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    Economie Internationale

    Le Viagra au banc des accusés

    Par L'Economiste | Edition N°:431 Le 28/01/1999 | Partager

    Sous le titre "mourir pour le sexe", l'hebdomadaire américain "US News and World report" a rappelé dans son édition datée du 1er janvier 1999 que le Viagra a été impliqué depuis sa mise sur le marché dans 130 décès dus pour 77 d'entre eux à des troubles coronariens. Pfizer se veut jusque-là rassurant.

    Alors que la filiale marocaine de Pfizer se refuse à communiquer le chiffre d'affaires du Viagra, l'hebdomadaire américain "US News and World Report" vient d'accuser les autorités sanitaires américaines d'avoir trop rapidement autorisé la commercialisation du médicament de la virilité. Dans son édition datée du premier janvier 1999, la publication a rappelé que le médicament a été impliqué, depuis sa mise sur le marché, dans 130 décès dus pour 77 d'entre eux à des troubles coronariens.
    Les accusations ne s'arrêtent pas la. La FDA (Food and Drug administration) a relevé, selon la même source, plusieurs effets secondaires indésirables chez les utilisateurs de la célèbre molécule de l'impuissance dont notamment des troubles cardiaques et de la vision (le médicament provoque parfois la vision d'un halo bleu ou vert parce qu'il agit sur des cellules de la rétine) ainsi que des risques de priapisme (érection douloureuse qui dépasse l'effet désiré et dure plusieurs heures).
    L'hebdomadaire, qui met également en exergue les défaillances du système de pharmacovigilance américain, cite des critiques émanant de spécialistes, dont des membres de la FDA, relatifs au caractère insuffisant des mises en garde du Viagra et des essais cliniques concernant les risques cardio-vasculaires du Viagra. "Nous ignorons combien de personnes sont réellement mortes ou ont des problèmes de santé à cause du Viagra. Pendant ce temps, le FDA et le laboratoire américain continuent de nous dire: ne vous en faites pas", a déclaré le pharmacologue américain Joe Graedon, auteur de l'ouvrage People's Pharmacy.
    Pfizer s'est jusque-là voulu rassurant, arguant que le médicament ne présentait aucun risque si les bonnes règles de son utilisation étaient respectées. A noter que le principe actif du médicament (le Sildenafil) avait à l'origine été testé dans l'espoir d'accroître le flux sanguin dans le muscle cardiaque. L'on rappellera qu'au Maroc le dépôt d'AMM (autorisation de mise sur le marché) du Viagra avait été fait le même jour qu'aux Etats-Unis, alors que les spécialistes marocains avaient rendu un avis favorable fin décembre 1997. Pour justifier leur feu vert, les autorités sanitaires ont sans doute jugé que les rapports bénéfices/ risque du médicament plaident en sa faveur.
    A la différence des traitements chimiques classiques qui provoquent une réaction indépendante du sujet, le Viagra ne fait que renforcer un processus naturel. Autre avantage: il s'agit d'un traitement oral, plus discret que les mini-suppositoires à insérer dans l'urètre (conduit de l'appareil génital mâle) et moins contraignant que les injections la base de la verge.


    Sildenafil? non, Viagra


    Paradoxalement, la question du monopole de la publicité médicale ne s'est jamais posée pour le Viagra. D'habitude, les laboratoires pharmaceutiques implantées au Maroc craignent les foudres du MSP chaque fois que la presse non spécialisée "ose" faire allusion à un médicament sous son nom de marque et non sous sa DCI (dénomination commune internationale). D'ailleurs, l'on garde toujours en mémoire la réaction officielle á l'issue de l'affaire HMR. Dans le cas ci-présent, il aurait par exemple été plus légal de parler du Sildenafil (principe actif du médicament) et non de Viagra.
    Au contraire, cette fois-ci, l'on a vu le ministre de la Santé en personne, d'ailleurs pour répondre à une accusation similaire à celle qui a été portée contre la FDA par US News and World Report (à savoir une autorisation trop rapide) déroger á la règle sur un des journaux partisans. Il avait parlé de Viagra et non du Sildenafil.

    Mohamed BENABID

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