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    Economie

    Succès du cahier tunisien: Une affaire de subvention?

    Par L'Economiste | Edition N°:2354 Le 05/09/2006 | Partager

    . Des producteurs nationaux dénoncent . Le Commerce extérieur prêt à réagir…. … à condition que les opérateurs prouvent l’existence du préjudiceL’OFFENSIVE tunisienne sur le marché du cahier est-elle en train de menacer notre production nationale ? C’est en tout cas ce qu’affirment des industriels marocains. Présents sur le marché depuis 2003 (cf. www.leconomiste.com), les cahiers tunisiens font en effet une percée incontestable sur le marché marocain et les clients semblent les apprécier particulièrement en raison d’un rapport qualité/prix des plus intéressants. Des producteurs marocains disent affronter la concurrence d’un produit bénéficiant d’une subvention de l’Etat tunisien que les fabricants ont pu mettre à profit pour en améliorer la qualité. Les produits «entrée de gamme» marocains se trouvent tout simplement dans l’impossibilité de concurrencer ceux de nos voisins. D’autant plus qu’avec une production de 11.000 tonnes par an, les Tunisiens se tournent vers les marchés extérieurs, notamment le Maroc. Les industriels marocains reprochent aux négociateurs d’avoir négligé ce secteur, lors des accords bilatéraux de libre-échange. Le ministère du Commerce extérieur s’en défend et affirme que l’«on ne peut pas réagir sur la base de rumeurs et d’allégations qui ne sont pas étayées par des faits. Le cahier tunisien est effectivement subventionné pour le marché local mais rien ne prouve qu’il l’est à l’export».«La question du cahier tunisien est un cas d’école», affirme Réda Chraïbi, directeur général d’Ekman Converting, société productrice des cahiers Conapa. Et d’ajouter: «alors que le kilo de papier revient à 10 dirhams au Maroc, il n’est que de 3,5 à 4 en Tunisie», soit un différentiel de 30 à 40 %. «Il est inadmissible de se contenter d’un droit d’importation de 10 % sur un produit subventionné», proteste-t-il. Un papier qui, d’ailleurs, est importé -puisque la Tunisie contrairement au Maroc n’en produit pas- puis transformé et exporté chez nous. Chraïbi parle d’une concurrence qui, s’il hésite à la qualifier d’illégale, n’en serait pas moins inéquitable, «mettant en danger toute l’industrie de transformation du papier au Maroc». Une industrie qui, assurément, a connu des déboires, obligeant quelques entreprises telles Somapa ou Aiglemer à mettre la clé sous le paillasson bien avant l’arrivée des Tunisiens. Pour bénéficier des droits de douane préférentiels, les accords de libre-échange avec la Tunisie en particulier et les pays de la Ligue arabe en général préconisent un taux de transformation d’au moins 40 %. Taux qui est sérieusement mis en doute par des fabricants marocains qui demandent le renforcement du contrôle de la règle d’origine. Chez Safripac, autre producteur national, on s’inquiète aussi. Si les importations tunisiennes n’ont représenté en 2004 que 5 % du marché, selon notre source, leur croissance spectaculaire est plus qu’alarmante (46,7 % du total des importations en 2005 pour un montant de plus de 14 millions de dirhams). Et les producteurs s’attendent à une «invasion» beaucoup plus importante dans les années à venir. D’autant plus que la réciprocité n’est pas possible. Une série de «barrières administratives et un processus de certification compliqué» empêchent toute incursion des produits marocains en Tunisie, affirme-t-on du côté des industriels nationaux. Ceux-ci sont d’ailleurs unanimes: «en termes de capacité de production, nous n’avons rien à envier à nos concurrents et nous disposons des meilleurs équipements qui existent». En effet, la plupart d’entre eux avaient procédé à une mise à niveau et à des investissements importants pour moderniser leur parc machine. «Des efforts qui se trouvent compromis par l’incertitude du marché».L’association des fabricants de cahiers, qui regroupe une dizaine d’entreprises et qui a été réactivée pour faire face à cette nouvelle donne, a tiré la sonnette d’alarme et entamé des négociations avec différents interlocuteurs gouvernementaux, notamment le ministère du Commerce extérieur. Leurs doléances sont claires: une meilleure protection du produit marocain. Ils demandent au gouvernement «un cadre plus juste et plus loyal» pour protéger la production locale, dont nous n’avons pas pu obtenir une estimation. Autre mesure sollicitée: une différentiation des droits de douane en fonction du type de matières premières. Car qu’il soit en pâte, en bobine, semi transformé ou transformé, le papier est taxé au même taux, dénonce l’association. En tout cas, le ministère se dit disposé à réagir pourvu que les producteurs marocains fournissent un rapport d’évaluation complet quantifiant le préjudice. «De toute façon, nous sommes prêt à prendre les mesures nécessaires, même en l’absence de subvention, si nous constatons qu’il y a un accroissement massif des importations qui risque de perturber la production nationale». Si préjudice il y a, des mesures de sauvegarde pourraient donc être entreprises, comme ce fut le cas pour la céramique victime de dumping (cf. www.leconomiste.com). Aux producteurs locaux, donc, de faire une appréciation claire de la production nationale, de son volume de croissance et de la part de marché investis par les produits tunisiens. Du travail en perspective.Amine BOUSHABA

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