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    Courrier des Lecteurs

    Bourse : Des recettes canadiennes pour doper le marché

    Par L'Economiste | Edition N°:232 Le 30/05/1996 | Partager

    La Bourse de Casablanca est en voie de modernisation. M. Jean Billodeau, ancien directeur de la Bourse de Montréal et actuel président de la Chambre de Commerce Canadienne au Maroc, livre son expérience.

    Depuis quelques années, la Bourse de Casablanca a réalisé des performances significatives. Elle se place au deuxième rang des bourses du continent derrière l'Afrique du Sud. La capitalisation a atteint 50 milliards de Dirhams en 1995. Le volume global échangé est monté à 11,6 milliards de Dirhams, soit 22 fois plus qu'en 1992. Cependant, elle attend toujours de s'imposer comme une place incontournable pour le financement de l'économie. En dehors des privatisations, peu de sociétés ont osé franchir le pas de la cote au cours de ces dernières années. La masse de papiers est encore insuffisante et la liquidité fait toujours défaut. Certes les réformes en cours devront lui donner une nouvelle impulsion, mais il faudra encore davantage d'initiative et d'imagination pour la mettre définitivement sur orbite. Il s'agit de dégager les moyens pour financer les investissements de façon à tirer la croissance. Pour M. Jean Billodeau, le constat est clair: "il n'existe pas d'économie développée sans bourse efficace". Le seul problème: comment procéder pour donner du tonus au marché. Riche de son expérience d'ancien directeur de la Bourse de Montréal, M. Billodeau a présenté quelques-unes des recettes canadiennes au cours du dîner-débat organisé par la Chambre(1) le 8 mai. Il est à noter que l'environnement marocain ne lui est pas étranger. Le président de la CCC a déjà contribué à la création d'une société de bourse de la place.

    Les moyennes entreprises

    Homme de terrain, M. Billodeau milite pour une prospection directe. Il s'agit en pratique d'aller vers les investisseurs et les entreprises potentiellement en mesure d'accéder à la cote pour expliquer l'utilité de la bourse. Les dirigeants de la SBVC avaient d'ailleurs déjà retenu cette idée qui figure parmi leurs priorités. L'action doit cependant être ciblée. M. Billodeau n'écarte pas les grandes entreprises, mais estime que la SBVC doit orienter son énergie vers la PME qui doit être "la base de la bourse". Le projet de création d'un second marché répond certainement au besoin d'ouvrir le marché à plus d'entreprises.
    Il explique que cette catégorie a besoin de grandir de manière à pouvoir affronter la concurrence. Au départ, précise-t-il, il serait intéressant de convaincre 10 entreprises de taille moyenne à entrer en bourse. Ce qui pourrait provoquer un effet d'entraînement. La structure des entreprises marocaines diffère cependant de celle des canadiennes. Le caractère familial limite considérablement leur possibilité d'ouverture. M. Billodeau balaie d'un revers cette situation et affirme qu'il est bien possible de les dénicher.

    Produits populaires

    Côté instruments financiers, certains véhicules comme les OPCVM qui permettent de drainer les fonds vers la bourse sont déjà lancés. L'éventail est encore très large. En attendant que le marché hypothécaire soit installé au Maroc, il est souligné que les sicav fermées d'hypothèques (la sortie se fait uniquement en bourse) ont bien fait leur preuve à Montréal. Même constat pour les sicav fermées régionales destinées au financement du développement dans une zone bien déterminée. La mise en place de ce second instrument serait un intéressant moyen pour accompagner la régionalisation. Autre outil: les PEA (Plan d'Epargne Actions). Ce type d'instrument devrait permettre d'encourager l'investissement en actions et favoriser par conséquent le renforcement des fonds propres des entreprises. Il est indiqué que l'allégement des charges fiscales des entreprises est nécessaire pour accroître le rendement. La carotte fiscale est aussi efficace pour attirer directement les investisseurs. Pendant une période, toute acquisition de nouvelles actions donnait droit à des exemptions fiscales. Cette politique a donné un coup de pousse à la Bourse de Montréal qui enregistre actuellement 635 entreprises pour un marché de 7 millions de consommateurs. La capitalisation atteint 502 milliards de Dollars canadiens et les transactions quotidiennes avoisinent 154 millions.
    Au total, M. Billodeau recommande "la création d'outils proches des épargnants", populaires en quelque sorte. Le niveau du cours en est un élément important. La moyenne des actions transigées à la Bourse de Montréal se situe à 78 DH, d'où un effet psychologique qui attire un plus grand public. Pour l'instant, la moyenne de la SBVC dépasse même 400 DH. Les petits revenus peuvent donc difficilement prétendre à un paquet de quelques titres, sauf dans certains cas, par le biais de la privatisation, une politique qui est cependant limitée dans le temps.

    Alié Dior NDOUR

    ______________________

    (1) La CCC est fonctionnelle depuis un peu plus de deux mois. Elle venait d'organiser sa première manifestation publique. Outre M. Billodeau, M. Bencheikh, vice-président de la SBVC, et M. Mechatt, expert-comptable, ont fait des exposés sur l'expérience marocaine.

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