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Préparant sa troisième session : Le CNJA plaide pour la segmentation de la formation

Par L'Economiste | Edition N°:64 Le 28/01/1993 | Partager

Dans un contexte difficile, où peu d'emplois qualifiés sont créés, la troisième session du CNJA se tiendra les l6, 17 et 18 Février 1993 sous le thème " Quel le Education-Forrnation, Quel Emploi, pour le Maroc de demain". Elle traitera de l'adaptation du Système Educatif aux offres d'emplois. Les deux dernières sessions ont tenté de penser les solutions à des problèmes existant dans les milieux rural et urbain. Cette troisième session essayera de réfléchir à l'inadéquation de la formation et des emplois.

Trois commissions ont été formées et ont débuté leurs travaux à partir du 25 Janvier. La première commission est relative à "l'Ecole, l'Orientation et la Vie active". D'après les prévisions du CNJA, le nombre d'enfants non scolarisés à l'âge de 7 ans dépassera 170.000 en l'an 2000. Or, l'expérience prouve que la réduction de l'analphabétisme est un facteur favorable au développement socio-économique. Aussi, la défection enregistrée ces dernières années. au niveau des écoles, de la part des ruraux interpelle la commission sur l'adaptation de l'enseignement fondamental aux contraintes socio-économiques et sociologiques rurales.

La deuxième commission concerne les systèmes de formation, valorisation des ressources humaines et le rôle de l'entreprise. Cette commission vise à traiter un certain nombre de thèmes dont:

- le renforcement de la formation par famille professionnelle pour optimiser les qualifications concrètes et spécialisées,

- le développement des systèmes de formation en alternance en raison de la flexibilité et de l'adaptabilité qu'ils confèrent aux ressources humaines,

- l'investissement dans la formation des formateurs et dans l'amélioration de l'encadrement,

- le développement d'une politique des Ressources Humaines au sein de l'entreprise dans le sens d'une valorisation de l'emploi qualifié.

La troisième commission traitera de la relation "Université-Entreprise: Quel Partenariat". La formation universitaire occupe quantitativement une place stratégique. D'après l'études du CNJA, l'Université absorbe actuellement 90 % des étudiants. Elle continuera d'en absorber 80% en l'an 2000.

Cependant, les rapports entre les entreprises et l'Université ont toujours été empreints de difficultés. L'Université se considère comme investie d'une mission plutôt humaniste, chargée de transmettre un savoir et une culture désintéressée. L'Entreprise, de son côté, est prise d'efficacité et de recherche de cadres dotés de compétences concrètes et immédiates. Pour préparer cette troisième session, une étude sur les perspectives de l'emploi et du secteur productif a été réalisée par le CNJA. Les informations sur l'emploi utilisées proviennent principalement des deux derniers recensements de la population et des enquêtes sur la population active urbaine. Les projections de l'emploi par secteurs sont basées sur les prévisions à long terme effectuées par l'ancien Ministère du Plan. Ces prévisions intègrent les facteurs susceptibles d'affecter à la fois la production et la productivité dans chaque secteur. La méthode d'approche de projection adoptée dans ces travaux a consisté à distinguer, d'une part, le secteur agricole et les secteurs non-agricoles, et de l'autre, les milieux urbain et rural. Comme les variations de l'emploi dans le secteur agricole semblent relativement autonomes et régulières, l'évolution tendancielle a été extrapolée sur la période ouverte par la projection. En ce qui concerne les secteurs non-agricoles, l'évolution de l'emploi a été obtenue par différence entre la croissance de la productivité apparente du travail. Cette méthode suppose une liaison linéaire entre la croissance de ces trois variables, hypothèse qui se vérifie assez bien dans le long terme.

Cette étude fait apparaître, outre les problèmes d'alphabétisation et la faible instruction de la force de travail, la question du chômage des diplômés . Ce phénomène revêt une double signification. D'un côté, l'insuffisance de la capacité d'absorption, en terme d'emploi, de l'économie nationale est fondamentale. D'un autre côté, le système d'enseignement et de formation doit mieux articuler "ses produits" avec les besoins de l'économie en leur assurant également un "service après-vente". Par ailleurs, l'analyse des tendances de l'économie et de l'emploi a permis de mettre en relief les contraintes à leur évolution harmonieuse. Au niveau quantitatif, la croissance de l'emploi est soumise à une rigidité structurelle (évolution du taux de croissance, répartition sectorielle de la croissance...). Au niveau qualitatif, les emplois créés par I' économie présentent un profil qui traduit une faible valorisation des ressources humaines (faiblesse de l'emploi qualifié dans les emplois créés annuellement, degré de sous-encadrement des entreprises...). De ce fait, "il semble que le défi de l 'économie marocaine réside dans la double maîtrise de son rythme de croissance et de sa politique des ressources humaines. Cette dernière nécessite la recherche conjointe d'une meilleure articulation entre le système productif et le système éducatif ", note le rapport.

L.T.

Où seront les emplois demain?

Le CNJA a élaboré une étude pour la préparation de la troisième session du CNJA . Le système productif est analysé dans l'optique de la création de l'emploi. Des projections sont alors effectuées pour la décennie 1990 et l'an 2005.

Energie et Mines

Le secteur industriel incluant les activités minières et énergétiques pourrait contribuer à la création de 46.000 emplois par an durant la période 1991-95. Ce nombre pourrait même atteindre une moyenne de 62.000 emplois par an à la fin de la décennie 90.

Agro-alimentaire

Les industries agro-alimentaires dégageraient annuellement près de 12.100 emplois entre 1992 et l'an 2000 et 15.800 emplois entre 2001 et 2005. Près de 70% de ces emplois seront assurés dans les industries de conserve

Textile et cuir

L industrie du textile et du cuir continuera à être l'une des banches les plus dynamiques en créant 16.000 emplois annuellement au cours de la décennie 1990. Une amélioration de la structure de la qualification de l'emploi est prévue.

IMME

Bien que leur production soit fondée sur une utilisation intensive de capital, ces industries contribueraient à raison de 149 à la création d'emplois. Le changement le plus important à prévoir est l'augmentation du nombre des cadres intermédiaires et des cadres administratifs et techniques de formation supérieure. Leur part dans l'emploi industriel pourrait passer entre 1991 et l'an 2005 de 4,5 à 8.7 %.

B.T.P.

Une augmentation importante de la production du secteur des BTP est prévue. La mise en place de l'infrastructure générerait annuellement 18.000 emplois entre 1991 et 1995 et 23.000 postes entre 1996 et l'an 2000. Grâce à sa forte intensité en main-d'oeuvre, le secteur BTP pourrait être ainsi utilisé comme moyen de lutte contre le chômage. Avec la réglementation, la part des emplois des cadres intermédiaires augmentera de 4,2 à 15%.

Services

Le secteur des services, contribuera à 21% du total des créations d'emplois en milieu urbain, avec une moyenne de l'ordre de 40.000 emplois nouveaux par an.

Sur cent postes d'emplois qui seront créés dans les services, Il seront pourvus à des diplômés de l'enseignement supérieur. 5 à des cadres de niveau intermédiaire, 9 aux lauréats de niveau de la qualification de la formation professionnelle, 30 aux diplômés de l'enseignement fondamental, 42 aux non-diplômés et 3 aux enseignants.

Agriculture

Les créations d'emplois attendues dans le secteur agricole s'élèveraient en moyenne annuelle à près de 24.000 entre 1992 et l'an 2000.

Pêche

Le secteur de la pêche mobilisera un nombre important de chercheurs scientifiques dans le domaine de la masse biologique.

Les effectifs d'embarquement augmenteront en moyenne annuelle, à raison de 1.500 marins sur les navires de la pêche côtière, de 2.300 marins sur les navires de la pêche hauturière et de 1.100 marins sur les canots.

Administration

"Le .secteur public devra reprendre la place qui lui revient dans la régulation du marché du travail", juge le rapport. L'expansion des services publics nécessiterait la création de 32.000 emplois par an entre 1992 et 1996.

L.T.

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