions de tonnes par an.

L’initiative OGCI

OGCI (Oil and gas climate initiative) a été lancée en 2015 par une dizaine de pétroliers représentant plus de 10 % de la production mondiale d’énergie et 20 % de la production mondiale de pétrole et ce à la veille de la COP21 organisé l’an dernier à Paris. Parmi ces entreprises, figurent Shell, BP, Total, Repsol, le saoudien Aramco, l’indien Reliance… Leur initiative pour la réduction des émissions de CO2 est une occasion de faire valoir le gaz qui émet deux fois moins de CO2.
Pour eux, la solution passe par la technologie, notamment le captage et le stockage du CO2. Les membres de l’OGCI veulent travailler sur l’efficacité énergétique en améliorant les carburants et véhicules, développer les énergies renouvelables et le gaz naturel, éliminer le torchage de routine et réduire les émissions de méthane de leurs opérations, ou encore favoriser la recherche et développement (R & D) notamment sur la capture du carbone.

 

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