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Economie

L'hôpital, pas aussi bon marché que ça!

Par L'Economiste | Edition N°:2243 Le 28/03/2006 | Partager

. Un lit en réanimation vaut 1.493 DH/jour. Le diabète et la péritonite, maladies les plus chères. Plus de 80% des dépenses hors hôpitalSaviez-vous qu’une des maladies au coût le plus élevé est le diabète? Ou que le coût d’une dialyse à l’hôpital public est plus cher que dans le privé? L’édition 2005 d’une étude, réalisée par la direction des Hôpitaux et des Soins ambulatoires dans plusieurs établissements publics de soins de santé, vient bouleverser de nombreuses idées reçues concernant le coût de la santé publique.A priori, la santé privée est plus chère que la santé publique. A priori, car, dans les faits, des différences de taille apparaissent dans de nombreux cas, et pas des moindres. Rappelons que l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam) propose un forfait par séance de 750 DH. Une séance de dialyse, un des traitements les plus lourds à supporter par les patients, coûte plus cher à l’hôpital. Selon l’étude, le prix de revient d’une séance est de 1.280 dirhams à l’hôpital contre 850 dirhams dans une clinique privée. Cela ne représentera pas forcément ce que le patient paiera à la sortie de l’établissement de santé. Les variations des frais d’hospitalisation (nuitée) sont tout aussi flagrantes aussi bien entre les services au sein d’un même hôpital qu’entre public et privé. Ainsi, le coût d’une journée d’hospitalisation varie entre 133 dirhams dans un service de traumatologie d’un hôpital et 1.493 dirhams dans le service réanimation. Dans le privé, les prix sont parfois moins élevés. Une journée d’hospitalisation dans un service de traumatologie coûte 800 dirhams et à partir de 2.200 dirhams en réanimation. A noter que ces prix n’incluent que les nuitées dans une clinique privée. Les soins médicaux et médicamenteux ne sont pas pris en compte. Les factures peuvent être doublées ou triplées, selon les cas. . Disparités régionalesIndépendamment des grandes différences qui existent entre les deux secteurs, c’est la productivité des établissements publics qui est pointée du doigt. L’entrée en vigueur de l’Assurance maladie obligatoire pose le problème avec davantage d’acuité. Car, c’est d’équilibre du système et de rationalisation des dépenses publiques dont il s’agit. Et l’hôpital coûte cher avec, bien entendu, des disparités entre les régions et les prestations. Parmi les 20 pathologies les plus fréquentes, ce sont celles nécessitant une intervention chirurgicale majeure (césariennes, appendicites, cholélithiases, cataractes) ou les pathologies à fortes ressources en médicaments qui coûtent le plus cher. Selon l’étude réalisée, le coût moyen en médicaments est de 178,5 dirhams par maladie. L’enquête relève l’existence de quatre grands groupes de pathologies. Les plus chères sont le diabète et la péritonite. Elles représentent un coût moyen par jour élevé et demandent également une durée d’hospitalisation élevée. Deuxième grande catégorie: les cataractes, maladies chroniques des amygdales, hernies ombilicales et cryptorchidies. Les accouchements spontanés apparaissent dans la catégorie des pathologies les moins chères (moins de 250 dirhams). Enfin, la dernière catégorie inclut plusieurs types de maladies (abcès cutanés, lésions de la tête, infections bactériennes du nouveau-né…). Dommage que l’étude ne fournisse pas suffisamment de données concernant les prix. La majorité des dépenses sont toutefois effectuées hors hôpital. Selon l’étude, sur une dépense totale moyenne de 1.237 dirhams, 170 dirhams sont payés à l’hôpital et 1.067 hors-hôpital. Le reste concerne les médicaments (355 DH), l’imagerie médicale (118 DH) et le laboratoire (66 DH). Les Marocains indigents se soignent exclusivement dans les hôpitaux et représentent 75% de l’ensemble des patients alors que les mutualistes et assurés ne représentent que 5,4%. L’hôpital public manque de ressources et les subventions de l’Etat restent insuffisantes. Les médecins exercent dans des conditions difficiles et ne peuvent pas toujours respecter les minima nécessaires pour «bien se consacrer à leur travail». A titre d’exemple, un chirurgien effectue en moyenne cinq interventions par semaine, une performance «néfaste» pour le bon exercice de la profession. La pléthore des effectifs n’arrange guère les choses. 77 à 81% des dépenses de fonctionnement sont consacrés au personnel. A l’instar de l’ensemble des secteurs de la Fonction publique, les lourdes charges salariales continuent à grever les budgets et empêcher des investissements conséquents dans d’autres activités, notamment le développement de plateaux techniques qui sont actuellement détenus à hauteur de 80% par le privé. L’AMO intègre toutefois de nouvelles donnes. Plusieurs mesures devraient accompagner le nouveau système, notamment la rationalisation des dépenses. Mais le ministère de la Santé en a-t-il vraiment la volonté? Amale DAOUD

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