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    Le groupe ESIG dans l'étau de Kafka

    Par L'Economiste | Edition N°:814 Le 20/07/2000 | Partager

    • Le projet d'implantation d'un campus du groupe à Marrakech est en souffrance depuis 1991• Malgré un acompte reçu sur le terrain, l'ERAC n'a pas régularisé la situation avec les Domaines• Excédé, le promoteur dénonce le manque de transparence et la politique de deux poids deux mesuresNEUF ans. Neuf ans déjà que M. Azzedine Bennani, le tenace président du groupe ESIG (Ecole Supérieure Internationale de Gestion), attend ce terrain maudit à Marrakech. Au moment où les autorités ont décidé de mener une guerre contre les entraves à l'investissement, l'histoire apparaît comme un véritable pied de nez.Flash-back. Début des années 90, M. Bennani qui dit «concevoir la stratégie de son organisation avec la philosophie d'une PME« anticipe le développement de son groupe. Sur d'amicales sollicitations des autorités locales, il décide alors d'implanter un centre doté d'un campus àMarrakech. Avec une capacité d'accueil de 308 étudiants, ce campus devait permettre d'absorber une demande supplémentaire, dont celle toujours plus nombreuse provenant de pays d'Afrique subsaharienne. En avril 1991, le président de 'ESIG obtient une promesse de vente d'un terrain de 12.000 m2 auprès de l'ERAC-Tensift pour y ériger ce qui aurait dû être le premier campus intégré de son groupe, bien avant celui situé sur la route de Bouskoura à Casablanca (La Colline). Une clause stipule que le contrat ne serait définitif que lorsque l'ERAC-Tensift aura acquis ce terrain auprès des Domaines. Entre-temps, le promoteur verse à titre d'acompte la moitié de la valeur estimée du terrain (1,440 million de DH). Pour lui, c'était dans la poche car le rachat des terrains auprès des Domaines est une procédure classique utilisée au demeurant pour de nombreux projets. Il fixe même la pose de la première pierre le 3 mars 1992. Les plans sont faits et approuvés par la Commune, l'architecte et l'ingénieur de béton armé payés. Depuis, plus rien. La machine bureaucratique est entrée en marche. Kafka aussi. Le projet n'a pas avancé d'un iota à ce jour. Pourtant, ce maudit terrain est toujours non bâti et entre-temps, un autre promoteur (dans l'enseignement privé) a construit pas loin un établissement dans des conditions presque identiques (rachat du terrain auprès des Domaines). Pourquoi ce qui a marché dans un cas ne marcherait pas dans l'autre? s'interroge M. Bennani. Il fustige l'Administration pour son manque de transparence. «Si c'est de cette façon que l'on va stimuler l'investissement, alors bonjour les dégâts«. Si l'ERAC n'est pas d'accord avec les Domaines, ce n'est pas à l'investisseur d'en subir les conséquences, renchérit-il.L'affaire du groupe ESIG est loin d'être un cas isolé, car il existe malheureusement des centaines de situations de ce type dans tout le pays. Pour le patron de l'ESIG, «elle démontre des dysfonctionnements avec des conséquences graves sur la croissance«.Pour sortir de l'impasse, il fait le tour des administrations centrales: l'Education Nationale, l'Habitat, l'Intérieur, etc. Il obtient de l'ERAC-Tensift trois propositions: primo, l'affectation d'un nouveau lot sur la route de San, mais trois fois plus cher que le terrain initial, composé de deux compartiments séparés par une avenue de 30 mètres de largeur. Inacceptable, tonne M. Bennani, qui décline l'offre «car en plus du prix, le site ne présente aucune commodité pour un établissement d'enseignement«. Secundo, le remboursement de l'acompte versé en 1991, mais à la valeur nominale. La suggestion fait bondir le président de l'ESIG: «Imaginez un instant que ce soit un promoteur qui ait immobilisé l'argent de l'Etat autant d'années. Lui permettrait-on de rembourser sans pénalités?« La troisième proposition, et c'est elle qui est mise en oeuvre depuis cette semaine, la réactivation de la procédure auprès des Domaines. L'ERAC-Tensift vient de saisir officiellement cette administration et espère trouver une solution définitive au problème. Mais pourquoi avoir attendu si longtemps? Au siège de l'organisme à Marrakech, on reconnaît que le cas de l'ESIG est anormal. Il y a peut-être eu omission, justifie-t-on. Les procédures de régularisation sont longues et prennent dans le meilleur des cas trois ans. Abashi SHAMAMBA


    Accueil d'étudiants chinoisAu terme d'un accord conclu avec l'Université Internationale de Pékin, des étudiants chinois viendraient poursuivre leur formation dans les centres de l'ESIG. Une vingtaine d'entre eux sont attendus à la rentrée en septembre. De son côté, et dès le premier semestre 2001, l'ESIG va introduire une nouvelle matière consacrée à l'économie chinoise dans son programme. Un professeur de l'Université de Pékin assurera ce module de 45 heures destiné aux étudiants en commerce international. Par son poids économique, le géant communiste est incontournable; il pourrait devenir un important partenaire de l'économie marocaine, justifie M. Azzedine Bennani, président du groupe ESIG. Cette coopération va au-delà du simple cadre académique pour embrasser les prestations de consulting. Dans quelques semaines, un premier groupe d'étudiants de l'ESIG va effectuer un voyage d'études de mise en relation des entreprises marocaines et chinoises dans le domaine du textile. Le tout, sous l'encadrement d'enseignants marocains.Créée en 1985, l'ESIG compte aujourd'hui un réseau de 16 établissements à travers le Maroc à Casablanca, Fès, Marrakech et Rabat. Outre la formation initiale et continue, le groupe s'est frayé une place dans le domaine du conseil. Il est intervenu plusieurs fois en Afrique subsaharienne dans le cadre de programmes financés par la Banque Mondiale. Au total, un millier d'étudiants et stagiaires fréquentent ses centres auxquels il faut ajouter une centaine de cadres dirigeants inscrits dans le programme MBA assuré en partenariat avec l'Université de Sherbrooke (Québec).Le groupe emploie 80 enseignants permanents et 200 autres y assurent des vacations. Les étudiants du cycle normal reçoivent un double diplôme, le local et le titre canadien de l'Université du Québec. En revanche, le troisième cycle fonctionne entièrement sous la supervision académique de l'Université du Québec.Dans son plan de développement, le groupe projette de construire un campus à Rabat dans la région de Hay Riad. L'investissement est évalué à 18 millions de DH.
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