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    La Sodea et la Sogeta optent pour la fusion

    Par L'Economiste | Edition N°:918 Le 18/12/2000 | Partager

    . La fusion des deux sociétés sera accompagnée par un recentrage sur un noyau dur. Cette restructuration nécessiterait près de 1,12 milliard de DHPourquoi les pouvoirs publics laissent-ils deux sociétés de la taille de la Sodea et la Sogeta sombrer sans prendre des mesures immédiates de redressement? La question qui taraude le personnel depuis plusieurs années s'achemine peut-être vers une réponse. Suite au rapport du Comité d'experts, les deux sociétés ont élaboré un plan de restructuration qui se propose de donner «une réponse définitive« à leur problématique. Jusque-là, les précédents modèles de réforme ont montré leurs limites. Le contrat-programme de 1996, tombé en désuétude, offre un exemple éloquant.A la place du scénario de la dissolution proposé par les experts, la Sodea et la Sogeta suggèrent leur fusion en une seule structure avec un recentrage sur un noyau dur réduit et rentable. Cette fusion sera réalisée selon un calendrier précis. Elle entrera en vigueur le 31 juillet 2001 et nécessitera près de 1,12 milliard de DH. L'opération de sauvetage commencerait dès le mois prochain par l'identification du noyau dur. Selon le rapport, cette phase annonce le processus de désengagement de l'Etat de la production agricole et l'ouverture de la voie de la privatisation. Les deux sociétés proposent la restitution au Domaine privé de l'Etat de 60% des terres qu'elles gèrent actuellement, soit près de 77.000 hectares. Le futur organisme ne garderait que 46.000 ha. Cette restitution servira, entre autres, à encourager l'installation des ingénieurs agronomes et combler les besoins des unités agro-industrielles. Mais comment ces terrains seront-ils attribués? Deux formules sont avancées. La première, basée sur la vente, nécessite une réforme de la législation. Actuellement, la cession des terrains agricoles domaniaux est interdite par la loi. La vente pourrait se heurter à d'autres problèmes. Beaucoup de terrains agricoles sont occupés par la population qui y travaille. D'autres font l'objet de contentieux entre l'Etat et les personnes ayant acquis des lots durant le protectorat. La deuxième formule est la location. Selon le rapport, cette opération ne nécessite aucun débat politique et dépend uniquement des orientations gouvernementales. Mais les scénarios envisagés ne promettent pas une réussite totale. D'une part, il y a l'expérience de la location ouverte des terrains de la COMAGRI, qui s'est soldée par un échec retentissant. Et d'autre part, les inconvénients de la location exclusive pour les ingénieurs agronomes. Ce type de location risque en effet d'être confronté à l'inexpérience des lauréats et aboutirait à un morcellement des terrains.Après la restitution, la nouvelle structure, née de la fusion, recentrera ses activités sur les secteurs stratégiques comme les semences et les plants. La préservation de cette mission répond à des soucis de sécurité alimentaire, en raison de la faible implication du secteur privé dans cette filière. Jusque-là, les opérateurs se sont montrés frileux quant à l'investissement dans la reproduction végétale à cause notamment de sa faible rentabilité. Le taux d'utilisation actuelle ne dépasse pas les 11% sur une production annuelle de près de 600.000 quintaux. Pour créer des variétés performantes, il faut du temps, des infrastructures spécialisées et surtout beaucoup d'argent. Ce que le privé ne peut assurer pour le moment. Sur le long terme, l'Etat compte privatiser cette filière. En plus des superficies réservées à la production des semences, le futur organisme se verra octroyer 10.000 hectares de patrimoine arboricole pour produire des agrumes. Les terrains agrumicoles serviront à l'élaboration d'un référentiel de normes techniques portant sur la production, le conditionnement et la commercialisation. En revanche, près de 4.000 hectares seront réservés à la viticulture. Actuellement, les entreprises publiques assurent entre 60 et 70% de la production. Cette activité devra à terme tomber dans le giron du privé. La nouvelle entité se verra aussi octroyer près de 2.000 hectares pour les pépinières.Mais c'est au niveau social que le futur organisme devra concentrer ses efforts. Le rapport prévoit une réduction des effectifs de près de 53%. Le fonctionnement de la nouvelle entité sera assuré par environ 800 agents contre 1.700 actuellement (mis à part les ouvriers occasionnels). Le coût total du plan social avoisinera 223 millions de DH. L'indemnisation sera basée sur trois critères: une ancienneté moyenne de 17 ans, un salaire brut mensuel de 6.000 DH et un taux d'indemnisation de deux mois par année d'ancienneté.Pour faire tourner la nouvelle structure, les deux sociétés subiront un redressement financier. Le plan préconise l'annulation de la dette bancaire. L'Etat achèterait 50% de cette dette pour un montant de 500 millions de DH. Il financerait également le déficit de trésorerie estimé à 400 millions de DH. Les deux sociétés et leurs filiales devraient bénéficier aussi de l'amnistie fiscale.N. L.

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