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    et la violence politique

    Par L'Economiste | Edition N°:408 Le 25/12/1998 | Partager

    La vilolence est le fait des Etats et de ceux qui luttent contre ces Etats appelés résistants ou terroristes. La violence politique n'est plus admise d'où qu'elle vienne.


    L'histoire de Jadranka Cigelj est celle d'une descente aux enfers, ou du passage d'une petite vie confortable aux horreurs d'un camp de concentration. Mais c'est aussi l'histoire d'une rébellion et d'une quête permanente de justice. Grâce à elle et à quelques militantes, pour la première fois dans l'histoire, le viol a été qualifié de crime de guerre par le Tribunal International de La Haye.
    En 1992, elle fut l'une des 36 femmes à être confinées, torturées et violées à plusieurs reprises, dans le célèbre camp d'Omarska en Bosnie. Mais cette intellectuelle à la tête froide a décidé de témoigner de façon à ce que ses bourreaux soient poursuivis en même temps que d'autres criminels de guerre. Ce faisant, elle est devenue le porte-parole de plusieurs milliers de femmes silencieuses, victimes de la guerre en ex-Yougoslavie. "Le besoin de dire la vérité était plus fort que tout. C'était ma dette envers ceux qui sont morts ou qui ont disparu au cours de cette guerre", explique-t-elle.
    Afin d'établir les faits, elle n'a eu de cesse de parcourir le pays en long et en large, recueillant le témoignage des femmes bosniaques, et vérifiant méticuleusement les déclarations. Ce fut une tâche très pénible: "C'est dur de demander aux gens de revivre leurs épreuves; c'est comme si on violait de nouveau les victimes".

    Aujourd'hui, Jadranka Cigelj reconnait que les choses bougent lentement et qu'aucun des coupables n'a encore été condamné pour viol. Mais elle poursuit inlassablement sa lutte et espère que des solutions plus radicales émaneront de la Cour criminelle internationale récemment créée à Rome.
    Un autre homme s'attèle à lutter contre une violence plus diffuse.
    Que les pirates de l'air, plastiqueurs, saboteurs et autres kidnappeurs se tiennent sur leurs gardes! En Ecosse, en effet, un homme consacre toute son énergie et son intelligence à essayer d'empêcher leurs méfaits. "Quand j'ai décidé d'entreprendre des recherches sur le terrorisme international, on m'a pris à part pour me dire que c'était un domaine très peu étudié par les universitaires", se souvient le professeur Paul Wilkinson. Mais il n'a jamais abandonné la partie. En 1994, avec quelques autres passionnés, il a fondé le Centre d'Etude du Terrorisme et de la Violence Politique, réputé dans le monde entier pour ses précieuses bases de données, comprenant entre autres des "chronologies" de tous les événements terroristes du siècle.
    Wilkinson est sincèrement convaincu que l'étude des racines de la violence politique et du terrorisme permettra de mieux comprendre et donc, de prévoir et parer aux menaces de la période post-Guerre Froide. Il conseille déjà activement les nombreuses organisations internationales, des divers organismes des Nations Unies au Comité du Parlement européen sur les affaires intérieures, en passant par les organisations de tourisme international et l'aéronautique. Il a été récemment nommé conseiller spécial de Lord Lloyd, le président d'une commission gouvernementale pour la législation contre le terrorisme en Grande-Bretagne.
    "Malheureusement, le terrorisme va faire partie de la scène internationale pendant de très nombreuses années. C'est pourquoi la communauté internationale doit donner la priorité à ce problème, et non se reposer sur de maigres projets de sécurité élaborés individuellement par les pays les plus riches et les plus puissants. Cela demande un plus gros effort concerté au niveau international".

    Réalisation: World Media Network

    Nom: Cigelj
    Prénom: Jadranka
    Age: 50 ans
    Métier: Juriste
    Pays: Croatie
    Fonction: Directrice, Section Croate de la Société Internationale des Droits de l'Homme
    Url: www.peacenet.org/balkans/mandy.html
    Ville: Zagreb
    Rêve: Que les gens du monde entier comprennent enfin que ce n'est pas leur nationalité mais leur humanité qui importe.
    Nom: Wilkinson
    Prénom: Paul
    Age: 61 ans
    Métier: Professeur de relations internationales
    Pays: Royaume Uni
    Fonction: Président, Centre d'Etudes du Terrorisme et de la Violence Politique, Université de St. Andrews - Url: www.st-and.ac.uk/
    Ville: St Andrews, Fife, Ecosse
    Rêve: Essayer de trouver des moyens de prévenir les conflits et la violence pour accéder à un monde de paix et d'harmonie.


    United Colors of Crouch


    LE XXIème siècle verra-t-il la fin du racisme? Oui, affirme Stanley Crouch, intellectuel noir américain. "Je suis à peu près certain que les questions de race, qui obsèdent tellement notre époque, auront perdu beaucoup de leur intérêt dans cent ans".
    Esprit indépendant, souvent controversé, cet écrivain et critique de jazz est réputé pour ne pas mâcher ses mots. Dans ses livres, dont "The All-American Skin Game", "Always in Pursuit" et articles, il contribue au journal libéral intello "The New Republic"-, il n'a de cesse de batailler contre ce qu'il appelle la "balkanisation" des Etats-Unis qui élève des murs entre communautés, "noirs contre blancs, femmes contre hommes, gays contre hétéros".
    Dans un pays obsédé par les races, Crouch n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat en affirmant que "dans cent ans, il se trouvera peu de gens pour accepter une seule des formes de ségrégation d'aujourd'hui". Pour Crouch en effet, la globalisation ne laissera aucune chance aux différences raciales: "La circulation internationale des images et de l'information va continuer à favoriser un échange de plus en plus effréné", argumente-t-il. Résultat, les hommes du XXIème siècle ne se détermineront plus par leur milieu d'origine, mais bien plutôt en fonction de leurs "appartenance de classe, style de vie et préférences culturelles".
    Quant aux différences de couleur, en optimiste (trop ?) résolu, Crouch n'a aucun doute, "le mélange des types physiques, les combinaisons de physionomies, des textures de cheveux, des couleurs des yeux et des peaux, seront mille fois plus communs".

    W.Z.

    Nom: Crouch
    Prénom: Stanley
    Age: 52 ans
    Métier: Ecrivain
    Pays: Etats-Unis
    Ville: New York
    Rêve: Que le racisme ait disparu.


    La fortune au bout du fil


    Cet homme n'a peur de rien. Déjà mondialement connu pour avoir inventé le microcrédit, Muhammad Yunus récidive aujourd'hui avec Grameen Phone, dont le but est d'équiper chaque village bangladais d'un téléphone portable.
    C'est en 1974 que ce professeur d'économie, issu d'une famille aisée de 14 enfants, a une révélation devant la famine qui ravage le Bangladesh nouvellement indépendant. «J'enseignais à l'Uni- versité de Chittagong de magnifiques théories économiques sur la croissance et le revenu et quand je sortais je voyais des squelettes vivants", explique-t-il. Il crée alors la Grameen Bank, institution-maîtresse du microcrédit, dont les clients sont tous les «non solvables» que les banques traditionnelles refusent.
    Avec Grameen Phone, Yunus veut mettre la technologie au service du développement. Le défi est de taille: le Bangladesh compte 120 millions d'habitants et moins de 300.000 téléphones. D'ici six ans, grâce à une politique de prix bas et des crédits de la Grameen Bank, Yunus espère avoir équipé chacun des 65.000 villages bangladais.
    «Avant, les pauvres étaient à la merci des intermédiaires, car ils n'avaient aucun moyen de joindre qui que ce soit en ville. Désormais, avec les téléphones cellulaires, ils peuvent s'assurer eux-mêmes des prix du marché pour leur récolte». De quoi démontrer une fois de plus le bien-fondé de la philosophie yunusienne: pour lutter contre la pauvreté en milieu rural, il faut encourager les gens à s'en sortir par eux-mêmes.

    M.K.

    Nom: Yunus
    Prénom: Muhammad
    Age: 58 ans
    Métier: Economiste
    Pays: Bangladesh
    Fonction: Directeur , Grameen Bank
    Url: www.grameen.com
    Ville: Dhaka
    Rêve: Eradiquer la pauvreté dans le monde.

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