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    Politique Internationale

    La fermentation temporelle d'un fonctionnaire

    Feuilleton inédit de Réda ALLALI

    Par L'Economiste | Edition N°:671 Le 30/12/1999 | Partager

    16ème épisode
    La harira serait-elle montée à la tête d'El Haj?

    Résumé des épisodes précédents
    Le f'tor de maman, a procuré la félicité à toute la famille. Mais Ali, le jeune frère de notre héros, a bien failli gâcher ce bonheur familial: il s'est mis à raconter que le moqaddem qui devait lui donner on ne sait quel papier pour obtenir sa Carte Nationale, n'a pas daigné venir au bureau de tout cette journée de Ramadan. Cette narration était si en contradiction avec les vraies valeurs que le grand-père a jugé bon d'intervenir pour ramener les jeunes à une plus juste vision du monde.

    - "Ali, tu devrais remercier le bon Dieu te dis-je au lieu de geindre sur ton sort comme une vieille femme aigrie; et tu devrais sans doute remercier aussi le moqaddem de t'avoir fait attendre toute la journée devant son bureau miteux".
    Devant la famille réunie, le grand père d'Ali et de Kamal est catégorique. Les propos d'El Haj sont d'ailleurs si rares qu'ils prennent la valeur d'un oracle.
    Tout le monde attend la suite du raisonnement en se demandant si la harira n'est pas montée à la tête d'El Haj...
    - "Parce que, vois-tu, pendant le temps que tu y as passé, tu as peut être échappé à de grands dangers.
    - "Dieu seul sait si l'un de ses autobus fous n'était pas prêt à te renverser, ou si une brique provenant d'un chantier de construction n'allait pas atterrir sur ton crâne et le fendre en deux comme une pastèque??"
    - "Voilà pourquoi, tu devrait remercier le Bon Dieu, le moqaddem, et dans un même élan la personne responsable de l'absence du moqaddem (El Haj ne pouvait pas savoir que cette personne était en fait un lit) de t'avoir peut être sauvé la vie".
    Satisfait de sa démonstration, El Haj se replonge dans l'absorption sonore de sa harira.
    Il vient en effet de prouver que, quel que soit le malheur qui vous accable, il convient d'en remercier le sort, vu que ce malheur n'est peut être là que pour vous éviter un malheur encore plus grand.
    Il suffit dès lors à la moindre contrariété d'en repérer une autre de degré supérieur sur l'échelle des contrariétés (et Dieu sait si l'étendue de l'échelle est large) pour se convaincre que sa situation est satisfaisante.
    Cette philosophie stupéfiante est sans doute à l'origine de la sérénité qu'affiche en toute occasion El Haj.

    Prochain épisode, jeudi 30 décembre: Le tour d'après-harira

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