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Traitement des eaux usées
Ce que le Maroc peut tirer de l’expérience allemande
DNES en Allemagne Aziza EL AFFAS

Par L'Economiste | Edition N°:2145 Le 07/11/2005 | Partager

. Ce pays propose une technologie de pointeRien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme! Les Allemands ont trouvé le moyen de recycler leurs eaux usées, tout en protégeant l’environnement grâce au progrès technologique. Pourtant, l’eau n’est pas ce qui manque dans ce pays traversé par des fleuves comme le Danube ou le Rhin (d’où le land de la Rhénanie tire son nom). C’est pour s’imprégner de l’expérience allemande en matière de sauvegarde de l’environnement qu’un voyage d’information a été organisé du 26 au 28 octobre dernier au profit de cadres de l’Onep, du ministère de l’Environnement, du Fodep ainsi que des journalistes. Et ce sur invitation de l’Initiative Eau et Environnement (WWI) du land de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne)(1). Objectif: la présentation d’une technique de pointe pour le traitement des eaux usées, en l’occurrence la technologie des membranes. Il s’agit en fait d’une sorte de filtre qui permet d’obtenir une qualité supérieure de l’eau avant son déversement dans la nature. Elle peut également servir pour le traitement de l’eau potable et le dessalement de l’eau de mer. Le programme était axé sur des visites de stations d’épuration communales dans diverses localités du Land, de faible ou de grande capacité (en fonction du nombre d’habitants). Outre les Marocains, Chinois et Espagnols étaient également de la partie. Le choix de ces pays s’explique par les problèmes de rareté de ressources en eau dont ils risquent de souffrir à moyen et long terme. “Pour nous, il s’agit de faire profiter différents pays d’une technologie efficace, nouvelle mais éprouvée”, indique Friedrich-Wilhelm Bolle, directeur général de l’Institut de recherche pour l’aménagement des eaux et des déchets. L’objectif aussi est d’aider les entreprises allemandes productrices de ce procédé à explorer de nouveaux marchés. La question de l’eau est un problème au niveau mondial. Certains pays doivent malheureusement dès aujourd’hui faire face à une situation grave de pénurie en eau. Pratiques, ces nouvelles technologies permettent à la fois la réutilisation de l’eau usée (pour l’irrigation, voire en tant qu’eau potable si besoin est) et le respect de l’environnement. En effet, au terme d’un long processus de traitement (dégrillage, sablage, dégraissage, traitement biologique …), l’eau traverse en fin de parcours les membranes sous haute pression. L’eau ainsi obtenue est d’une limpidité étonnante. Le liquide restant est réinjecté dans le circuit. Quant aux boues, elles sont compactées, puis incinérées ou réutilisées pour produire du biogaz. Le Maroc est un client potentiel pour ce type de techniques. Le Royaume doit se préparer dès à présent en perfectionnant ses techniques d’épuration et de dessalement de l’eau de mer. Sans oublier la protection de l’environnement par le traitement des eaux usées et des rejets industriels avant de les déverser dans les cours d’eau ou en mer. Et s’il est vrai que le coût de ces technologies pourrait constituer un frein, “la santé n’a pas de prix”, tient à souligner Bolle. D’ailleurs, les Allemands sont les champions en matière de respect de l’environnement (voir encadré). Et pour cause, les normes écologiques allemandes et européennes sont très strictes. Au Maroc, les lois obligeant les entreprises à traiter leurs déchets industriels attendent toujours leur adoption définitive. Les normes sont bien là, mais c’est l’obligation de les respecter qui fait défaut. A signaler que la coopération maroco-allemande en matière d’environnement ne date pas d’aujourd’hui. Le secrétariat d’Etat chargé de l’Environnement et l’Agence allemande de coopération financière (KFW) ont créé en 1998 un fonds de dépollution industrielle (FODEP), basé sur le volontariat des entreprises, celles qui désirent anticiper sur l’applicabilité des lois et les contraintes environnementales imposées par les ALE avec l’UE et les Etats-Unis. A ce jour, le Fodep a agréé 36 projets de dépollution pour un montant global de 178,5 millions de DH. 11 projets ont été agréés en 2005 pour un montant global de 19,4 millions de DH dont 6,4 millions sous forme de don. Parmi les projets agréés, 23 concernent le traitement des rejets liquides, 10 le traitement des rejets gazeux et 3 le traitement des déchets solides, selon un bilan du Fodep.


Qu’est-ce qu’une membrane?

LES membranes sont des matériaux synthétiques qui servent de tamis très fin pour produire une petite quantité d’eau traitée en rejetant un grand volume d’eau de mauvaise qualité. Le procédé utilisant la membrane la plus dense est l’osmose inverse, dont le seuil de rétention des molécules (SRM) va de 50 à 200; ce processus est capable de rejeter même les plus petits ions inorganiques comme l’aluminium ainsi que les bactéries, les virus, les parasites et les protozoaires. Vient ensuite la nanofiltration, légèrement moins dense, dont le SRM s’échelonne de 200 à 1.000. Une membrane de nanofiltration est également capable d’éliminer les bactéries, virus, parasites et protozoaires; si son SRM est inférieur ou égal à 300, elle peut également écarter une grande quantité de matières organiques. L’ultrafiltration recourt à des membranes encore moins denses; son SRM permet de rejeter des particules de 1.000 à 0,1 microns de diamètre. Enfin, la microfiltration filtre quant à elle des particules de 0,1 à 2 microns. En général, la membrane d’une unité simple rejette environ 10 litres d’eau pour chaque litre produit. Cette proportion peut augmenter avec plusieurs facteurs: baisse de température, inadéquation du traitement préalable, salissure de la membrane. Pour que le procédé fonctionne efficacement, il faut une pression adéquate pour contraindre l’eau à traverser la membrane; cela nécessite parfois l’ajout d’une pompe de surpression.--------------------------------------------------------------------(1) Le WWI est un regroupement de différents organismes ayant en commun d’être actifs dans le domaine de l’eau. Il s’agit en particulier de bureaux d’études, d’entreprises ou encore de représentants du secteur de la recherche œuvrant dans ce domaine.

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