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Le redéploiement stratégique d'une holding au Sahara

· Ne plus dépendre du poulpe

Par L'Economiste | Edition N°:414 Le 04/01/1999 | Partager

Le Comptoir Commercial et Industriel Derhem (CCID) se lance dans de grands chantiers pour l'année prochaine. Filiale de la holding sahraouie "Derhem", elle procède à un véritable redéploiement stratégique. A la base de son ascension, un segment "vache à lait" dans la région: la congélation.


Stratégie de diversification, maîtrise des sources d'approvisionnement, organisation de la production, élaboration d'un système d'information... De grands chantiers, et surtout de grands challenges à relever. Le jeu en vaut la chandelle, rétorque M. Slimane Derhem, directeur général du CCID. Ce manager de la deuxième génération, (son père s'était lancé dans le business en 1941) est l'architecte de cette expérience de la congélation des produits de la mer, sous le nom Comptoir Commercial et Industriel Derhem (CCID). Créée en 1992, cette société est arrivée actuellement à s'imposer comme la plus importante usine de congélation à Dakhla. Aujourd'hui, un mot d'ordre est scrupuleusement respecté au niveau de l'état-major de la société: la non-dépendance au poulpe. Ainsi, le redéploiement de sa stratégie s'est centré autour de la diversification. "Cela permettra d'opérer un véritable effet de synergie entre les différentes filiales du groupe", explique M. Derhem. Cinq activités sont ainsi visées dans le cadre de cette diversification. Il s'agit d'abord de la congélation avec la création de la société Cosapêche, d'ores et déjà opérationnelle. "Il est hautement stratégique d'augmenter notre capacité de congélation compte tenu de l'ouverture du port de Dakhla et ses effets d'entraînement sur l'activité économique de la ville", analyse M. Derhem. Second projet du CCID, la pêche côtière qui figure parmi les projets à terme et ce, à partir du mois d'avril par la création de la société Satpêche. Troisième activité, la fabrication de glace. Le démarrage de Rio Glace est prévu pour mars prochain. Quant à l'aquaculture, le projet sera opérationnel à partir de l'an 2.000, assure M. Derhem. S'y ajoute enfin la société Cintrapêche. Ayant déjà démarré, cette filiale a pour principale activité la pêche du poisson pélagique.

Générant 80 emplois, l'investissement global induit par la politique de diversification est évalué à 21,5 millions de DH. Autofinancé à hauteur de 44%, le reste (12 millions de DH) est consenti par des crédits bancaires à moyen terme. En fait, il s'agit plus d'une intégration que d'une diversification. En effet, la pêche côtière, la fabrication de glace et la congélation de produits de la mer sont tous des segments de la même filière pêche. M. Derhem ne cache pas toutefois son inquiétude quant à l'avenir du secteur. "Si la grande pêche aussi bien marocaine qu'étrangère continue à utiliser les mêmes techniques de pêche, il y a de fortes chances de voir le stock halieutique de Dakhla s'effondrer".

200 millions de DH de CA


La diversification opérée vise ainsi, non seulement à éliminer tout effet de dépendance par rapport à une seule branche d'activité, la congélation en l'occurrence et son corollaire le poulpe, mais aussi à explorer d'autres gisements comme l'aquaculture. "Les recommandations de la FAO sont d'ailleurs claires: l'aquaculture est la branche d'activité de l'avenir", affirme M. Derhem. S'inscrivant dans le même esprit entrepreunarial que la diversification, la société CCID se fixe comme axe prioritaire de renforcer la recherche & développement. Un choix stratégique qui se justifie aussi par l'environnement jugé "turbulent" de la pêche artisanale.
Par ailleurs, l'observation de l'évolution des investissements de la CCID depuis sa création en 1992 jusqu'aujourd'hui est édifiante. Avec une mise de départ de 2,5 millions de DH, la société a enregistré en 1997 un investissement cumulé d'environ 24 millions de DH. En fait, à l'origine de ces investissements, se trouve une demande énorme, notamment auprès des Japonais. Et pour preuve, l'évolution exponentielle de la production ainsi que du volume des ventes. Les chiffres en témoignent: de quelques centaines de kilos réalisés en 1992, la production a atteint presque 4.000 tonnes en 1996. L'année 1997, en revanche, a été moins bonne en raison du manque d'approvisionnement. La production s'est établie à moins de 3.000 tonnes. Même logique en matière de volume de vente. Peu de quantités vendues en 1992, le pic a été atteint en 1996 avec presque 200 millions de DH de chiffre d'affaires. Le créneau de la congélation est une véritable "vache à lait". Mais la dynamique de l'histoire industrielle a souvent montré comment une vache à lait chute au point mort.


Port de Dakhla: Confiance et scepticisme


Quel scénario est prévu pour le trafic dans le port de Dakhla? La question n'est pas saugrenue, puisqu'il s'agit du grand port d'Afrique. C'est du moins ce qu'avancent les industriels de Dakhla. L'investissement global pour la construction de ce port est de 370 millions de DH. Accusant un retard important dans le délai d'exécution prévu, l'état d'avancement des travaux est aujourd'hui à 55%. Selon les responsables de l'ODEP, le port sera opérationnel à partir de l'été 2000. Curieusement, l'approche de la date de démarrage du port serait plus une source d'inquiétude que d'optimisme pour les industriels de Dakhla. En effet, ces derniers s'interrogent sur l'usage prévu pour ce port. Sera-t-il réservé exclusivement à la pêche côtière? où à la grande pêche? où bien encore, pour les deux à la fois? Et dans ce cas, quelle est la proportion pour chaque catégorie? Face au scepticisme affiché des industriels de Dakhla, les responsables de l'Office se montrent par contre confiants. Rendez-vous dans une année.

Hassan BOUCHACHIA

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