×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Grèves/Retenues sur salaire
    Valse-hésitation du gouvernement

    Par L'Economiste | Edition N°:2953 Le 30/01/2009 | Partager

    . Bien qu’adoptée par le Conseil de gouvernement du 16 mai 2008. La mesure n’est appliquée que par certains ministèresRetenez-moi ou je fais un malheur! Le gouvernement n’arrête pas de menacer de faire des retenues sur salaire pour les jours de grève. Il en avait déjà retenu le principe lors de son Conseil du 16 mai 2008, sans pour autant généraliser la mesure. Mohamed Abbou, ministre de la Modernisation des Secteurs publics, a produit un communiqué officiel, mardi 27 janvier, sur la grève du 23 et du 24 janvier organisée dans la Fonction publique. Selon le chapitre consacré à la question des prélèvements sur salaire, «la grève est un droit constitutionnel, mais le principe comptable universel veut qu’un salaire corresponde toujours à un travail rendu. Et cette règle est internationalement admise pour justifier toute dépense publique». Moralité de l’idée: le gouvernement a le droit de refuser de payer une journée non travaillée, comme il le fait d’ailleurs pour toute absence non justifiée. Mais en pratique, c’est le flou total. «Le privé est intransigeant en matière de retenue sur salaire dans le cadre des grèves. Pourquoi le gouvernement n’en ferait-il pas autant? De plus, même dans les pays les plus avancés, comme la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne, les journées de grève ne sont pas payées», justifie un haut responsable du ministère de la Modernisation des Secteurs publics. Mais, exception faite de quelques rares départements ministériels, comme l’Education, la Santé publique ou encore les Finances, les fonctionnaires de l’Etat, qui participent à un mouvement de grève, reçoivent tout de même leurs salaires complets. Et même au niveau du ministère de l’Education, les prélèvements, dont la décision remonte à 2006, ne concernent pas tout le monde. «Cette mesure ne touche que les membres des syndicats constitués après les élections de 2003. Par contre, les grévistes adhérents des syndicats les plus représentatifs sont épargnés», explique Abdelilah El Halouti, secrétaire général adjoint de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM). Toutefois, une source du ministère de l’Education nous apprend que toutes les mesures ont été prises pour généraliser la ponction sur salaire à l’issue des journées de grève du 23 et 24 janvier. «Tout le monde se verra appliquer la décision, même les grévistes des syndicats épargnés jusqu’ici. Nous attendons seulement le feu vert du gouvernement pour mettre en application la décision au ministère de l’Education», affirme notre interlocuteur.Comment explique-t-on cette permissivité à l’égard des grévistes? «A l’époque de l’ancien Premier ministre Driss Jettou, le gouvernement fermait les yeux sur les jours de grève pour avoir la paix sociale. Et l’actuel Premier ministre n’a pas changé d’attitude», affirme un haut responsable du ministère de l’Emploi. La non généralisation de cette pratique à tous les départements ministériels fait jaser dans les milieux syndicaux. Conscient des frustrations que génère cette anomalie, Abbou a intégré la question à son exposé sur le dialogue social, prononcé au cours du Conseil de gouvernement de jeudi dernier.En matière de retenue sur salaire pour cause de grève, c’est l’incompréhension entre gouvernement et syndicaux. Pour ces derniers, la grève est un droit assuré par la Constitution. Toutefois, la loi organique sur la grève censée l’encadrer n’a toujours pas vu le jour. Une mouture avait déjà circulé il y a quelques jours, mais selon notre interlocuteur du ministère de l’Emploi, «le projet de texte est actuellement en stand-by».


    Inefficience scolaire

    Le coût des journées de grève n’est pas seulement d’ordre pécuniaire. Et au niveau de l’enseignement, les absences des professeurs pour grève se répercutent de manière négative sur la qualité de l’enseignement. En effet, selon Ould Daddah, DRH du ministère de l’Education nationale, qui vient de publier un travail de recherche sur la question, pour que l’enseignement soit efficient, les élèves doivent bénéficier d’une scolarisation effective de 1.200 heures (soit 35 semaines) par an. Or, le chercheur évalue la scolarisation des élèves marocains à moins de 700 heures (23 semaines). La cause? Trop de vacances, de jours de grève, absentéisme des professeurs et des élèves, année scolaire trop courte (les écoliers quittent parfois les bancs de l’école dès le 10 mai) .Hassan EL ARIF

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc