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Lutte contre l'abattage clandestin : La Direction de l'élevage va assainir les circuits de la viande

Par L'Economiste | Edition N°:64 Le 28/01/1993 | Partager

L'abattage clandestin de la viande rouge accapare une moyenne de 15% du marché et satisfait une moyenne de 40% de la population nationale, selon une étude effectuée pour le compte de la Direction de l'Elevage. De nouvelles mesures seront prises pour agir sur les “pôles d'intérêts”, responsable du développement du marché parallèle. Dans la foulée, les pouvoirs locaux seront rappelés à ordre, pour appliquer la loi et renforcer le contrôle vétérinaire.

Tandis que se poursuit, à Casablanca, la lutte menée par les autorités locales contre l'abattage clandestin de la viande rouge, la Direction de l'Elevage, au Ministère de l'Agriculture et de la Réforme Agraire, prépare un train de mesures pour traiter le problème à la source. D'une portée nationale, ces mesures devront agir, en amont et en aval, sur les circuits d'approvisionnement et de commercialisation de la viande rouge au Maroc. Deux volets complémentaires dominent ces mesures. Il s'agit, d'une part, de l'abrogation d'un ensemble de textes réglementaires, responsables en partie du maintien du marché parallèle de la viande. Il s'agit, d'autre part, de l'application stricte d'autres textes qui séparent les fonctions de gestion et d'inspection vétérinaire dans les abattoirs. En effet, au mépris de la loi, les municipalités, propriétaires des centres d'abattage, et gestionnaires de fait, concentrent entre leurs mains le contrôle vétérinaire. Or, ce dernier doit être assuré par un corps indépendant de l'abattoir et du directoire municipal, pour une question évidente d'impartialité.

Pour le premier volet, le désarmement juridique sera enclenché, avec la publication au B.O. dans un proche avenir, de deux décrets modificatifs. Le premier libéralise l'abattage de certains bovins mâles. Quant au second, il atténue les restrictions portées à l'abattage de certaines femelles bovines. Ces deux textes affecteront le jeu de l'offre et de la demande des bestiaux dans les souks, pourvoyeurs des abattoirs en bétail de boucherie.

En effet, en l'état actuel, l'abattage de ces animaux reste régi par deux décrets pris en 1974, portant restriction à l'abattage des femelles bovines et des bovins mâles. C'est ainsi que la loi interdit, d'une part, "l'abattage des femelles bovines n'ayant pas au moins quatre dents de remplacement". Et d'autre part, "l'abattage des bovins mâles castrés ou non, ne pesant pas deux cents Kilogrammes vifs s'ils ont moins de quatre dents de remplacement". Et d'autre part, "l'abattage des bovins mâles castrés ou non, ne pesant pas deux cents kilogrammes vifs s'ils ont moins de quatre dents de remplacement". Ces dispositions avaient été prises dans un contexte dominé par le souci de protéger le potentiel génétique pour la recomposition du cheptel de base. Entrées en application, ces dispositions restrictives ont développé, au fil des années, des effets pervers, se traduisant par l'apparition de circuits parallèles d'abattage. En effet, le bétail de boucherie, frappé d'interdiction, est dévalorisé dans les souks, car les chevillards des abattoirs ne les achètent pas, ou plutôt ne peuvent pas les acheter. C'est le cas, notamment, des génisses et des jeunes bovins mâles interdis à l'abattage légal. Dépréciés, ces animaux sont, en revanche, achetés par les commerçants du marché parallèle, à des prix très bas. Abattus "clandestinement", au mépris de l'inspection sanitaire, la viande est cédée à des prix sensiblement inférieurs à ceux du marché officiel, en raison du différentiel des taxes et frais d'abattage. A l'heure actuelle, ces interdictions n'ont plus raison d'être. Autant donc les abroger. Seront également abrogés les textes relatifs à la commercialisation de la viande foraine et à l'encadrement des prix. Ces derniers seront incessamment libéralisés.

Le second volet de ces mesures, préparées par la Direction de l'Elevage, vise à rappeler à l'ordre les pouvoirs locaux afin de respecter les textes en vigueur en matière d'inspection vétérinaire. Pourquoi les pouvoirs locaux ? Tout simplement parce que les 40 abattoirs municipaux, équipés de froid, qui existent au Maroc, sont la propriété des municipalités. Ces dernières en assurent également la gestion et le contrôle vétérinaire, rendu obligatoire par le dahir du 8 Octobre 1977, relatif à l'inspection sanitaire et qualitative des animaux

vivants, et des denrées animales ou d'origine animale. Or, il est précisé dans les textes que "les fonctions d 'inspection sanitaire et qualitative (...) sont assurées par les vétérinaires inspecteurs assistés des adjoints techniques de la Direction de l'Elevage" Dans la pratique, le vétérinaire inspecteur, auquel la loi confère justement la qualité d'officier de police judiciaire, se trouve, en sus de ses fonctions, impliqué dans la gestion des affaires de l'abattoir. Ce qui ne manque pas d'interférer, d'une manière ou d'une autre, sur son impartialité au niveau de l'inspection. "Comment peut-on être à la fois juge et partie?", est-il fait remarquer à la Direction de l'Elevage. "Tel que pratiqué, le service de contrôle vétérinaire est assis entre deux chaises. Administrativement, il relève de la municipalité, et techniquement, il relève de la Direction de l'Elevage. Il y a une incompatibilité", poursuit-on. Toujours dans le chapitre des anomalies, les abattoirs municipaux, dont' l'âge moyen s'élève, à quelques exceptions près, à 28 ans, sont qualifiés de "catastrophe". A charge des collectivités locales de les rénover ou d'en construire de nouveaux. "Au lieu de changer les trottoirs ou les lampadaires, il vaudrait mieux mobiliser l'investissement collectif dans la construction de nouveaux abattoirs. La salubrité publique a, elle aussi, un prix", conclut-on à la Direction de l'Elevage.

Abdelkhalek Zyne

Derb Ghallef après les fermetures

Les dernières descentes de la commission de lutte contre l'abattage clandestin à Casablanca n'ont pas affecté, outre mesure, la vie commerciale au quartier populaire de Derb Ghallef à Casablanca, véritable chef-lieu du marché parallèle de la viande rouge. En effet, à peine quelques rideaux sont-ils baissés.

Au total, une quinzaine de locaux ont été fermés à Derb Ghallef, essentiellement dans la rue de Abderrahmane Zemmouri et l'impasse du Maâden. Le reste des boucheries, visiblement en règle, sont toujours ouvertes, avec à la clé, une différence de taille: La viande commercialisée est couverte à outrance par des roulettes rouges. Preuve de bonne foi? Pas pour autant car le tampon des abattoirs a été maintes fois contre fait. "Le consommateur doit faire attention. Notre tampon est lisible, indélébile et codé", fait observer le Dr Amouzigh, Directeur des Abattoirs de Casablanca.

Toutefois, la durée de fermeture n'est pas mentionnée. Une omission ?

Non. "Les fermetures sont définitives jusqu'à nouvel ordre", explique le Dr Amouzigh qui a aussi la qualité d'officier de police judiciaire. Il ajoute que, dans le cadre de l'actuelle campagne menée à l'échelle de toute la Wilaya, les autorisations d'exploitation des boucheries contrevenantes sont retirées et une procédure judiciaire est ouverte par le Parquet. Les poursuites pénales sont engagées sur la base d'un P.V, dressé sur place, matérialisant l'infraction. Mais parfois, des "communications", selon les termes du Dr Amouzigh sont aménagées avec les lieux d'habitation . Ainsi, à la moindre alerte, la viande abattue clandestinement est transférée d'une maison à une autre. "La pièce à conviction", qui servira de base de poursuite disparaît.

Le Directeur des abattoirs affirme que ces aménagements effectués n'ont pas été prévus dans le cadre de l'autorisation initiale d'exploitation d'une boucherie. Par conséquent, ils sont illégaux.

A.Z.

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