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Europe

Les derniers préparatifs pour Malte

Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

Le partenariat euro-méditerranéen et la culture du dialogue, notamment politique, sont en cours. Malte ne sera pas une copie de Barcelone, mais l'occasion de tirer un premier bilan 17 mois après.


Ce ne sera pas un second Barcelone ni "une photo de famille qui sera prise à La Valette", précisent d'emblée les fonctionnaires de la Commission Européenne. L'Union Européenne s'active fébrilement ces dernières semaines à la préparation de la Conférence euro-méditerranéenne des Ministres des Affaires étrangères qui se tiendra à Malte les 15 et 16 avril 1997. Pour cela, visites officielles et ballets diplomatiques se multiplient. Dix-sept mois après Barcelone, cette conférence ne sera pas le "big-bang", mais le suivi et le bilan. Il s'agira en quelque sorte d'une conférence de travail où il ne faudra pas s'attendre à de grandes déclarations mais à des conclusions sur la mise en oeuvre de Barcelone.
La Déclaration de Barcelone est ambitieuse. Mais côté pratique... les choses ne sont pas si évidentes et le partenariat a du mal à démarrer. Des observateurs affichent d'emblée leur déception de ne pas voir la traduction économique des recommandations politiques. L'UE est consciente de cette situation. Différentes explications sont avancées. La première a trait aux mécanismes internes de l'Union. De plus, le partenariat euro-méditerranéen se construit à un moment où l'UE elle-même entreprend une nouvelle mutation avec l'élargissement à l'Est, l'introduction de l'Euro et l'installation de la Banque Centrale Européenne. Cette mutation revêt une importance considérable pour les partenaires méditerranéens qui effectuent la majorité de leurs échanges avec l'Union et en reçoivent la majorité des investissements privés.

Disparités


Autre explication: la déclaration finale de Barcelone avait pour objectif de tenter de "trouver un rééquilibrage dans les relations Nord-Sud et Sud-Sud". Cependant, la collaboration des pays sud-méditerranéens entre eux ne va pas de soi. Les disparités de revenus et de stades de développement économique au sein de ces pays sont importantes. De plus, la transition ne s'effectuera pas sans difficultés. Pour y faire face, le Nord s'est proposé de poser sur la table une enveloppe de 4,685 milliards d'Ecus pour la période 1995-99. Cependant, la mise en oeuvre des accords de libre-échange et l'augmentation de l'assistance financière seront à elles seules insuffisantes pour assurer le succès du partenariat si elles ne sont pas accompagnées d'une accélération du rythme de modernisation et d'adaptation des structures économiques dans les pays méditerranéens.
Dans tous les cas, la conférence de Malte devra consacrer celle de Barcelone qui a donné le coup d'envoi d'une politique régionale spécifique entre les deux rives. Face aux événements et aux défis qui se développent à ses portes, l'Europe se découvre un vide politique. Aussi apprend-elle aujourd'hui à avoir une politique étrangère, d'autant plus qu'elle est l'un des plus grands pourvoyeurs de fonds de la région. Le processus de paix au Moyen-Orient, qui a suivi la Guerre du Golfe, lui a rappelé que ce sont les Etats-Unis qui lui raflent la mise. C'est pourquoi l'UE a décidé de mener une politique active en Méditerranée pour en faire une "zone de paix et de stabilité". Aux relations de pays à pays, l'UE veut adosser un "dialogue multilatéral". Mais le véritable dialogue politique, élément clé du partenariat, s'effectuera dans le cadre des accords d'association.

Provocations


De plus en plus, l'Europe prend conscience que sa sécurité implique la consolidation de la paix et du développement dans la région méditerranéenne. Ce volet semble aujourd'hui compromis par les provocations d'Israël. L'attitude de ce pays est considérée comme un sabotage de l'oeuvre historique lancée par Rabin et Arafat.
Le partenariat euro-méditerranéen, adopté à Barcelone, comporte trois corbeilles étroitement liées. Il s'agit du partenariat politique et de sécurité, du partenariat économique et financier, et du partenariat social, culturel et humain. Ce dernier chapitre est le moins avancé et beaucoup espèrent que Malte lui donnera l'impulsion nécessaire. D'ailleurs, la révision du traitement communautaire de l'émigration figure dans le calendrier de l'UE. Ce seront donc ces trois volets qui seront examinés à La Valette avec un projet de charte de stabilité.
L'espace euro-méditerranéen est, comme le qualifie un fonctionnaire européen, "le business-man qui se promène avec sa mallette". Mais il restera encore beaucoup de chemin à faire pour arriver à cette vision et tirer les économies de la région au niveau européen. "Pour construire un marché unique en Europe il a fallu 30 ans. Pour la région, il faut bien commencer", rétorque un autre fonctionnaire.

Meriem OUDGHIRI

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