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    Economie Internationale

    Iran: Vingt ans pour un début de sagesse

    Par L'Economiste | Edition N°:431 Le 28/01/1999 | Partager

    Sur fond de crise économique due à l'embargo américain et à la chute des prix du brut, l'Iran essaye de renaître de ses cendres. Vingt ans après le coup d'Etat de Khomeiny en février 1979, la situation en Iran s'est améliorée. Le bilan est toutefois mitigé.

    Vingt ans après le coup d'Etat islamique, l'Iran chiite révolutionnaire qui voulait dominer le monde s'est assagi. Ses visées se sont quelque peu réduites. L'objectif actuel de la diplomatie iranienne est de devenir une puissance régionale, un carrefour du Moyen-Orient, de l'Asie centrale, du Caucase et du sous-continent indien, un partenaire politique et économique incontournable.
    "L'exportation de la révolution" a cédé la place au "dialogue des cultures". La fin du conflit avec l'Irak (1980-1988) et le décès du fondateur de la République Islamique, l'Ayatollah Khomeiny, en juin 1989, ont largement ouvert la voie à l'apaisement. Dès 1990, l'assouplissement commence à voir le jour avec l'arrivée au pouvoir de Ali Akbar Rafsandjani, plus modéré que ses prédécesseurs.
    Le pays s'est ouvert vers plus de modernisme. La population aspire à plus de liberté et moins de conservatisme. L'élection triomphale en mai 1997 du Président Mohammad Khatami, un religieux modéré, contre son adversaire conservateur, en est la plus grande preuve.
    La société iranienne est aujourd'hui un véritable défi pour les tenants iraniens de la tradition. La moitié est jeune, urbaine. Les femmes investissent de plus en plus les champs professionnel et politique.
    Des contradictions frappantes apparaissent au grand jour. Alors que le grand Ayatollah qualifiait encore récemment Internet et les télévisions étrangères de "danger pour la moralité et la piété", les premiers cybercafés de Téhéran ont ouvert leurs portes et les antennes paraboliques sont sur tous les toits. La publicité y a envahi les murs de Téhéran et les écrans de télévision d'Etat.

    Toujours un Etat religieux


    Cependant, le "guide" successeur de Khomeiny continue de tenir les rênes du pouvoir et de gouverner au nom de l'Islam. L'Iran reste un Etat religieux, dirigé par l'Ayatollah Ali Khamenei, dont les pouvoirs surpassent tous ceux du gouvernement. La quasi-totalité de l'appareil d'Etat est dominé par le clergé chiite. Le Président de la République, celui du Parlement, le chef du pouvoir judiciaire, les ministres de l'Intérieur et des Renseignements, entre autres, sont tenus de porter le turban.
    Le sort du régime se joue toujours dans les conciliabules secrets des grands ayatollahs de Qom, la ville sainte de l'Islam chiite, sanctuaire du pouvoir de l'Iran. Les femmes sont toujours voilées et portent le foulard ou le tchador noir.
    D'autre part, le pays n'a pas réussi à se débarrasser totalement de sa réputation de sponsor du terrorisme international, et son programme d'armement, notamment en matière de missiles et de sous-marins, continue de préoccuper sérieusement ses voisins. L'Iran est accusé par les Etats-Unis et Israël, ainsi que par certains pays voisins, d'entreprendre un programme de réarmement massif et de chercher à se doter d'armes de destruction massive. Les dirigeants iraniens affirment que ce programme est uniquement à but défensif.
    Son état d'isolement par rapport aux pays du Golfe et aux pays voisins perdure. L'embargo commercial et financier total décrété contre lui en 1995 par les Etats-Unis est toujours de vigueur.

    Crise économique


    Malgré le fait que l'Iran soit le deuxième producteur des pays de l'OPEP, il subit une véritable crise économique, due au fait que la moitié de ses ressources sont pétrolières. La chute des cours du pétrole a fait que les ministères n'auraient reçu pour l'instant que moins de la moitié des dotations financières prévues.
    Les couches défavorisées de la population et les fonctionnaires, qui forment la majorité des 62 millions d'Iraniens sont les premiers touchés par la crise. Ils sont de plus en plus confrontés à la baisse du pouvoir d'achat, au chômage et à l'inflation. Malgré un important dispositif de subventions pour les produits de première nécessité, sans lequel des pans entiers de la population basculeraient vers la misère, l'augmentation des prix aggrave de jour en jour la situation des plus faibles. Ceux-là mêmes au nom desquels les religieux chiites ont renversé le Shah, et qui constituent encore le principal soutien de base du régime.

    Nadia BELKHAYAT (AFP)


    Les grandes dates


    -1979: Retour triomphal à Téhéran après 15 ans d'exil, chute du régime impérial, proclamation de la République Islamique, prise d'otages à l'Ambassade américaine de Téhéran et rupture des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et l'Iran.
    -1980: Décès du Shah, début de la guerre Iran-Irak.
    -1981: Destitution du Président Banisdar. Attentat à la bombe contre le Parti de la République Islamique. Election de Ali Khamenei comme Président de la République.
    -1986: Affaire des ventes d'armes américaines à l'Iran baptisée "Irangate".
    -1988: Cessez-le feu avec l'Irak.
    -1989: Mort de l'imam Khomeiny. Election de Ali Rafsandjani comme Président de la république.
    1990: Lancement d'un processus de libéralisation.
    1994: Face à une crise économique sans précédent depuis 1979, l'Iran renoue avec une économie de guerre.
    1995: Bill Clinton décrète un embargo commercial et financier total à l'égard de l'Iran, accusé de soutenir le terrorisme mondial.
    1996: Victoire de la droite religieuse conservatrice aux élections législatives.
    1997: Mohammed Khatami, candidat de la gauche et des modérés est élu Président.
    1998: Vague de meurtres d'opposants et d'intellectuels, perçue comme une offensive contre Khatami et le courant modéré.
    1999: L'Iran dément les accusations américaines l'accusant de fournir une aide en matière nucléaire à la Russie.

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