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Licences appliquées: En attendant la réforme

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

L'expérience des licences appliquées de la Faculté des Lettres Ben M'sik entame sa sixième année. En attendant la réforme de l'enseignement supérieur, elles risque de mourir.


Les licences appliquées sont-elles condamnées à disparaître?
L'hypothèse n'est pas à exclure. La filière est confrontée à des difficultés financières et statutaires. Créées au début des années 90, les licences appliquées avaient essentiellement pour objectif de pallier les lacunes de la formation universitaire classique, notamment en termes d'intégration professionnelle. L'expérience a été menée au sein de la Faculté des Lettres Ben M'sik à Casablanca, un des rares établissements à avoir l'infrastructure appropriée. En effet, la faculté disposait déjà d'ateliers dans de nombreuses disciplines: communication, arts graphiques, audiovisuel et animation culturelle notamment. Ce qui a facilité le lancement du projet. «Une infrastructure qu'il a fallu tout simplement institutionnaliser», rappelle M. Hassan Smili, ancien doyen de la Faculté de Ben M'sik et promoteur de l'idée.
Bien que ces formations soient, à bien des égards, novatrices, leur pérennité est aujourd'hui sérieuse-ment menacée.
«Les licences appliquées ne peuvent pas s'épanouir dans le système de formation actuel», explique M. Smili.
En fait, ces formations avaient pour objectif de donner un
avant-goût de la réforme de l'enseignement supérieur. La réforme, justement, piétine. Ce qui ne manque pas de susciter des interrogations sur l'avenir de ces filières.

Pour évaluer le bilan des licences appliquées, une commission mixte du Ministère de tutelle/faculté constituée au mois de mai dernier, a rendu ses premières conclusions.
Le coût de ces formations a été jugé trop élevé.
En fait, le constat n'a rien de nouveau. Pour résoudre l'équation du financement, l'ex-doyen devait régulièrement faire appel à des partenaires externes. Pendant les six dernières années, la coopération française a financé en grande partie le projet, à travers l'achat de matériel audio-visuel, en fournissant la documentation ou encore en indemnisant les animateurs étrangers.
La conception actuelle pourrait être remise en cause. Des licences appliquées, nouvelle formule, pourraient voir le jour. «Une chose est sûre, des projets de réformes sont à l'étude», indique M. M'Barek Rabi, doyen de la Faculté des Lettres Ben M'sik.

Gestion rigide


«Tel qu'il est conçu actuellement, le mode de fonctionnement des licences appliqué est rigide. il est urgent d'élaborer de nouveaux textes de loi si l'on veut les rendre plus efficientes" , indique Mme Béatrice Bertrand, chargée de l'Animation et de la Communication qui soulève par la même occasion la question de la rémunération des encadreurs. «L'encadrement de ces disciplines préprofessionnelles repose sur le bénévolat et la générosité des animateurs marocains. Situation qui ne peut plus durer longtemps».
La gestion des licences appliquées pose depuis de nombreuses années la question de l'indemnisation des enseignants.
En effet, du point de vue statutaire, les animateurs privés n'ont pas droit à une rémunération comme c'est le cas pour les professeurs universitaires et les fonctionnaires. Pour de nombreux enseignants, ce facteur limite sérieusement la valorisation intellectuelle de ces filières.
Les équipes d'encadrement manifestent en ce moment leur démotivation et leur décou-ragement. La survie de ces nouvelles licences dépend de la modernisation de leur gestion. La balle est dans le camp de la réforme.


Admission sur projet


Les diplômés du premier cycle universitaire s'intéressent davantage aux licences appliquées de la faculté des lettres de Ben M'Sik. Il s'agit de quatre filières en arts graphiques, en communication, en animation culturelle et en audiovisuel. «L'intérêt pour ces licences appliquées s'inscrit dans un environnement où la culture connaît un engouement de la part du public et tend à se professionnaliser. Ces formations auront donc le mérite de participer au développement culturel du pays», explique Mme Bertrand.
«A travers ces filières, les étudiants acquièrent un savoir-faire professionnel. Résultat: une intégration plus facile sur le marché de l'emploi ", dixit Mme Bertrand.
L'admission des nouveaux postulants se fait tous les deux ans faute de moyens humains et matériels pour assurer la charge et l'encadrement de deux promotions en même temps.
Les étudiants intéressés par ces formations sont issus de plusieurs horizons. Pour assurer leur inscription, ils doivent présenter un projet culturel et posséder des acquis linguistiques. La sensibilité artistique est aussi prise en compte.

Un peu près de 15 étudiants sont admis par promotion et par filière. Pour l'année en cours, le département de l'animation culturelle a reçu 400 dossiers. La même situation est notée dans les autres filières.
Les inscrits mettent en pratique leurs connaissances à travers leur participation dans l'organisation du FITUC (Festival International du Théâtre Universitaire de Casablanca), du Festival Art Vidéo ainsi qu'aux différents événements culturels et artistiques.
Côté embauche, les deux promotions précédentes de l'animation culturelle ont été recrutées à hauteur de 70%. Pour cette année, sept offres d'emploi émanant de plusieurs structures culturelles comme les librairies, les centres culturels, les galeries d'art...ont été enregistrées.
Les observateurs justifient l'engouement pour ces licences par le choix limité en termes d'études universitaires supérieures et surtout par la nature de la formation.

Mohamed DOUYEB




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