×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Europe

Partenariat: L'UE contrôle désormais ses sous

Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

L'Union Européenne investit beaucoup sur le partenariat Nord-Sud. Mais l'ouverture dans les deux sens a un prix.


"Nous ne donnons plus de chèques en blanc". C'est clair, net et précis. L'Union Européenne ne veut plus aujourd'hui jouer au "Père Noël" et répète inlas-sablement ce même discours. Elle demande de la part de ses partenaires "de gros efforts administratifs, financiers et politiques"(1). Le temps des aides sans garantie de résultat est révolu. Aussi tout financement nouveau doit-il être accompagné de plans d'évolution solides et crédibles.
C'est un "partenariat stratégique" dont il est question, mais aussi un engagement constant. De son côté, l'UE devra elle aussi accélérer ses procédures lentes et très lourdes. Aujourd'hui, seuls trois pays (Suède, Danemark et France) sur les 15 ont ratifié l'accord d'association conclu entre le Maroc et l'UE.
Par ailleurs, le Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs souhaite conclure un accord-cadre pour la gestion des fonds MEDA avant la conférence de Malte. Sur l'enveloppe des 450 millions d'Ecus pour le MEDA, 190 millions ont été approuvés: 120 millions destinés à l'appui de l'ajustement structurel, 40 à l'adduction de l'eau potable et 30 à la construction de pistes rurales.
Dans tous les cas, les efforts que devront fournir les partenaires du Sud doivent être "énormes", souligne un fonctionnaire de la Commission Européenne, tels que ceux fournis par l'Espagne qui a vécu son adhésion comme un choc et qui connaît aujourd'hui un taux de chômage de 23%. En filigrane apparaissent aussi la nécessité, sinon l'urgence, de réforme juridique, de sécurité juridique pour les investissements et une Justice forte.

Bon partenaire, mais...


A Bruxelles, le Maroc est considéré comme "un bon partenaire ayant passé l'étape de l'ajustement structurel" . Au terme d'une décennie de réformes, les résultats atteints par le Maroc ont apporté des améliorations parmi lesquelles un meilleur équilibre budgétaire et la viabilité de la balance des paiements depuis 1993. Cependant, souligne un rapport sur le programme indicatif 1996/98 sur le Maroc, la décélération de la croissance sur dix ans est considérée préoccupante (fragilisée par les fluctuations climatiques). De 1985 à 1995, l'accroissement du PNB par habitant, en moyenne annuelle, a été en dessous de 1%.
Par ailleurs, "le chômage demeure élevé (16% de la population active) et les indicateurs sociaux en deçà de ceux des pays comparables". Aujourd'hui, il reste à régler le "gap" entre le milieu rural et le milieu urbain, un environnement où manque une vraie "culture d'entreprise", un appareil productif fragile... Une présence plus soutenue et acharnée serait souhaitable pour le lobbying que veut mettre en place le Maroc.
Un premier pas semble avoir été franchi par la création en février 1996 d'un bureau de la CGEM à Bruxelles. Le Maroc a ouvert le bal et est le premier pays méditerranéen à initier cette opération. Reste à la renforcer.

De son côté, la Tunisie est aussi citée comme un bon partenaire avec une "remarquable organisation" permettant de promouvoir la mise à niveau de l'économie. La coopération financière avec ce pays est l'une des plus efficaces en Méditerranée. Sur le plan interne, la restriction de certaines libertés (droits d'expression, d'opinion, d'association et de liberté de mouvement) est justifiée officiellement par le maintien d'un climat propice au développement du pays. "Néanmoins, cette ligne politique dure, non seulement éradique les partis (islamistes) potentiellement dangereux et les partis d'opposition légale, mais étend son contrôle déjà omniprésent dans les différentes institutions jusqu'à la vie quotidienne des Tunisiens", souligne un rapport sur le programme indicatif 1996/98 sur la Tunisie.

De son côté, l'Algérie, dont les négociations de l'accord d'association ont démarré il y a une quinzaine de jours, est encore embourbée dans la violence. Les observateurs tablent sur les prochaines élections législatives, pierre angulaire du processus démocratique.
Aujourd'hui, l'UE cherche à renforcer la coopération sur son flanc sud. Les accords d'association signés et ceux en cours constituent la base d'une nouvelle forme de relation qui doit unir les deux rives. Les potentialités de la région sont immenses. Mais une ouverture brutale risquerait de laisser des bleus et de gros bleus. Aussi le développement qui se produit doit-il passer par la réforme des structures sociales et économiques.
Autre fait nouveau, le dialogue politique. Mais beaucoup regrettent l'absence d'un dialogue entre les pays maghrébins et l'échec de la constitution d'un marché commun de ce côté de la rive. Bruxelles juge que la ZLE est déterminée par les relations Nord-Sud mais également par les relations Sud-Sud dans le sens d'un élargissement des marchés.

Meriem OUDGHIRI

(1) Une visite d'information à Bruxelles pour les journalistes du Maghreb a été organisée par la Commission Européenne du 17 au 21 mars 1997. L'objectif était de mieux faire connaître l'UE et ses institutions, ainsi que l'état d'avancement du partenariat euro-méditerranéen.





  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc