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    Enseignement supérieur
    Des écoles de gestion passent au bac+5

    Par L'Economiste | Edition N°:1798 Le 25/06/2004 | Partager

    . Elles s’alignent ainsi sur la réforme universitaire . Ce passage a nécessité un travail de fond. Des étudiants ne veulent pas être les cobayes Branle-bas de combat. Dès la rentrée prochaine, les grandes écoles de commerce se convertissent au bac+5. Du moins, celles qui sont prêtes pour opérer ce passage. Objectif: s’aligner sur la réforme universitaire qui adopte le système LMD ou licence (3 ans), master (5 ans), doctorat (8 ans). Mais que signifie ce passage au bac+5? Est-ce juste une année de plus pour les étudiants, un surcoût pour les parents ou une véritable refonte des programmes pédagogiques? Cette harmonisation des diplômes s’impose, de l’avis des professionnels. En effet, avec la mondialisation, la circulation des hommes et des diplômes est de plus en plus importante. L’Europe s’est d’ores et déjà alignée sur le système anglo-saxon. Le Maroc devait suivre la tendance. . Saut qualitatifHEM est l’une des premières écoles de commerce a avoir basculé vers le bac+5. “Nous sommes les premiers au niveau de l’enseignement privé et public”, affirme Hassan Sayarh, directeur général adjoint et directeur des Etudes à HEM. Mais il ne s’agit pas uniquement d’une année en sus. “Nous avons revu le programme de fond en comble. Le processus nous a pris une année de préparation,” explique-t-il. Ainsi, les trois premières années sont consacrées à la consolidation et les deux dernières à la spécialisation. “Cela nous a permis d’étoffer nos programmes: nous avions auparavant 6 matières de spécialité sur une année, aujourd’hui nous en avons 16 sur deux ans”. Le saut qualitatif devrait se ressentir dans les années à venir, selon Hassan Sayarh. Les entreprises sont demandeuses de cadres à la fois spécialistes et polyvalents. “C’est un pari difficile à tenir avec un cursus en quatre ans, la cinquième année nous permet de concilier les deux objectifs,” estime-t-il. L’harmonisation des systèmes a surtout permis la conclusion d’un accord de double diplômation entre le diplôme du cycle normal HEM (bac+5) et le master de l’IAE (institut d’administration des entreprises), Université Jean Moulin-Lyon 3. Même argument avancé par le groupe ESIG, qui entame sa réforme la rentrée prochaine. “Nous offrons même une triple diplômation. Un Bachelor canadien au bout de 7 semestres et à l’issue de la formation (10 semestres) deux diplômes: celui du cycle supérieur de l’ESIG et le master de l’université du Québec,” affirme Khalid El Ouzzani, consultant académique ESIG. Façon de contourner l’interdiction d’utiliser l’appellation master, réservée aux établissements publics. Mais comment s’opère la transition? Chez HEM, les étudiants inscrits en quatrième année ont le choix d’intégrer la 5e année ou de s’en tenir à leur bac+4. “Pour le moment, nous avons deux groupes d’étudiants, mais la majorité préfère rester dans l’ancien système,” affirme Hassan Sayarh, qui s’attendait à un engouement pour la nouvelle formule. A l’origine de cette appréhension, d’abord la peur de la nouveauté et le désir de poursuivre les études sous d’autres cieux. “Des étudiants ont même avoué qu’ils ne voulaient pas être les cobayes,” poursuit-il. Les responsables de l’école étudient actuellement la possibilité d’envoyer les étudiants passer l’un des quatre semestres de spécialisation en France. Cela les encouragera peut-être à sauter le pas. Et les parents dans tout cela?A en croire Hassan Sayarh, ils ont plutôt bien accueilli l’année supplémentaire, même si elle induit un surcoût. Au niveau de l’ESIG, le passage à cinq ans représente un surcoût de 25 % pour les parents. Mais, ces derniers ne lésinent pas sur les moyens lorsqu’il s’agit de l’éducation de leur progéniture. D’ailleurs, le bac+5 semble avoir beaucoup de succès auprès des parents. D’après les résultats d’une récente enquête(1), ils sont 64,1%, à vouloir que leurs enfants suivent une formation longue. Quant aux étudiants, un quart seulement (24,6%) préfère un cursus bac+5. “Au bout du 7e semestre, nos étudiants peuvent, s’il le souhaitent, interrompre leur cursus pour obtenir un Bachelor de l’université canadienne et intégrer l’université ou un autre établissement de leur choix,” déclare Khalid El Ouzzani. Au terme des 10 semestres, ils obtiendront deux diplômes supplémentaires: un marocain et un canadien. Pour accompagner ces changements, tous les étudiants de l’ESIG auront droit gracieusement, dès la rentrée prochaine, à un ordinateur portable à leur inscription. “Nous avons remplacé les ouvrages de référence par un portable avec des abonnements à des banques de données,” affirme Khalid El Ouzzani. Ainsi, les étudiants auront le moins de temps à passer en classe. Une manière de les responsabiliser et de les amener à effectuer un travail personnel. De même, une dizaine d’enseignants canadiens, d’origine marocaine, ont été recrutés en tant que profs permanents. Ils vont démarrer dès la rentrée 2004/2005. L’année prochaine, dix autres enseignants vont se joindre à eux.


    Une nouvelle organisation se prépare à l’ISCAE

    Dans les établissements publics de gestion (ENCG, ISCAE…), le passage au bac+5 n’est pas programmé pour la rentrée 2004/2005. “Le projet de loi relatif au nouveau statut de l’ISCAE est actuellement au SGG,” affirme Mohamed El Moueffak, directeur des Etudes de l’établissement. Un long parcours l’attend avant son adoption finale. En vertu de cette nouvelle organisation, le cursus au sein de l’ISCAE sera réduit à 3 ans de spécialisation, après 2 années de prépa dans les lycées ou un bac+2 en gestion. Les étudiants auront accès à ce cycle après un concours national à l’image de ce qui se fait dans les grandes écoles publiques. “Tous les programmes seront revus et nous mettrons l’accent sur les stages d’immersion en entreprise,” explique El Moueffak. Ceux-ci pourront aller jusqu’à 8 mois, voire une année. La nouvelle organisation de l’institut public prévoit également la création d’une école doctorale et la multiplication des masters en partenariat avec des universités étrangères. A l’ENCG de Settat, le bac+5, ce n’est pas non plus pour la rentrée prochaine. Contactés par L’Economiste, des responsables ont affirmé qu’aucun changement des programmes ou de la durée des études n’était prévu pour 2004/2005. Aziza EL AFFAS--------------------------------------------------------------------------------------------(1) L’enquête a été menée par le groupe L’Etudiant, à l’occasion de la 13e édition du Forum de l’Etudiant qui s’est tenue du 22 au 25 avril 2004 à la foire internationale de Casablanca.

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