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Economie

Réforme des retraites
«L’urgence est là et il faut du courage politique»
Jamal Belahrach, président de la commission emploi et relations sociales à la CGEM

Par L'Economiste | Edition N°:3311 Le 02/07/2010 | Partager

. L’Etat doit faire des choix sur les retraites et les assumer. Il faut pousser les entreprises à investir et non les freinerElargir l’assiette des cotisations, veiller à la compétitivité de l’entreprise et éviter que le pôle privé finance le déficit implicite du secteur public… Ce sont là les principes sur lesquels le patronat recommande la vigilance dans le gigantesque chantier de réforme des retraites. Pour Jamal Belahrach, président de la commission emploi et relations sociales à la CGEM, il faut du courage politique pour mener cette réforme. - L’Economiste: Quelle est la position de la CGEM par rapport au scénario de la réforme du système de retraite à l’étude?- Jamal Belahrach: Notre position est claire. Il est hors de question que le pôle privé finance le déficit implicite du public (plus de 1.000 milliards de DH entre les deux caisses et la CNSS). Donc, la fusion des caisses ne peut être à l’ordre du jour pour nous. Nous pensons qu’il y a d’autres scénarii possibles comme la mise en place d’un régime de base unique et des caisses complémentaires par pôle. Par ailleurs, il faudra également penser à l’élargissement de l’assiette des cotisants en intégrant tous les indépendants pour viabiliser la réforme et commencer à avoir un début de modèle social.- Le patronat est-il favorable à un rallongement de l’âge de la retraite? Est-ce que c’est justifié? Nous avons l’impression de copier le modèle français...- Sincèrement, je pense pour ma part que c’est un faux débat. D’abord, parce que le salarié marocain n’est pas sensibilisé sur sa retraite (il vit au jour le jour). D’autre part, nous vivons plus longtemps et beaucoup de gens entreprennent d’autres activités professionnelles après l’âge de 60 ans. Enfin, l’urgence est de développer le nombre de cotisants, car seuls 3 millions de personnes cotisent sur une population active de 11 millions et 30 millions d’habitants… trouvez l’erreur. Cependant, la pénibilité devra être prise en compte. Il faudra corréler l’emploi des seniors avec l’entrée des jeunes sur le marché du travail. - Le patronat sera-t-il disposé à augmenter sa participation?-Toucher à la compétitivité de l’entreprise, c’est ralentir la croissance et donc limiter la création d’emploi dont nous avons besoin pour résorber le chômage et répondre aux besoins des opérateurs économiques. La hausse des cotisations salariales nous semble inéluctable car les bénéficiaires des pensions de retraite sont les salariés. Cependant, les opérateurs économiques sont des gens responsables et sont conscients de leur responsabilité devant ce défi social et sociétal et seraient prêts à étudier des hypothèses dès lors que des mécanismes de compensation sont proposés. N’oublions pas que seules les entreprises génèrent la croissance et il faut davantage les pousser à investir que les freiner. L’heure est à la responsabilité collective.- La réforme de la retraite peut bouleverser certains acquis, notamment les départs anticipés mis en place par des conventions collectives dans certains établissements (banques notamment), et fermer par conséquent des postes aux nouveaux arrivants sur le marché du travail… Qu’en pensez-vous?- Toute réforme génère un ensemble de problématiques. Les cas particuliers devront être étudiés, mais encore une fois, il ne faut pas que nous ayons des discussions de riches. L’heure est suffisamment grave pour que nous prenions tous nos responsabilités face à cette réforme qui ne peut plus attendre. Il est hors de question de remettre en cause les droits acquis à la retraite, mais nous devons penser à l’intérêt général pour que notre pays avance et accompagne son développement. - Les syndicats ont réagi, mais du côté du gouvernement, c’est silence radio. A votre avis pourquoi?- Il faut lui poser la question… Mais ce qui est sûr, c’est que l’urgence est là et qu’il faut du courage politique. On se fait élire pour préparer l’avenir et, en faisant cela, on ne peut pas plaire à tout le monde. C’est cela la noblesse de la politique. La réforme des retraites aujourd’hui, c’est plusieurs générations qui diront demain merci aux leaders actuels.L’Etat doit faire des choix et les assumer. Un modèle social est à construire, ne ratons pas cette opportunité ici et maintenant.Propos recueillis par F.E.O. & K.M.

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