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    Economie Internationale

    GATT: La France bloque les négociations

    Par L'Economiste | Edition N°:49 Le 15/10/1992 | Partager

    LES négociations visant à accélerer la conclusion de l'Uruguay Round ont repris Dimanche dernier à Bruxelles. Les trois dossiers clés sont l'agriculture, les services, l'accès au marché et la réduc-tion des droits de douane.
    Avec le dossier agricole, principale pomme de discorde entre Américains et Européens, la réunion, jugée cruciale pour l'avenir de la libéralisation du commerce mondial, s'est annoncée plutôt difficile. Washington exige en effet que la CEE réduise de 24% en volume ses exportations de céréales subventionnées (blé et maïs essentiellement) et qu'elle ramène de 13 à 7 millions de tonnes sa production d'oléagineux (soja, colza, tournesol...). Une exigence qui obéit à la volonté des Américains de reconquérir le marché mondial du blé et le marché européen du soja.
    Mandatée depuis 1990 pour négocier un accord au Gatt, la Commission de Bruxelles a ses propres exigences. Elle entendait maintenir à un niveau constant les aides directes qu'elle accordera à ses 9 millions de paysans, en compensation des baisses de prix sur les céréales, le lait et la viande bovine prévues dans la réforme de la PAC (Politique Agricole Commune). Elle bataille également pour l'application des droits sur les importations de produits de substitution des céréales (PSC) qui entrent sans entraves dans la CEE. Face à ces pressions, la France a bien montré qu'elle n'était pas prête à conclure de manière hâtive les négociations en cours du GATT .

    "L'écart est trop grand entre les positions affichées par les Etats-Unis et la Communauté européenne", a déclaré M. Roland Dumas, Ministre français des Affaires Etrangères. "Le gouvernement français n'acceptera aucune restriction en volume des exportations agricoles de la CEE et s'opposera avec la plus grande fermeté, par tous les moyens dont il dispose, à la conclusion d'accords cont-raires aux intérêts de notre agriculture", a précisé le Ministre de l'Agriculture et du Développement Rural, Jean-Pierre Soisson. Quitte à invoquer le "compromis de luxembourg" de 1966 qui permet à un pays de la CEE de s'opposer à une décision communautaire si ses "intérêts vitaux" sont en cause.
    L'utilisation de ce veto isolerait la France, provoquerait une crise grave au sein de la Communauté ainsi qu'une guerre commerciale avec les Etats-Unis.
    Mais, "tant que le moment de signer n'est pas encore arrivé, il faut poursuivre la discussion", a répété M. Dumas, qui veut croire que la "règle de la solidarité européenne" jouera.
    Selon la presse française, l'Allemagne resterait aux côtés du Président François Mitterrand.

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