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Oriental: Voyage au cœur des averses!
DNES, Faiçal FAQUIHI

Par L'Economiste | Edition N°:2882 Le 16/10/2008 | Partager

. Routes impraticables et «infortune» touristique . A l’est, la province de Figuig-Bouârfa sinistrée . Des ponts arrachés par des pluies diluviennes Des touristes, un circuit et des intempéries! Leur guide, Ahmed Ouled Eddarzi, ne sait plus où donner de la tête. Il doit prendre une décision avisée et vite. A l’hôtel Climat du Maroc, unique établissement classé à Bouârfa, 25 touristes suisses et allemands attendent. Ils sont arrivés lundi soir, le 13 octobre, de Oujda. De son côté, Edouard Kunz, dit «Edy», gérant d’une agence de voyages, Suprateam Travel, est accroché à son téléphone portable. Suisse de nationalité, cet homme d’une soixantaine d’années réside au Maroc depuis 15 ans. Inutile de prendre des risques. Connaissant bien la région, ce baroudeur vétéran tente d’avoir des informations précises sur l’état de la route reliant Bouârfa à Errachidia. Ce qui n’est pas aisé. Edy finit par en obtenir des bribes auprès de certains hôteliers de Tinghir. Il devait, selon son planning, emmener ses clients vers Erfoud et Merzouga, en vue de passer la nuit à Tinghir. Le programme semble gâté. Les averses qui se sont abattues sur l’est du Maroc ont causé, depuis la semaine dernière, de gros dégâts matériels et humains, notamment à Nador. En guide averti, Ouled Eddarzi, avec plus d’une dizaine d’années d’expérience, tente d’obtenir à son tour des informations sûres auprès, cette fois-ci, de la Gendarmerie de Bouârfa. «Une partie du pont Belarbi a été carrément emportée par les torrents», affirme l’adjudant Abderahmane Bouachachane. La brigade est en état d’alerte. Les provinces de Figuig-Bouârfa et d’Errachidia ont été déclarées zones sinistrées. Elles dépendent de deux régions différentes: l’Oriental et le Tafilalet. De vendredi à dimanche, Bouârfa, centre administratif de la province, s’est retrouvée submergée, selon plusieurs témoins. Certains habitants ironisent: «Il a fallu se déplacer en zodiac»! Loin d’être insensibles, les Bouarfaouis sont devenus, depuis le temps, «immunisés» contre l’adversité (voir L’Economiste du 25/12/06: Dans la région d’Oufkir, même les mouches s’ennuient!).Toujours est-il qu’une réunion d’urgence s’est tenue le 13 octobre, au siège de la préfecture de Bouârfa. Plusieurs responsables, le wali de la région de l’Oriental, la Gendarmerie, les directeurs régionaux (ONE, Onep, équipements…) ont dressé un bilan avant de fixer les dispositions à prendre. Le temps presse. Car la direction de la Météorologie vient d’annoncer de nouvelles perturbations, notamment dans l’Oriental. Déjà, de fortes précipitations ont été enregistrées. Elles ont dépassé de 7 à 8 fois les valeurs pluviométriques normales. L’Oriental, en tant que région géographique, s’étend sur près de 110.000 km2. Elle inclut, partiellement, des provinces administratives limitrophes (Taza, Errachidia et Boulemane. Cette dernière est également déclarée zone sinistrée). L’unité géographique de la région est fondée sur l’aridité de son climat qui l’oppose au Maroc atlantique. Sous forme d’un grand polygone, l’Oriental, en tant que région administrative, s’étend sur 82.820 km2, soit 11,6% du territoire national. Plus grande que la Belgique ou les Pays-Bas et aussi vaste que la Jordanie ou l’Autriche, la région se compose d’une préfecture (Oujda-Angad) et cinq provinces: Nador, Berkane, Jerrada, Taourirt et Figuig, dont relève Bouârfa. Entre Oujda et Bouârfa, L’Economiste -qui a parcouru en deux jours près de 2.000 km- a relevé sur le terrain l’ampleur des dégâts. Les espaces de cette région désertique sont quasiment boueux. A l’entrée-est de Bouârfa -route qui mène vers Errachidia- un panneau jaune et noir prévient: «Voie impraticable», à cause des averses. Aucune déviation non plus. Une vieille Peugeot à l’horizon. Son jeune conducteur, habitant à Bouârfa, s’arrête. Il accepte de nous emmener vers oued Belarbi (route d’Errachidia). En cours de route, une patrouille de gendarmes nous invite à rebrousser chemin: «Il est trop risquer de s’approcher». Personnes ne passe. Ni bêtes, ni hommes. En fait, «le pont a cédé et la route est coupée depuis plusieurs jours», affirme le président de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), Seddik Kaâbourri. Bouârfa, qui se situe à 280 km de la côte méditerranéenne, enregistre annuellement près de 200 millimètres de pluie. «Son quotient pluviométrique (17) est le plus faible de la région, juste avant celui de Figuig (9)», selon Gérôme Calvaire, un géologue belge de passage dans la région. Quoi qu’il en soit, l’adjudant de la brigade de Bouârfa est catégorique: «Il est impossible de prendre la route qui mène à Errachidia. Plusieurs villages se trouvent entre ces deux villes : Mengoube, Bouaânan, Boudnib. Ce dernier verra son pont également détruit par les pluies diluviennes. A l’heure où nous mettions sous presse, ils étaient encore isolés par les flots torrentiels. A la Gendarmerie, l’on indique que «la délégation locale du département de l’Equipement est en train de restaurer le pont Belarbi». Mais la situation ne sera pas rétablie avant plusieurs jours. La messe est dite. Ainsi Edy, le guide et les touristes devront rebrousser chemin vers Oujda et Fès, soit 620 km de bitume à parcourir. «C’est la solution la plus sage, pour la sécurité de nos clients. S’il y a une possibilité de passer, la Gendarmerie doit nous fournir un document signé et cacheté. Il faut se couvrir juridiquement vis-à-vis de nos assureurs, de nos partenaires dont les tour-opérateurs…», affirme le gérant de Suprateam Travel. D’autant plus que les contrats qui les lient relèvent pour la plupart de la législation européenne. Pour sa part, le guide attitré du circuit, Ahmed Ouled Eddarzi, n’a pas perdu son sens de l’humour: «Il y a des gens qui sont prêts à payer pour vivre ce genre d’imprévu. Là c’est gratuit».

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