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Economie

La pauvreté a un visage de femme

Par L'Economiste | Edition N°:2243 Le 28/03/2006 | Partager

. Des déficits dans l’éducation, la santé, la représentativité politique. Zoom sur le dernier rapport du PnudLe rapport 2005 sur le développement humain au Maroc, du Pnud, est sans concessions. Ce sont les femmes, plus particulièrement celles issues du monde rural, qui accumulent le plus grand retard en matière de développement humain. Le document, élaboré conjointement avec le Haut-Commissariat au Plan (HCP), a opté pour une approche pour le moins originale: celle du genre. Le Maroc s’en trouve toujours logé à la même enseigne en matière de développement humain, celle de la 124e place mondiale. «Le Maroc avance certes, mais il n’est pas le seul. D’autres pays font mieux», estime Emmanuel Dierckx de Casterlé, représentant résident du Pnud au Maroc. Les retards concernent la place des femmes dans deux secteurs vitaux: l’éducation et la santé. Si, globalement, le taux d’analphabétisme demeure élevé (43%), il est encore plus accentué chez les femmes (54,7% contre 30,8 chez les hommes). Ce constat est encore plus prononcé dans le monde rural où le pourcentage des femmes ne sachant ni lire ni écrire est de 62,2% contre 32,5 en milieu urbain. Dans l’enseignement primaire, la tendance prête à l’optimisme. Quelque 95,1% des filles dans le milieu urbain sont scolarisées (97,1% chez les garçons). Dans le monde rural, ce taux est de 84,2% contre 93,4 pour les garçons. Dans le secondaire, les taux sont nettement moins réjouissants. Seuls 60,3% des enfants âgés de 12 à 17 ans poursuivent leurs études. Chez les filles, ce taux est de seulement 53,1% contre 61,5 pour les garçons. Dans le supérieur, et si le taux général ne dépasse guère 8,9%, les inégalités entre les deux sexes tendent à se réduire. Les filles dans les écoles techniques représentent le plus gros des effectifs. Les femmes diplômées du supérieur représentent 45% de l’effectif des diplômés. En matière d’accès aux services de santé, ce sont les femmes qui payent le plus le prix de la faiblesse de l’engagement de l’Etat. «La santé représente 5,3% du budget de l’Etat et à peine 1,2% du PIB. 4/5 de ce budget sont alloués aux dépenses de fonctionnement. Et seuls 16,4% des Marocains sont couverts par l’assurance maladie», a rappelé Malika Benradi du HCP. Les faiblesses du secteur demeurent de taille. Le nombre d’habitants par médecin est 1.845, contre 4.233 auparavant. Par paramédical, ce nombre est passé de 1.025 à 1.104. Le nombre d’habitants par lit d’hôpital est passé de 968 à 1.146. La distance moyenne pour se rendre à un hôpital est de 21 km pour les ruraux et 5 km pour les citadins.Résultat: le taux de mortalité maternelle est de 227 décès pour 100.000 naissances vivantes. Le taux de mortalité infantile est 40‰ en 2004, contre 19‰ en 1960. Une évolution positive a cependant été enregistrée. Elle concerne la vaccination qui a bénéficié à 89,1% des enfants âgés de 12 à 23 mois en 2003 contre 76% en 1992. Elle a également trait au taux de prévalence contraceptive qui est passé à 63% en 2003 contre 41,5 en 1992. Une meilleure prise en charge de la santé reproductive des femmes a également été remarquée. Les possibilités d’amélioration dans l’avenir se situent dans l’assurance maladie obligatoire (AMO), le régime d’assistance médicale aux économiquement démunis et dans l’assurance maladie pour les non-salariés.Des perspectives prometteuses sont également soulignées par rapport au statut de la femme. L’évolution de l’arsenal juridique est applaudie. A commencer par le code de la famille (une famille plus égalitaire), le code du travail (lutte contre les discriminations) et le code pénal (une meilleure protection des femmes contre les violences). La révision de l’article 6 du code de la nationalité et le nouveau livret de famille (pour une pleine citoyenneté des femmes) sont également mis en valeur. Cela se traduit par une meilleure pénétration des femmes dans le champ politique. 10,77% des parlementaires sont des femmes. Les femmes occupant des hautes fonctions représentent 10,43% du total. 530 des 3.000 juges que compte le Maroc sont des femmes. On compte une femme sur 30 hommes au Conseil des oulémas. «L’avancée est significative mais la représentativité est toujours faible», tranche le rapport. Pour ses auteurs, cette situation interroge les politiques de développement mises en place, interpelle la redistribution équitable des fruits de la croissance et «pose la question fondamentale de l’égalité des chances, en particulier entre les hommes et les femmes et en faveur de l’inclusion des jeunes».


Le chômage au féminin

Le poids du chômage chez les femmes est des plus significatifs. Le Maroc compte 11,01 millions d’actifs âgés de plus de 15 ans. Le taux d’activité est de 52,6% pour les hommes et 28,4% pour les femmes. «Il faut préciser que les femmes rurales travaillent dans leur majorité sans contrepartie, l’activité étant au compte du père ou le mari», a précisé Benradi. Le taux de chômage, de 10,8%, est plus prononcé chez les femmes (11,4%). D’une moyenne de 28,5%, le taux de chômage des diplômés est de 37,4%. Une importante féminisation de l’emploi est enregistrée par rapport aux pays similaires où le taux des femmes actives ne dépasse guère 27,3%. Mais les disparités demeurent de mise. Plus de 54% des femmes salariées touchent moins que le Smig (contre 39% pour les hommes). Quelque 92,3% des femmes rurales travaillent dans l’agriculture. Dans les villes, les activités des femmes sont concentrées dans le textile, l’agroalimentaire et les activités de service. Le statut du travail des femmes s’inscrit à hauteur de 53,3% dans le cadre de l’aide familiale, contre 22,4% pour les garçons. Cela traduit entre autres le net recul des mariages précoces. Dans le milieu rural, l’âge de mariage est passé à 25,5 ans pour les femmes et 29,5 ans pour les hommes. En milieu urbain, l’âge de mariage est désormais de 27 ans pour les femmes et 32 ans pour les hommes.Tarik QATTAB

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