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    Courrier des Lecteurs

    Etude Bossard/Mazars : Le taux d'épargne cède 6 points en 5 ans

    Par L'Economiste | Edition N°:232 Le 30/05/1996 | Partager


    L'épargne et l'investissement ont reculé entre 1990 et 1994, alors que le besoin de financement s'est accru. Une étude du consortium Bossard/Mazars dresse l'état des lieux.

    L'évolution de l'épargne et de l'investissement est jugée préoccupante. La part des investissements bruts dans le PIB a perdu 5 points entre 1990 et 1994 pour atteindre les 20%. Sur la même période, l'épargne est passée de 24,8 à 19,1% du PIB. Parallèlement, le besoin de financement s'est accentué puisqu'il représentait 8,4% des emplois du compte de capital de la Nation en 1994 contre à peine 1,1% en 1990.
    En dépit de l'absence de données précises, le dernier diagnostic de la situation de l'épargne institutionnelle établi par le consortium Bossard/ Mazars à la demande du Ministère des Finances au lendemain du dernier CNME (16 janvier 1996) en détermine les grandes composantes.
    Ce document constitue la première étape de la mission du consortium avant l'élaboration d'un plan d'action.
    Globalement, le patrimoine financier des ménages et entreprises est jugé trop liquide pour permettre une relance de l'investissement. Le dernier rapport de Bank Al-Maghrib (BAM) fixe à plus de 75% la part des avoirs liquides et placements à court terme dans leur patrimoine financier. Les placements à court terme se maintiennent autour de 30% du patrimoine, contre 9% pour les placements à moyen terme et 10% pour les créances sur les caisses de retraite et compagnies d'assurances.
    La capitalisation de l'économie, qui peut être appréhendée par la part du patrimoine financier dans le PIB, est inférieure à 1 contre 4 pour les pays de l'OCDE.
    Outre l'épargne financière, l'accent est mis sur "le gisement de l'épargne informelle". Son poids est appréciable, notamment à travers le volume de la consommation, les dépôts bancaires ou la construction de logements.
    La contribution du secteur des assurances au PIB s'élève à 2,2% seulement pour un chiffre d'affaires (CA) de 6,4 milliards de DH.
    Le montant des primes par habitant atteint 22 Dollars en 1992 contre 27 en Tunisie et 1.470 en France.
    Les assurances obligatoires représentent 47,4% du CA sectoriel contre 21,1% pour l'assurance vie.
    Les actifs gérés par les compagnies dépassent 23 milliards de DH en 1994, soit une hausse de 2,86 milliards par rapport à 1993. Cette variation d'actifs correspond à la contribution du secteur à l'épargne nationale. Elle se chiffre à 5,23%, car la BAM évalue l'épargne nationale à 54,6 milliards de DH. En 1994, près de 42% des placements obligataires ont émané des assurances. Mais les placements en actions progressent rapidement pour représenter les deux tiers de l'augmentation.

    Système privé de couverture partielle


    Dans le secteur public de la retraite, la CMR constitue le régime général des fonctionnaires et le RCAR concerne le personnel contractuel de droit commun.
    L'absence d'autonomie de la CMR rend sa gestion complexe et ses engagements futurs sont mal connus. En revanche, le RCAR connaît un développement globalement sain et accorde une place importante à la capitalisation. Mais, en général, les emplois des réserves ne sont pas affectés aux actions des entreprises.
    Par ailleurs, le secteur privé de la retraite composé de la CNSS, CIMR et CNRA est marqué par une couverture très partielle, non coordonnée et à l'avenir risqué. Les réserves de la CNSS n'ont pas de finalité précise et servent surtout à financer l'Etat, note l'étude. La contribution de la CIMR à l'économie est tributaire de l'équilibre technique, lui-même compromis. Ses réserves évaluées à 4 milliards de DH sont placées à 61% dans les valeurs mobilières à revenu variable.
    Quant à la CDG, premier gestionnaire de fonds avec 14% des dépôts bancaires, elle est également vulnérable du fait notamment de la faiblesse de ses fonds propres. L'essentiel des ressources émanent de la CNSS et de la CEN (Caisse d'épargne) et l'épargne collectée est placée dans les obligations d'Etat.
    Enfin, la CEN joue un rôle modeste dans la collecte de l'épargne en dépit de ses avantages comparatifs. De plus, son positionnement par rapport à la Poste pose problème.
    Jusqu'à fin 1994, sa contribution n'a pas dépassé 15% de l'épargne sur carnets. En 1995, elle passera à16,5%, soit une hausse de 3,3 milliards de DH. Mais l'épargne collectée par la CEN est mal cernée. D'une part, elle n'est pas exclusivement populaire car la défiscalisation des dépôts attire 0,5% de ses déposants à l'issue d'arbitrages. D'autre part, elle est surtout d'origine urbaine et de courte durée.
    Aucune donnée objective ne permet de vérifier l'existence d'une épargne potentielle. Selon les experts, le succès des privatisations s'expliquerait plus par le déplacement d'une forme d'épargne à une autre. Toutefois, l'épargne rurale thésaurisée constitue une réserve à mobiliser si les freins socio-économiques sont surmontés.

    Mouna KABLY



    Les assureurs lorgnent du côté des OPCVM


    Les actifs des OPCVM constitués de l'apport initial et des souscriptions s'établissent actuellement à 1,3 milliard de DH environ. Le poids des actions et obligations sur l'ensemble des OPCVM est respectivement de 65 et 35%.
    Selon l'ASFIM, le potentiel de croissance des Sicav et FCP est très important. Certains acteurs prévoient même une multiplication par dix des encours des OPCVM obligataires et diversifiés.
    Si le marché secondaire s'organise rapidement, cette croissance profiterait aux titres de créances négociables (TCN) et Bons du Trésor.
    Pour leur développement, les OPCVM ciblent une bonne partie de l'épargne déposée sur les comptes à terme et envisagent de drainer une épargne nouvelle ponctionnée sur les 80 milliards de DH de dépôts à vue et sur une fraction de l'épargne informelle. Cette collecte serait canalisée vers des produits peu risqués à base de Bons du Trésor et de TCN.
    Les souscripteurs privés potentiels aux parts d'OPCVM seraient au nombre de 100.000, selon le diagnostic de l'épargne institutionnelle.
    Cependant, les possibilités d'allocations de leurs actifs butent sur l'étroitesse des marchés des capitaux, tant en nombre de produits qu'en volumes échangés. En effet, sur l'ensemble des sociétés cotées en bourse, les capitaux flottants ne dépassent pas 10 à 15%. En outre, l'offre de papier sur le marché secondaire obligataire se limite à la dette de l'Etat et aux obligations du CIH et de la BNDE. De plus, l'exclusion des institutionnels du marché de l'Emprunt national continue d'affecter la liquidité du marché obligataire.
    Enfin, la pratique de taux élevés sur l'Emprunt national destiné aux particuliers place ce produit en concurrence directe avec l'offre des OPCVM obligataires destinée aux petits porteurs.
    Les auteurs de l'étude affirment que cette situation risque d'empêcher l'émergence des OPCVM obligataires et monétaires.
    Par ailleurs, les institutionnels détiennent près de 80% des actifs des OPCVM et quelques compagnies d'assurances étudient le lancement de produits d'assurance vie adossés sur des Sicav ou FCP. Mais des obstacles d'ordre réglementaire les en empêchent. Ils concernent notamment les règles de cantonnement des actifs et le calcul des réserves techniques qui ne prévoit pas l'existence des OPCVM.
    Enfin, un ajustement de la fiscalité des OPCVM est préconisée par les mandataires de l'étude pour instaurer une concurrence équilibrée des autres placements alternatifs.
    M. K.

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