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    Economie

    Schéma directeur de Casablanca
    Les trois défis qui sauveront la métropole

    Par L'Economiste | Edition N°:2165 Le 06/12/2005 | Partager

    . Il s’agit de l’efficacité économique, l’équité sociale et l’équilibre écologique. Politique de logement sans équipements de base. Le port, pièce maîtresse dans le dispositif de mise à niveau Le plan d’aménagement en cours d’élaboration suscite beaucoup d’espoir. Ses instigateurs veulent en faire la planche de sauvetage de Casablanca, une ville, en effet, rongée par une anarchie urbanistique galopante. Aucun secteur n’est à l’abri. Pour l’inspecteur régional de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement du Grand Casablanca, Abdelkader Kaioua, les méfaits atteignent le transport, la circulation, les services de base, l’habitat, les espaces d’accueil de l’investissement, l’environnement et la qualité de vie. Pourtant, les documents d’urbanisme existent bel et bien. Mais les acteurs s’ingénient à les détourner. Conséquence: l’ancien SDAU (schéma directeur de l’aménagement urbain) n’est réalisé qu’à hauteur de 20%.Selon les experts, «Casablanca est une métropole en crise à la fois urbaine et économique». Et la cause en est «l’insuffisance de l’assiette urbaine». Une insuffisance aggravée par le phénomène des migrations intérieures des populations. Ce qui a engendré une surdensification de la ville. Pour en diminuer l’impact, un mouvement de dédensification du centre vers la périphérie a été amorcé(1). Toutefois, ce redéploiement de la population et de l’industrie se fait en marge de la légalité. Avec pour conséquence l’industrie sauvage, l’habitat non réglementaire et les bidonvilles. N’étant pas canalisés, ces déplacements ont accentué le mouvement de la périurbanisation. La ville déborde sur sa périphérie, «sans assiette urbaine, sans infrastructure, sans équipement et dans le désordre», indique Kaioua. Et d’ajouter: «La pénurie du foncier s’est traduite par l’entassement tout au long de décennies précédentes. De nos jours, c’est le débordement qui l’emporte».La problématique urbaine de Casablanca se rapporte donc à une insuffisance de l’assiette urbaine et des infrastructures de base. Autrement dit, le marché foncier casablancais souffre de dysfonctionnements lourds. «Et la spéculation foncière en est l’une des causes majeures», indique Yahya Benmoussa, architecte et urbaniste. Comment en est-on arrivé là? Les experts de l’urbanisme s’accordent sur les raisons: «Les problèmes de la ville ont toujours été traités dans l’urgence sous la pression des événements», disent-ils. C’est la ruée vers le logement. Sans pour autant doter la ville, en parallèle, d’infrastructures de base proportionnelles relatives à l’assainissement et au transport public. Situation qui repose, de nouveau, les questions du découpage régional, du type d’urbanisation à susciter et des fonctions urbaines à développer. Car il y va de l’intégration de la ville et de son essor économique.. Quel aménagement pour Casablanca?En matière de découpage, force est de constater que Casablanca est une ville saturée et qui n’a pas d’arrière-pays sur le plan administratif. Pire encore, le développement des zones de contact se fait généralement sans coordination. C’est le cas, par exemple, de Mansouria, Déroua et Sidi Rahal. Côté solutions, les experts recommandent une plus forte coordination avec les autres régions par la mise en place de mécanismes comme les syndicats de région. Sinon, le découpage doit être revu pour doter la métropole d’un territoire élargi. En terme d’aménagement, le développement de la ville doit répondre à un triple objectif: efficacité économique, équité sociale et équilibre écologique. Relever ces trois défis, c’est garantir un développement durable. Le port demeure l’élément le plus fondamental dans une stratégie de changement. Les observateurs sont unanimes: «Le dispositif actuel n’est pas cohérent. Il y a incompatibilité entre le trafic de vrac, de pétrole et de conteneurs d’une part et une situation de centralité urbaine d’autre part». Pour les urbanistes, il faut réorienter le trafic des phosphates et du pétrole vers Jorf Lasfar, les conteneurs vers Mohammédia. Le port de Casablanca est à reconvertir en port urbain consacré aux activités de marchandises, de pêche, de plaisance et de croisière. En parallèle, il faut prévoir des espaces logistiques en liaison directe avec les ports et l’aéroport.Au niveau économique, Casablanca est en passe de devenir une capitale de services (finances, logistique, offshoring...). Ces activités se développent, en effet, du sud-est et du sud en direction de l’aéroport. Le nouveau plan d’aménagement, en confirmant cette tendance, doit la réorganiser. Sur le plan de l’espace, la ville est en besoin pressant de terrains viabilisés mais desservis par un transport collectif fiable. Pour cela, le dépassement de la zone périurbaine s’avère nécessaire sans pour autant reléguer la maîtrise du foncier au second plan. Ali JAFRY------------------------------------------------------------------------------(1) La couronne périurbaine a gagné 300.000 habitants, passant de 500.000 à 800.000 habitants (5% par an). La densité de la population est passée de 590 à 930 habitants/km2.

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