×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Mondial 2010
Un vote à contre-courant

Par L'Economiste | Edition N°:1770 Le 18/05/2004 | Partager

. Le Maroc poursuivra la réalisation des chantiers ouverts. Blatter a offert sur un plateau l’organisation à l’Afrique du Sud“La Coupe du monde n’était qu’un élément dans un plan stratégique pour le développement”. L’affirmation est de Saâd Kettani, président du Comité de candidature marocain. La déclaration a été recueillie, presque à chaud, après l’annonce officielle de l’attribution de l’organisation de l’édition 2010 de la prestigieuse compétition, à l’Afrique du Sud. Kettani n’est pas déçu, mais “amer”, comme tous les Marocains qui avaient cru aux chances du Royaume. Joseph Blatter en a décidé autrement. A contre sens de la plus élémentaire des logiques. Vendredi soir, Blatter affirmait que “la délégation marocaine a présenté, devant le Comité exécutif de la FIFA, un excellent travail et que le Maroc a présenté une très forte candidature”. C’était sa seule déclaration se refusant à en faire d’autres concernant les autres candidats.Lors de la conférence de presse, qui a suivi l’annonce du pays organisateur, le même Blatter a relevé comment “le Maroc était très confiant, il y a encore quelques semaines, en raison de son très bon dossier”. Blatter a savamment calculé son coup : il fallait endormir les Marocains. Le stratagème a réussi. Et la FIFA aura perdu quelque peu de sa crédibilité puisque ce sont les calculs politico-politiciens qui ont fini par l’emporter. Le vote en faveur de l’Afrique du Sud s’est finalement effectué sur la base de considérations politiques et non sur les données du dossier technique. Autrement, comment expliquer que l’organisation de l’édition 2010 soit confiée à l’Afrique du Sud alors que les quatre membres du Comité exécutif représentant tout le continent africain ont tous voté pour le Maroc. Même le Botswanais Ismail Bhamjee. Là aussi, Blatter a réussi à naviguer à contre-courant, traînant dans son sillage quelques membres qui lui sont inféodés. Il y a 4 ans, dans la course à l’organisation de la Coupe du monde 2006, l’Afrique du Sud avait été coiffée au poteau par l’Allemagne (11 voix contre 12). L’abstention au dernier moment du Néo-Zélandais Charles Dempsey avait fait pencher la balance en faveur de l’Allemagne. Une ultime partie de golf avec l’Allemand, Franz Beckenbauer, avait amené Dempsey à lâcher le pays de Mandela et à offrir l’organisation de la Coupe du monde 2006 à l’Allemagne. Le même scénario s’est-il répété à Zurich où Blatter avait été surpris en train de sabler le champagne avec Mandela? C’était le vendredi 14 mai. La veille du vote du Comité exécutif. A quelle occasion ? On le devine: le lendemain, l’Afrique du Sud est déclarée organisatrice du Mondial 2010. Drôle de coïncidence. La nuit du 14 au 15 mai a été longue. Pour tout le monde. Pour Saâd Kettani, c’était une nuit blanche qui s’était achevée dans le noir. Les ultimes contacts, via Issa Hayatou et Slim Aloulou, n’avaient pas abouti. Même le puissant Ben Hammam n’avait rien pu faire. Quant au Français Michel Platini, il s’est contenté à son arrivée au World Trade Center, d’un “no comment” lourd en enseignements. Rien ne va plus, les jeux sont faits, étaient déjà faits. Il fallait, cependant, trouver une raison au cérémonial- mascarade du vote et de l’annonce du pays organisateur. Une mise en scène, savamment orchestrée, élimina la Libye avant même le vote. Sous le prétexte que ce pays répétait qu’il tenait toujours à la candidature commune. Intelligent Blatter : en décidant qu’il n’y ait pas de vote pour la Libye, on évite le report de voix, notamment sur le Maroc, à l’occasion d’un 2e tour, somme toute hypothétique. Il aurait été possible de signifier à la Libye que sa candidature ne tenait pas et lui éviter même de faire sa présentation le vendredi. Comme ce fut le cas pour la Tunisie. Idem pour l’Egypte qui n’a obtenu aucune voix. Ce pays a d’ailleurs commencé à faire ouvertement campagne en faveur de l’Afrique du Sud, dès vendredi 14 mai dans l’après-midi. Dans les rues du Caire, on a éclaté de joie dès l’annonce du résultat du vote du Comité exécutif. Et la solidarité arabe ? Le Maroc, déjà candidat malheureux en 1988, 1992 et 2000, a cru en ses chances. D’autant plus que c’est grâce à ses candidatures répétées que l’idée d’attribuer la Coupe du monde à un pays africain a fait son chemin. Ne fut-il pas le premier en 1987, à prendre à bras-le-corps ce projet si cher aux Africains? Ne devrait-il pas être le premier à en bénéficier? Le Maroc a, en outre, le précieux avantage d’être géographiquement très proche de la vieille Europe, contrairement à l’Afrique du Sud. Il a aussi su surmonter avec réalisme les lacunes de ses précédentes candidatures en présentant cette fois-ci un dossier ficelé de manière professionnelle, complémentaire et convaincante.Ces vendredi et samedi, 14 et 15 mai, resteront gravés dans la mémoire collective, non seulement des Marocains mais aussi de l’opinion publique internationale. “Le jury mondial composé de milliards de téléspectateurs qui ont suivi la présentation du dossier marocain a établi son jugement”, dira Saâd Kettani. Et ce jugement est en faveur du Maroc.


Les risques de Blatter

Joseph Blatter vient de mettre la sécurité des spectateurs en danger. Nul n’a pourtant le droit d’exposer ces spectateurs à des risques d’agression. L’Afrique du Sud a, en effet, l’un des taux de criminalité les plus élevés au monde. Plus de 260.000 agressions graves, 20.000 meurtres et 40.000 viols y sont enregistrés chaque année, selon des statistiques officielles. Pire encore : trois villes parmi celles retenues pour abriter les compétitions arrivent en tête du taux de criminalité. Il s’agit de Johannesburg, Durban et Le Cap. Ajouter à cela que 600 personnes décèdent chaque jour du sida dont 5,3 millions de Sud-Africains sont atteints.


La Turquie pour le Maroc

L’ambassade de Turquie au Maroc a assuré à l’Economiste que même si le vote pour l’organisation de la Coupe du monde est secret, la délégation de son pays avait des instructions claires pour voter pour le Maroc tant en raison des intérêts privés entre les deux pays que des liens historiques qui les lient. Selon la même source, la candidature marocaine a même été soutenue au plus haut sommet du gouvernement d’Ankara. Jamal Eddine HERRADI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc