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    Economie

    Pour préserver son environnement : Rabat doit investir dans trois stations d'épuration

    Par L'Economiste | Edition N°:204 Le 16/11/1995 | Partager

    Les rejets d'eaux usées sans traitement dans le Bou-Regreg compromettent la qualité de vie de la ville de Rabat. De plus, le traitement des ordures ménagères pose de sérieux problèmes. Le Ministère de l'Environnement insiste notamment sur la nécessité d'investir dans des stations d'épuration.

    Le Ministère de l'Environnement tire la sonnette d'alarme sur la nécessité d'installer des stations d'épuration d'eaux usées pour la ville de Rabat. "Les besoins sont évalués à 3 stations", affirme un responsable du Ministère. Le coût d'investissement est de 300 DH/habitant. Actuellement, le coût de collecte et d'élimination des déchets solides de la ville est évalué à 82DH/ habitant/an.

    En amont, la ville est alimentée en eau potable par le barrage Mohammed Ben Abdellah sur le Bou-Regreg. Il couvre les besoins de Rabat jusqu'en l'an 2020.

    En aval, le fleuve conduit les rejets d'eaux usées vers la mer. Actuellement, il est caractérisé par une très forte concentration en matière organique. "La qualité de l'eau varie dans le temps et dans l'espace en liaison étroite avec les cycles de marée. Les teneurs en oxygène dissous ont chuté, entraînant des pertes de faune et de flore aquatique", précise le responsable du Ministère.

    Les conséquences sur la qualité de la vie sont mesurables. En effet, le rejet des eaux usées sans traitement engendre le dégagement de mauvaises odeurs, la dégradation de la qualité des eaux du fleuve et la pollution de la plage.

    560 tonnes d'ordures ménagères/jours

    Le taux de branchement de la population sur le réseau d'assainissement est de 95%. Les réseaux primaire et secondaire sont en bon état de fonctionnement. En revanche, "le réseau tertiaire, le plus important, avec ses 80% de linéaire, fait l'objet de sérieux dysfonctionnements". Les problèmes résultent principalement de la présence d'ordures. Ils bouchent le réseau de canalisations, en raison de l'insuffisance d'entretien par faiblesse de budget. En effet, seulement 3% du budget de fonctionnement des communes est consacré à l'assainissement.

    Si le taux de collecte des déchets domestiques est estimé à 100%, par contre le traitement des ordures ménagères pose de sérieuses difficultés. La population de Rabat produit quotidiennement environ 560 tonnes d'ordures ménagères. Ces déchets contiennent plus de 70% de matières organiques et sont très riches en eau. En raison de leurs caractéristiques physiques et chimiques, ils ne peuvent être incinérés.

    En revanche, leur forte teneur en matières fermentescibles (87%) favorise le traitement par compostage. De plus, les 28% de matériaux (métaux, tissus, verre, plastiques, papiers et cartons) sont potentiellement recyclables.

    Seuls 23% des déchets de la ville de Rabat sont compostés dans l'unité de traitement des ordures ménagères. Le reste est envoyé dans une ancienne carrière au site de l'Oued Akrach.

    Près de 3% des déchets sont récupérés et recyclés par le biais des filières qui restent encore informelles. Des programmes ont été réalisés récemment en vue de généraliser, d'une part, les bennes tasseuses, et d'autre part, l'utilisation de 250 bacs à ordures de 1.200 litres.

    Protection de l'environnement

    Parallèlement, des actions de sensibilisation ont déjà débuté, concernant l'assainissement solide, mais elles sont encore embryonnaires. Il est prévu, pour concrétiser ces actions, l'instauration de décharges contrôlées, la mise en place d'un triage à la source au niveau des ménages afin d'augmenter le taux de recyclage et de valorisation, la création d'une déchetterie. Le triage à la source suppose une sensibilisation de la population à utiliser des conditionnements adéquats. Pour la mise en décharge, des démarches ont été entreprises en collaboration avec le Ministère des Travaux Publics et la Direction des Collectivités Locales pour identifier un nouveau site sur le plateau d'Akrach.

    Les déchets industriels sont de 40.000 tonnes par an. Ils sont récupérés ou mis en décharge à proximité des unités industrielles qui les produisent. Les déchets des abattoirs sont de l'ordre de 1.010 tonnes par an et sont traités pour 80% dans un incinérateur. Le reste est enfoui en décharge. La production de déchets médicaux est d'environ 1.350 tonnes par an. Près de 2 tonnes sont incinérées, une autre partie est récupérée et recyclée. Le reste est mis en décharge avec tous les risques de contamination qu'ils comportent.

    Alors que la protection de l'environnement devrait être une priorité, elle ne mobilise que 3% des emplois publics et 0,4% des emplois privés. Ce sont les communes qui emploient le plus grand nombre de personnes dans ce domaine. A ce niveau, 65% des emplois concernent le nettoyage des voies publiques et la collecte des déchets ménagers. L'entretien des espaces verts occupe 15% des emplois, le réseau d'assainissement 9%, le bureau municipal d'hygiène 6% et les plages 2%.

    La pollution à Rabat: Les actions entreprises

    La ville de Rabat connaît un important taux de pollution dû à l'ampleur du trafic routier. En effet, les transports contribuent pour plus de 95% à la pollution atmosphérique de la ville. Le parc de véhicules représente actuellement 17% du parc national. Il est en constante augmentation. Des actions sont entreprises dans la lutte contre la pollution de l'air et ce, depuis 1988. Le Ministère de l'Environnement a préparé un projet de loi contre cette pollution, présenté lors du dernier Conseil National de l'Environnement en juin 1995.

    De plus, la Préfecture de Rabat a entamé des actions pour l'amélioration de la circulation au sein de Rabat. Il est prévu notamment 6 projets pour alléger la traversée de la ville.

    Une voie de contournement de la ville

    Le projet de construction d'un pont sur le Bou-Regreg

    Le renforcement de la route côtière

    Un pont reliant Hay Riad à Yacoub El Mansour

    Une rocade urbaine de 3 km

    L'aménagement du Carrefour Ibn Sina

    La ville comptait une population de 623.457 habitants en 1994. Bien qu'en ralentissement ces douze dernières années, le taux d'accroissement se situe autour de 1,42% et est surtout le fait de l'exode rural. La densité moyenne est de 4.270 habitants. Elle varie de 2.100 à 19.400 habitants/km2 selon les communes.

    En matière de services sociaux, la ville est bien pourvue par rapport à la moyenne nationale. Sur le plan médical, il existe 1 lit pour 177 habitants et 1 médecin pour 622 personnes, alors que le ratio au niveau national se situe autour de 1 lit pour 350 habitants et 1 médecin pour 3.000 habitants. Le taux de préscolarisation est également nettement supérieur à celui de l'ensemble du pays. Il atteint 82% et dépasse de loin la moyenne nationale de 64% et régionale de 66%.

    Rabat s'est surtout fortement développée autour des activités administratives. Celles-ci représentent 17 % des emplois de la ville. Rabat concentre plus de 16% des fonctionnaires du pays.

    Le tourisme est aussi une activité économique pour la ville. Rabat réalise environ 5% des nuitées nationales avec 4% des lits au niveau national.

    Les activités industrielles sont en revanche réduites et concentrées dans deux zones industrielles: Yacoub El Mansour et Youssoufia.

    F.M.

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