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Economie

Exclusif: Les grandes lignes du mémorandum que l'Amith a présenté au gouvernement

Par L'Economiste | Edition N°:574 Le 17/08/1999 | Partager

· Les industriels demandent un fonds de garantie spécifique

· L'élimination des «surcoûts indirects»: Révision des charges sociales, l'IGR, baisse de prix des intrants, l'énergie, le transport, etc

· Un «contrat-progrès» au terme des négociations


«Aidez-nous à devenir plus compétitifs et nous créerons plus de richesse et d'emplois». C'est en résumé le sens du deal que proposent les industriels du textile et de l'habillement aux pouvoirs publics.
Déclinée dans un mémorandum, la stratégie de développement du secteur qu'ils viennent de soumettre au gouvernement a entrepris le marathon de discussions dans les commissions. En fonction des engagements sur lesquels la profession et le gouvernement se mettront d'accord, ce plan d'action débouchera sur un «contrat-progrès».
Dans son contenu, ce plan de «croissance et de compétitivité» passe en revue deux scénarios: le premier, celui de «ne rien faire pour corriger en profondeur les tendances négatives de croissance et pour améliorer la productivité, la compétitivité et la rentabilité de l'industrie».
Le maintien du statu quo, prédit l'Association Marocaine de l'Industrie du Textile-Habillement (Amith), se traduira par de graves conséquences pouvant aller jusqu'à «des mises en chômage et des fermetures massives d'usines». Le deuxième scénario, celui de l'engagement est tributaire d'une vision volontariste des industriels et des pouvoirs publics. Selon le souhait des industriels du textile, il devrait se concrétiser dès cette année pour mettre en place les conditions d'une croissance soutenue et d'une compétitivité accrue. L'importance et l'enjeu de la filière du textile et de l'habillement justifient que l'Etat agisse au plus vite afin d'endiguer l'érosion des avantages compétitifs. Pour ce faire, souligne le rapport, une série d'axes d'intervention paraissent urgents aujourd'hui.

En commençant par agir sur «la réduction des surcoûts». Dans la catégorie des surcoûts, on trouve plusieurs éléments: Les coûts indirects du travail: les textiliens mettent en cause le poids de prélèvements obligatoires. Activité à fort coefficient de main-d'oeuvre, le textile-habillement est discriminé par le dispositif actuel de prélèvements sociaux en raison de la part de la masse salariale dans sa valeur ajoutée, estime l'Amith. Les prélèvements ponctionnent jusqu'à 12% de la valeur ajoutée du textile-habillement. Pour corriger cette «anomalie», les textiliens suggèrent la réduction de 50% des cotisations sur des bas salaires, ceux qui sont inférieurs ou égaux à 2.500 DH. Et d'encourager le recours à l'encadrement technique étranger, en exemptant ce dernier de l'obligation d'affiliation à la Sécurité Sociale, «comme cela se pratique couramment dans de nombreux pays». L'autre levier serait de revoir la structure actuelle des taux de l'IGR (Impôt Général sur le Revenu) qui constituent un obstacle à l'amélioration du taux d'encadrement des entreprises en décourageant le recrutement de cadres supérieurs.

Deuxième surcoût répertorié, les frais financiers. Il s'agit surtout de conditions de financement et d'accès aux lignes de crédit qui sont décriées. Parmi les mesures spectaculaires contenues dans le plan, la création d'un fonds de garantie et la mise en place d'un fonds de restructuration-textile. Un des piliers traditionnels de la balance commerciale, le textile-habillement doit compter avec une vive concurrence des pays à monnaie faible. Dans leur mémorandum, les industriels proposent l'institution d'un «Dirham à l'export» de manière à intégrer les fluctuations de la parité de la monnaie, source importante de la perte de la compétitivité et de la valeur pour les entreprises. Citant la Banque Mondiale, ils estiment que la valeur actuelle du Dirham est 12% au-dessus de sa parité réelle. Ils rappellent au passage que plusieurs pays concurrents ont procédé à des dévaluations «agressives» pour soutenir leur industrie sur le marché international.

Les coûts des intrants directement utilisés par le textile sont jugés prohibitifs. Le mémorandum cite l'exemple des tarifs de l'énergie, trop élevés par rapport aux pays concurrents avec lesquels d'ailleurs l'écart va en se creusant. Selon le rapport, le prix du kilowat/heure est un frein à l'introduction de nouvelles technologies dans les branches de l'industrie textile. L'Amith recommande une révision de la structure fiscale des prix de l'énergie et un alignement sur le régime de l'agriculture (0,50DH/kWh) et la mise en place d'urgence en faveur des exportateurs du système du draw-back sur l'énergie.
Autre point important: l'harmonisation des tarifs de transport. Tous les modes de transport sont épinglés: le prix de la traversée du Détroit par les camions TIR, les tarifs du fret aérien (le kilogramme est facturé 9 DH entre Casablanca et Lille par la RAM, alors qu'il ne devrait pas dépasser 4 DH selon l'Amith), la mise en place d'une liaison aérienne qualifiée de stratégique sur la ligne Casablanca-Lille, le fief des centrales d'achat et donneurs d'ordre dans l'Hexagone.


Des pistes pour retrouver la croissance


Pour atteindre les objectifs stratégiques du plan d'action (125.000 emplois nouveaux en 5 ans, doublement de la capacité d'exportation, porter le taux de la valeur ajoutée à 50%, 3 milliards de DH de plus de production, etc), il faut agir sur trois grands axes: l'investissement, la formation, l'assistance technique et le cadre administratif et réglementaire. Les mesures-phares que préconise l'Amith sont:
· Développement des zones industrielles à des prix abordables: Les professionnels dressent un réquisitoire sévère sur le foncier: tarifs fonciers prohibitifs, spéculation, manque de coordination de la politique de créations de zones industrielles, etc. Ils suggèrent l'institution d'un mécanisme de déchéance de droit s'il s'avère que l'investissement n'est pas réalisé dans le délai imparti pour contrer «la spéculation qui entoure la vente de terrains industriels».
· Mise en place d'un fonds de garantie pour le textile-habillement et d'un autre fonds de restructuration du tissu industriel. Ce dernier consentirait des crédits bonifiés assortis de garanties beaucoup plus souples que celles démentielles exigées actuellement par le système bancaire. L'objectif est d'accompagner les entreprises dans la modernisation et l'adaptation de leur outil de production à la concurrence internationale. Ce fonds permettra aussi aux firmes en croissance d'aller vers plus d'intégration ou de développer de nouveaux créneaux. Sur le même registre, l'Amith estime que l'encouragement (par un programme cohérent d'incitations) du partenariat avec des groupes étrangers pourrait remettre le Maroc au premier plan des destinations privilégiées pour les industries qui cherchent à se délocaliser.

Au chapitre des mesures administratives et réglementaires, le mémorandum reprend les traditionnelles requêtes du monde industriel: guichet unique pour les investisseurs, révision du régime fiscal des entreprises exportatrices, etc. Toujours côté fiscal, les textiliens demandent un réexamen de taxes locales. Dans leur collimateur, la patente, la taxe urbaine et la taxe d'édilité dont ils demandent la suppression progressive dans les trois ans qui viennent. De même qu'en matière de remboursement de la TVA, les industriels estiment que la procédure gagnerait en diligence si le contribuable pouvait se faire rembourser la moitié de sa créance sur présentation de dossier.
· Sur l'épineuse question de la législation du travail, l'Amith estime que la refonte en cours devrait intégrer plus de flexibilité de nature à favoriser l'emploi et la croissance. Ses propositions risquent de faire grand bruit tant ce secteur traîne à tort l'image d'une «contrée exotique» sur le plan social. Pour les textiliens, le contrat à durée déterminée devrait prévoir des clause de durée moins contraignantes: inférieures à un an et renouvelable sur une période de trois ans; La libéralisation du Smig devraitr selon eux«favoriser le recrutement des ouvriers non qualifiés».

Abashi SHAMAMBA

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