×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Evénements de Laâyoune: L'OMDH donne sa version

    Par L'Economiste | Edition N°:646 Le 25/11/1999 | Partager

    · L'Organisation Marocaine des Droits Humains a présenté les résultats de son enquête sur les incidents dans cette province

    · Elle demande la libération des détenus et l'ouverture d'une enquête impartiale pour déterminer les responsabilités


    Les incidents de Laâyoune survenus aux mois de septembre et octobre derniers suscitent toujours des commentaires. Deux semaines après la déclaration gouvernementale dénonçant les actes de vandalisme et les dégâts occasionnés par les manifestants, l'Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH) livre sa version des faits. L'ONG a tenu hier mardi une conférence de presse pour présenter les résultats d'une enquête menée les 2 et 3 novembre dans cette province.
    Selon M. Abdelaziz Bennani, président de l'Organisation, les conclusions de cette investigation sont tranchantes. Selon lui, le sit-in organisé par les étudiants et d'autres manifestants revêtait un caractère purement social qui pouvait être levé à travers un dialogue suivi et constructif. "L'usage de la force la nuit du 22 au 23 septembre derniers était inopportun et disproportionné au besoin du rétablissement de l'ordre", ajoute-t-il.
    Selon l'OMDH, M. Driss Basri, ex-ministre de l'Intérieur, serait montré du doigt. "La répression délibérée aurait directement fait suite aux instructions données verbalement le 22 septembre par le ministre de l'intérieur au pacha et aux principaux responsables de la police. Le wali aurait refusé le principe même de l'intervention à défaut d'instructions écrites", est-il précisé dans le rapport. L'OMDH a été plus explicite sur les actes de vandalisme dont a parlé le gouvernement. Elle a relevé que beaucoup de personnes ont été torturées par la police. Des enlèvements arbitraires, des violations de domicile et des procès irréguliers ont été aussi constatés. Ce sont ces motifs qui ont servi à l'OMDH comme chefs d'accusation dans sa plainte déposée auprès du procureur général contre les agents de sécurité(1).
    Le dossier des incidents de Laâyoune n'est pas prêt à être fermé. Sur la base de ses conclusions, l'OMDH recommande aux pouvoirs publics la libération des détenus et "l'ouverture d'une enquête impartiale" pour déterminer les responsabilités dans ces violations de la loi commises par les agents publics.

    Par ailleurs, l'Organisation a décidé de saisir la Fédération Internationale des Droits de l'Homme pour dépêcher une commission d'enquête aux camps de Lahmada. Il est à rappeler que l'Organisation s'est basée dans ce travail sur les déclarations des témoins et des victimes de ces événements. Des représentants de partis politiques, des syndicalistes et des membres du corps judiciaire ont été aussi auditionnés. Le rapport de 12 pages passe en revue la situation des droits de l'Homme dans la province, le récit des faits et les violations commises lors des manifestations.

    (1) Cf L'Economiste du 12 novembre 1999.


    Le mouvement s'étend à Rabat et Agadir


    Le dossier des étudiants des provinces du Sud n'est pas clos. Après Laâyoune, les mouvements de protestations s'étendent à d'autres villes. Rabat n'y a pas échappé. Une soixantaine de personnes ont organisé un sit-in devant Bab Souffara, l'entrée principale du méchoir dans la capitale le 22 novembre. La gronde s'est étendue jusqu'à Agadir où une centaine d'étudiants sahraouis ont brandi hier des banderoles en arabe et en anglais devant la Wilaya de la capitale du Souss. Après avoir été reçus par le wali, les manifestants venus "défendre leurs droits légaux" sont repartis vers la cité universitaire dans des autobus mis à leur disposition.

    Mohamed CHAOUI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc