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    Economie Internationale

    UE: La candidature turque en vedette au Sommet de Helsinki

    Par L'Economiste | Edition N°:657 Le 10/12/1999 | Partager

    · L'élargissement à six autres pays européens devra également être étudié


    Les dirigeants européens vont examiner à Helsinki (Finlande) les 10 et 11 décembre les demandes d'adhésion à l'Union de six nouveaux pays. Il s'agit de la Slovaquie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie et Malte. Mais ce sera l'éventuelle reconnaissance de la candidature turque qui occupera la plus grande partie des discussions.
    Ankara pourrait au mieux être admise au rang des candidats officiels à l'adhésion, mais ne serait pas admise à négocier avant de satisfaire intégralement aux conditions de démocratisation et de respect des droits de l'Homme.
    Dans la première hypothèse, la Turquie pourrait au minimum obtenir une forte satisfaction de considération qui lui avait été refusée au sommet de Luxembourg de décembre 1997.
    Cependant, avant d'en arriver à cette situation, de nouvelles discussions entre les dirigeants européens sont nécessaires.
    La Grèce reste le pays clef. Malgré que ses relations avec la Turquie se soient améliorées après les tremblements de terre qui ont affecté les deux pays l'été dernier, elle reste dans l'expectative. Athènes est beaucoup moins catégorique sur l'obtention d'engagements d'Ankara concernant les sujets de contentieux entre les deux pays. Il s'agit de la souveraineté des îles en Mer Egée -pour laquelle Athènes voudrait qu'Ankara reconnaisse l'arbitrage de la Cour internationale de La Haye- et la division de Chypre.

    Sur ce dernier point, Athènes se tourne désormais vers ses autres partenaires européens, essentiellement Paris, Berlin, Rome et La Haye en leur demandant qu'ils lèvent leur opposition de principe à l'entrée d'une île divisée dans l'UE.
    La question des droits de l'Homme en Turquie s'est focalisée sur le sort du chef rebelle kurde Abdullah Oçalan, sous le coup d'une condamnation à mort dont l'exécution serait considérée comme inacceptable par l'UE. Pour leur part, les dirigeants turcs semblent s'acheminer vers une solution consistant à abolir la peine de mort dans leur pays, ce qui réglerait indirectement le problème et permettrait de surmonter l'opposition de la Suède.
    Concernant l'élargissement des négociations d'adhésion aux six nouveaux pays qui rejoindront la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovénie, l'Estonie et Chypre, la cause est en revanche entendue.

    Malte aurait déjà entamé les négociations en 1998 comme les autres si son gouvernement précédent avait maintenu sa candidature.
    Pour la Slovaquie, qui satisfaisait déjà aux critères économiques, il s'agit d'une reconnaissance de ses progrès de démocratisation depuis l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Mikulas Dzurinda.
    Pour la Lettonie et la Lituanie, les Quinze estiment qu'elles sont presque arrivées au niveau économique de leur voisin estonien tout en ayant satisfait aux conditions requises vis-à-vis de la minorité russe.
    Les pays qui posaient le plus problème sont la Bulgarie et la Roumanie, surtout du point de vue de leur niveau économique. Mais l'attitude positive de leurs gouvernements envers l'OTAN lors de la crise du Kosovo, leur a ouvert des portes.


    La position grecque



    Athènes va jouer ce week-end à Helsinki une partie capitale pour son avenir, tiraillée entre son désir de vivre en paix au côté d'une Turquie européenne et sa volonté de ne pas sacrifier ses intérêts nationaux en Méditerranée.
    La Grèce devra éviter deux écueils: d'une part, s'isoler parmi les Quinze et prendre le risque d'un regain de tension avec la Turquie, d'autre part, se rallier sans assurances sur l'avenir avec, à la clé, une menace sur la survie à terme du gouvernement du Premier ministre socialiste Costas Simitis. A neuf mois des élections générales, le gouvernement Simitis ne peut se permettre de baisser la garde, ce qui serait immédiatement exploité par l'opposition.

    Wissal SEGRAOUI (AFP)

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