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Affaires

Rabat a mal à son CHU

Par L'Economiste | Edition N°:1743 Le 08/04/2004 | Partager

. Un audit des Finances identifie de nombreux dysfonctionnements. Cela va de l'absence de gestion prévisionnelle à la vétusté du matériel en passant par l'absentéisme Le Centre hospitalier Ibn Sina (CHIS) se porte-t-il bien? Au moment où le débat sur l'assurance-maladie obligatoire (AMO) bat son plein, il y a lieu de se demander si le plus vieil établissement hospitalier du Maroc est en mesure d'honorer ses engagements. A la 2e année du plan de sauvetage (voir encadré), le centre n'a pas encore réussi sa mise à niveau et n'a pas, par conséquent, pu offrir un service de qualité et au moindre coût. Du moins si l'on en juge d'après un audit réalisé par la direction des Etablissements publics et des participations relevant du ministère des Finances et de la Privatisation. L'audit passe au crible les structures, les prestations et la gestion de ce complexe hospitalier. Le document met le doigt sur plusieurs insuffisances sans pour autant identifier clairement des responsabilités. “Insuffisance, manque, absence...” sont les termes qui reviennent le plus souvent dans le rapport d'audit. Le principal responsable de la gabegie demeure la mauvaise organisation du Centre hospitalier. Selon les rédacteurs du rapport, “la coordination est un facteur déterminant dans la qualité des prestations fournies par un hôpital”, mais à l'enceinte du CHIS, “ce manque de coordination touche l'ensemble des secteurs d'activité des services médicaux et chirurgicaux”. Pour la gestion financière, “la situation actuelle se caractérise par l'absence d'une gestion prévisionnelle, et aucun travail de centralisation de la trésorerie des hôpitaux n'est effectué au niveau de la direction”, peut-on lire. S'y ajoute l'insuffisance des actions de recouvrement. “Les procédures actuelles de recouvrement, explique le document, donnent des résultats insignifiants”. Le CHIS qui se présente comme un complexe d'hôpitaux ayant des liens verticaux avec la direction et comportant des divisions et des services à vocation administrative est loin de répondre à cette mission. Sur le terrain, le rôle des services de la direction se limite essentiellement à la gestion de la subvention budgétaire, aux approvisionnements, à l'élaboration du rapport d'activité et à la préparation des réunions des conseils d'administration et de gestion. Or, ces services travaillent sans réels liens d'autorité hiérarchique ou fonctionnelle avec leurs homologues au niveau de formations hospitalières.. Pas de partage de ressources“Aucun lien organique ou mécanisme formel qui permet à un hôpital du CHIS de recourir aux services d'un autre hôpital du même centre en lui envoyant des patients. La contrainte du temps est souvent invoquée”, note le rapport. Et d'ajouter: “Cette organisation ne favorise pas le partage des ressources et la mise en commun en vue d'une rationalisation de la gestion”. Côté ressources humaines, les services de la direction ne disposent d'aucune autorité fonctionnelle sur leurs homologues des hôpitaux et la majorité des actes de gestion passe par la voie hiérarchique. Et comme les gestionnaires responsables sont peu disponibles, “la lourdeur et l'inefficience sont les principaux caractères de la gestion”. Le rapport note également que cela est engendré par la diversité des statuts: l'existence d'un personnel appartenant au ministère de la Santé et un autre relevant de celui de l'Enseignement supérieur et le personnel régi par des contrats et recruté par le CHIS. En somme, les procédures liées à la mobilisation des ressources humaines, pilier du dynamisme d'un établissement, sont soumises aux règles de la fonction publique, “incompatibles avec les exigences de l'activité hospitalière”, constate le document. Ce dernier a relevé également que l'absentéisme “constitue une véritable problématique pour les hôpitaux du CHIS allant jusqu'à remettre en cause la disponibilité des soins et services”. Sur un autre volet non moins important, le rapport a noté que la gestion de la pharmacie n'est soumise à “aucun programme informatisé pour gérer les interactions médicamenteuses”. De plus, la gérance des dates de péremption des médicaments se fait d'une manière très inégale dans les unités de soins. Par ailleurs, il y a très peu de réserve de médicaments sauf quelques exceptions. Autres maux diagnostiqués, l'absence de passerelles de communication entre les responsables des services et la direction du Centre. Pas de rencontres entre les médecins chefs des formations hospitalières, déficience au niveau des orientations et des stratégies, pas de feed-back sur les rapports d'activité élaborés. De cette manière, il y a lieu de se demander quel est le rôle d'une direction, avec 6 divisions et 27 services, étant donné qu'aucune coordination n'est réelle. Le rapport recommande de réduire l'effectif pour ne garder qu'une équipe de cadres qualifiés en gestion hospitalière.


Contrat-plan

Les différents responsables de l'hôpital n'ont pas cessé de ressasser le refrain, très classique, du “manque de moyens financiers”. Un contrat-plan qui s'étale sur deux années (2003-2004) a même été signé entre l'Etat et le CHIS vers la fin de l'année 2002. Objectif: permettre au centre hospitalier de se redresser, introduire les techniques modernes de gestion et favoriser la rigueur dans la gestion surtout au niveau de la comptabilité hospitalière et l'informatisation des procédures administratives et médico-techniques. A cette fin, une enveloppe de 60 millions de DH a été octroyée par l'Etat au CHIS.


Et les équipements du CHIS?

Vétusté est le mot qui exprime le mieux la dégradation du matériel du CHIS. Cela s'explique par “l'absence d'un entretien préventif et curatif”. Ces salles sont perturbées également par des insuffisances en matière de personnel qualifié comme les anesthésistes. Les services les plus concernés sont la radiologie et les blocs opératoires. “Le vieillissement des bâtiments, les insuffisances au niveau du renouvellement des équipements et l'absence d'une maîtrise sur le processus de maintenance entraînent des coûts élevés pour maintenir en état de fonctionnement le plateau technique du CHIS”, souligne le rapport. Amal BABA ALI

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