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Success stories industrielles en série

Par L'Economiste | Edition N°:414 Le 04/01/1999 | Partager

Se situant en aval de la filière pêche, l'industrie de congélation est quasiment le seul moteur de l'économie de la ville de Dakhla. Ce sont 18 PME qui font le bonheur de cette ville. De plus, quelque 70 millions de Dollars ont été exportés en 1996 par la pêche artisanale.``


A Dakhla, les success stories industrielles se suivent et se ressemblent. Dernier exemple en date, celui de Fadili Frigo. Cette entreprise a été créée avec un investissement de 6 millions de DH. A l'échéance du 15 décembre, Fadili Frigo a couvert 50% de ses engagements, soit 3 millions de DH. En fait, cette situation est exceptionnelle compte tenu de la grande quantité de poulpe pêchée au mois de novembre. Ainsi, M. Ahl Baba Hamma, âgé de 23 ans et propriétaire-gestionnaire de Fadili Frigo, ne compte atteindre son seuil de rentabilité qu'à partir de l'année prochaine. Ce qui est quand même une jolie performance industrielle.
Les success stories continuent, consacrant le règne de l'industrie de congélation à Dakhla. Quelque 10 entreprises ont ouvert durant ces deux dernières années, une autre dizaine d'unités est prévue pour l'année prochaine. Les usines de congélation demeurent le principal moteur de l'économie de cette ville enfouie dans le Sahara marocain. Se situant à l'aval de la filière pêche, cette industrie a exporté en 1996 quelque 70 millions de Dollars en FOB à partir du Port d'Agadir, principalement vers le Japon. A titre de comparaison, la flotte céphalopodière marocaine a exporté, la même année, 220 millions de Dollars.

Une donnée sociologique est néanmoins à relever dans le tissu entrepreunarial de Dakhla. La moyenne d'âge des propriétaires-gestionnaires ne dépasse pas 28 ans. Serait-ce l'alternance des générations ou s'agit-il plutôt de la démission d'une génération devant l'autre, plus entreprenante, voulant se débarrasser de la malédiction culturelle selon laquelle le privé manquerait d'esprit d'initiative? Sur les 18 entreprises de congélation de Dakhla, deux s'adjugent la part du lion. Il s'agit du Comptoir Commercial et Industriel Derhem (CCID) et de Dakmar. A elles seules, elles détiennent 36% de la capacité de congélation et de stockage de la ville. Ainsi, durant le seul mois de novembre, ces deux entreprises ont produit respectivement 1.758 et 877 tonnes de poisson, notamment de poulpe.
Côté prix, il varie généralement entre 20 et 40 DH le kilo. Classifié de 1 à 9 pour le poulpe de première classe, le prix du tako (poulpe en japonais) est compris entre 3.050 et 6.000 Dollars la tonne. La deuxième classe est de 15% moins chère. Mais pour des milliers de tonnes, cela constitue une coquette somme qui permet d'amortir un investissement de 3 millions de DH en 45 jours.


Gestion des capacités


Autre "recette" dans le management des entreprises de Dakhla, la gestion des capacités. L'expérience du 1er novembre est édifiante à cet égard. En effet, la grande quantité de poulpe pêchée début novembre a rapidement déclenché la réaction des usines de congélation. Mais malgré cette rapide réactivité des industriels pour stopper l'approvisionnement de leurs frigos, la chute du prix du poulpe n'a pas pu être évitée. Le prix d'achat a baissé jusqu'à atteindre 3 DH et ce, le 1er novembre 1998.
Loin "de brader notre plume ou de raconter des histoires à dormir debout", comme l'a écrit l'Association des Pêcheurs Artisanaux à Dakhla (APAD), ceci est l'explication toute simple, pour ceux qui ne l'ont pas encore compris, de la loi élémentaire de l'offre et de la demande. Par ailleurs, nous nous excusons auprès de l'APAD et de nos lecteurs pour l'erreur commise au niveau de la date de la chute du prix du poulpe: Il s'agissait de novembre au lieu de décembre.o

Espionnage commercial


Sur les 18 usines de congélation implantées à Dakhla, 80% des investissements se situent entre 5 et 6 millions de DH. La capacité de chaque unité, construite sur une superficie généralement de 600 m2, est de 12 tonnes par jour avec deux tunnels de refroidissement à moins de 45°C. Faute d'énergie suffisante, ces micro-usines sont contraintes de s'équiper en groupes électrogènes.
Côté distribution, le circuit s'articule autour de quatre principaux maillons. Il s'agit tout d'abord du pêcheur qui fournit la matière première. Deuxième maillon, l'intermédiaire ou le mareyeur s'approvisionnant auprès du pêcheur pour le compte de l'usine de congélation, cette dernière étant le troisième segment. Et enfin, viennent les entreprises japonaises s'appuyant sur des contrats de vente en exclusivité avec les usines pour assurer leur approvisionnement. Pour la plupart des petites unités de congélation, le contact s'effectue à travers des intermédiaires coréens.
De plus, chaque usine dispose d'inspecteurs-classificateurs pour veiller à la qualité du produit exporté. Mais il y a aussi le revers de la médaille. La présence d'étrangers dans l'usine est souvent le moyen d'espionnage commercial en faveur des clients japonais, expliquent les professionnels. Selon ces opérateurs, quatre principales entreprises japonaises font la pluie et le beau temps dans la filière pêche à Dakhla. Il s'agit d'abord de Maruha qui s'approvisionne notamment auprès de la pêche hauturière totalisant quelque 60% des prises marocaines de poulpe. S'y ajoutent ensuite les sociétés Nitchere, Kanematsu et Itochu. Ces dernières absorbent respectivement 35% 26% et 12% de la production de la pêche artisanale.

Pour l'heure, les capacités de congélation et de stockage de la ville de Dakhla ne dépassent pas, respectivement 350 tonnes et 2.500 tonnes par an. Pour autant, les micro-usines ne tournent qu'à 25% de leur capacité, affirme M. Silmane Derhem, directeur général de la société CCID (Comptoir Commercial et Industriel Derhem). Toutefois, l'ouverture du Port de Dakhla, prévue pour l'été 2000, induira incontestablement une demande plus forte en matière de congélation et de stockage. Et d'ores et déjà, quelque 2.000 demandes sont déposées pour la construction d'usines dans la zone industrielle du Port de Dakhla, est-il souligné auprès de l'ODEP.

Hassan BOUCHACHIA

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