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    Economie

    Démenti sur les listes de personnes interdites de quitter le territoire

    Par L'Economiste | Edition N°:646 Le 25/11/1999 | Partager

    · La diffusion d'un démenti par "des sources autorisées" est venue combattre d'inquiétantes rumeurs

    · Une enquête officielle est en cours pour trouver les origines des rumeurs et des listes ayant circulé

    · Des victimes des listes évoquent la possibilité de porter plainte en justice


    Des "sources autorisées" ont catégoriquement démenti, le lundi 22 novembre au soir, l'existence de listes de personnes qui seraient empêchées de quitter le territoire. Les sources autorisées citées par le communiqué de l'agence de presse MAP sont en fait le Palais Royal qui a ainsi réagi à des rumeurs qui avaient fini par se transformer en écrits, dans quelques journaux, à la fin de la semaine dernière. Le communiqué fait remarquer que les listes sont écrites, "parfois à la main", sur "simple papier sans entête ni cachet" permettant de les authentifier. Une "enquête a été ouverte, ajoute la même source. Cette enquête a "permis de situer lesdites rumeurs et l'émanation du faux document afférent au niveau de l'Aéroport Mohammed V de Nouaceur". Selon la source autorisée de l'agence MAP, "des fonctionnaires indélicats et malveillants sont à l'origine de ces rumeurs non fondées".
    Au début de la semaine dernière, quelques jours après le départ puis la décoration de M. Basri, des rumeurs très insistantes avaient commencé à circuler. Elles indiquaient qu'un nombre variable de personnalités seraient empêchées de quitter le territoire. Des noms très en vue étaient avancés, notamment dans le monde des affaires. Mais le hasard a voulu que les personnes citées soient justement parties en voyage le lendemain de l'apparition des rumeurs, sans rencontrer de difficultés au passage de la frontière. Il n'en reste pas moins que le monde des affaires s'est ému devant l'absence de réaction du gouvernement. C'est alors que des listes écrites mais différentes ont commencé à circuler, parfois reproduites dans des journaux. Quelques personnalités mises en cause ont marqué leur intention de porter plainte. Pour sa part, M. Mahmoud Archane, qui vient de fonder un "Mouvement pour la Défense des Libertés", basé à Rabat, a publié un communiqué, le lundi 22 novembre, le jour de la sortie de l'éditorial de L'Economiste sur le sujet. Ce communiqué "dénonce les journaux" ayant amplifié les rumeurs.

    A l'heure où nous mettions sous presse, il n'a pas été possible de savoir si d'autres personnes dont le nom a été inscrit sur ces fameuses listes porteront ou non plainte en justice. Ont été victimes de ces listes des personnes connues ou inconnues proches de l'ancien ministre de l'Intérieur, des gouverneurs, des hommes d'affaires très en vue, ainsi que d'autres moins connues, notamment dans le secteur de l'immobilier et du bâtiment. Ces deux dernières catégories n'ont pas de liens évidents avec M. Basri.
    Jusqu'à lundi, l'atmosphère de crainte et de suspicion régnant dans le monde des affaires n'était pas sans rappeler celle de la campagne d'assainissement de 1996, dont avaient été victimes nombre de chefs d'entreprises. Mais mardi, une autre rumeur est venue se greffer sur la mort de la précédente: ces listes sont celles des personnes à qui il est demandé de faire revenir de l'argent de l'étranger!
    Cette nouvelle génération de la rumeur est aussi infondée que la précédente. Depuis que les finances publiques marocaines se sont améliorées, la loi donne de nombreuses possibilités aux entreprises et aux particuliers des détenir des avoirs en devises, au Maroc ou à l'étranger.
    Rappelons que, selon le Pr Kapferrer, sociologue spécialiste de la rumeur, pour réussir le lancement d'une rumeur, il faut au moins deux des trois éléments suivants: du pouvoir, de l'argent et du sexe. Puisque la deuxième génération de notre rumeur s'est centrée sur l'argent, peut-être que la troisième génération s'attaquera au troisième élément fondateur des rumeurs?!

    Hicham RAÏQ

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