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Economie Internationale

Délits d'initiés à Harvard

Par L'Economiste | Edition N°:431 Le 28/01/1999 | Partager

De brillants professeurs de l'Université de Harvard sont accusés de profiter de leur accès à des informations sur les marchés financiers pour s'enrichir. Les universitaires succombent, eux aussi, à la tentation de fraude.

L'Université de Harvard a confirmé que ses économistes font l'objet d'investigations fédérales dans le cadre d'une enquête sur le délit d'initiés dans le marché des valeurs russe.
Les opérations d'initiés (insider trading) ne sont pas illégales en Russie. Mais ces économistes peuvent être accusés de violation de la loi américaine, au cas où ils auraient utilisé des fonds fédéraux à des fins personnelles, au début des années 90.
Les investigateurs vérifient des accusations selon lesquelles Jonathan Hay professeur à Harvard, et sa petite amie, directrice d'un fonds commun à Moscou, auraient acheté des obligations russes. Ils se sont basés sur des informations recueillies et utilisées par le Pr Hay, consultant du gouvernement russe.
Nancy Zimmerman, épouse du Pr Andrei Shleifer, est probablement impliquée dans cette affaire.
Le Pr Shleifer n'a pas répondu aux questions de la presse. Lui et le Pr Hay, ont nié toute infraction à la loi. Ils se disent victimes d'une guerre politique à Moscou.
L'Université de Harvard avait renvoyé le Pr Hay, un an auparavant, au moment où des détails sur ce scandale avaient fait surface.
Le Pr Shleifer, économiste spécialisé dans les marchés boursiers et les rachats d'entreprises en difficulté, continue à exercer ses fonctions à Harvard. Les deux professeurs, Hay et Shleifer, travaillaient pour le compte de Harvard's Institute for International Development (HIID). C'est un comité d'experts créé dans les années 60.
HIID sous-traite les services de conseil fournis par des agences comme la Banque Mondiale, l'Agence Américaine pour le Développement International (USAID), et l'ONU, au profit des pays en transition économique.

Ingérence


L'institution a dispensé ses conseils, sous la direction de Jeffrey Sachs, éminent économiste de Harvard, à une douzaine d'économies dans le monde, y compris en Bolivie, en Pologne et en Mongolie.
Elle défend à ses employés toute acquisition de valeurs dans les pays où elle prête ses services.
Au début des années 90, les Pr Shleifer et Hay étaient chargés des opérations russes du HIID.
Shleifer dirigeait les services de conseil à partir des Etats-Unis, alors que Hay supervisait le bureau de Moscou.
Le bureau de l'USAID avait résilié, en juin 1997, la dernière partie (estimée à 14 millions $) de son contrat en Russie qui s'élevait à 57 millions de Dollars, suite aux accusations lancées contre Le HIID.
Le HIID aurait profité de son influence pour obtenir des profits illégaux.
Les nationalistes russes ont accusé le HIID d'ingérence dans la politique interne de Russie, à travers son appui aux réformateurs occidentaux. Ils sont allés jusqu'à affirmer que cette institution n'était qu'une couverture pour les activités de la CIA.
Le HIID avait, en effet, fourni un soutien logistique important à Anatoly Chubais. Ce dernier avait occupé une série de postes ministériels influents au milieu des années 90 et avait orchestré une vaste campagne de privatisation.
Le Pr Hay a également travaillé de près avec la Commission Fédérale Russe des Valeurs qui prend exemple sur le modèle américain de la Securities and Exchange Commission (SEC), dans une tentative de créer des marchés de capitaux semblables aux marchés américains.
La Commission Fédérale des Valeurs s'était, cependant, engagée dans une vive querelle avec la Banque centrale au sujet de l'agence qui devrait assumer le rôle de régulateur des marchés russes.

Victoria GRIFFITH (Boston) et John THORNHILL (Moscou) , (Financial Times)
Traduction: Aziza EL AFFAS
L'Economiste

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